Le film retrace la vie extraordinaire de Stephen Hawking, brillant étudiant en physique à Cambridge qui apprend à vingt et un ans qu'il est atteint d'une maladie neurodégénérative incurable lui laissant peu d'années à vivre. Loin de se laisser abattre, il épouse Jane Wilde, dont l'amour indéfectible va le soutenir dans son combat, et développe certaines des théories cosmologiques les plus révolutionnaires de l'histoire de la science. Un biopic d'une rare sensibilité qui célèbre le triomphe de l'esprit sur le corps et la force des liens humains face à l'adversité.
Une merveilleuse histoire du temps — titre original The Theory of Everything — est adapté du livre de mémoires Voyage vers l'Infini de Jane Wilde Hawking, publié en 2007, dans lequel la première femme de Stephen Hawking raconte leur histoire commune avec une franchise et une tendresse que les versions officielles de la vie du physicien n'avaient jamais révélées. Anthony McCarten, le scénariste, a fait le choix décisif de raconter l'histoire de Hawking non pas du point de vue de la science mais de celui de l'amour — la relation entre Stephen et Jane étant le fil conducteur émotionnel du film. James Marsh, connu pour son documentaire Man on Wire (2008), a apporté à ce biopic une sensibilité et une économie formelle qui évitent les pièges du genre. La préparation d'Eddie Redmayne pour le rôle de Hawking a été exceptionnellement rigoureuse : l'acteur a travaillé pendant des mois avec des physiothérapeutes et des spécialistes de la maladie de Charcot pour restituer avec précision l'évolution physique du personnage au fil du film. Le résultat — une transformation physique progressive et minutieuse — est généralement considéré comme l'un des plus impressionnants de l'histoire récente du cinéma.
Résumé des critiques professionnelles : Une merveilleuse histoire du temps a reçu des critiques très positives, la presse saluant la beauté visuelle du film, les performances d'Eddie Redmayne et Felicity Jones et la façon dont James Marsh parvient à rendre accessibles et émouvantes des théories physiques complexes. Certains journalistes ont relevé que le film idéalisait la relation Hawking et préférait l'émotion à la complexité, mais lui ont reconnu une efficacité dramatique indéniable. Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 80 %.
Réception du public : Le film a connu un succès commercial très significatif, récoltant 123 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d'environ 15 millions. Le public a été profondément touché par l'histoire d'amour et par la performance d'Eddie Redmayne, et le film a bénéficié d'un excellent bouche-à-oreille qui lui a assuré une longue carrière en salle.
Récompenses obtenues : Eddie Redmayne a remporté l'Oscar du meilleur acteur en 2015 pour ce rôle, une récompense universellement saluée comme méritée. Le film a également été nommé dans quatre autres catégories aux Oscars, dont meilleur film, meilleure actrice (Felicity Jones), meilleur scénario adapté et meilleure musique de film. Il a remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique.
Inspirations du réalisateur : James Marsh a cité son expérience documentaire comme influençant directement sa façon d'aborder ce biopic : il voulait filmer les personnages avec la même attention et la même honnêteté que dans un documentaire, sans se laisser aller aux facilités émotionnelles conventionnelles du genre. L'ancrage dans le point de vue de Jane — et non de Stephen — lui permettait d'échapper au récit hagiographique habituel.
Difficultés de production : La plus grande difficulté du tournage a été de maintenir la cohérence de la transformation physique d'Eddie Redmayne sur l'ensemble du film, qui couvre plusieurs décennies de la vie de Hawking. L'évolution progressive de la maladie devait être visible sans être spectaculaire, chaque étape étant soigneusement documentée et jouée.
Anecdote sur une scène particulière : La scène dans laquelle Hawking, après avoir perdu l'usage de la parole, utilise pour la première fois son synthétiseur vocal pour communiquer a demandé à Eddie Redmayne un travail particulièrement intense. L'acteur a déclaré avoir travaillé pendant des semaines sur la façon de transmettre l'émotion et la personnalité uniquement par les yeux et les micro-expressions du visage, le corps étant presque entièrement immobile.
Casting initialement prévu : Plusieurs noms avaient circulé avant qu'Eddie Redmayne ne soit confirmé, dont Benedict Cumberbatch qui avait déjà incarné Hawking dans un téléfilm BBC en 2004. Le choix de Redmayne, plus jeune et moins associé au personnage, a finalement été largement salué.
Une merveilleuse histoire du temps explore avant tout la question de la résilience — la capacité extraordinaire de l'esprit humain à continuer à vouloir, à créer et à aimer malgré les contraintes les plus extrêmes que le corps peut imposer. La relation amoureuse entre Stephen et Jane est traitée avec honnêteté dans sa beauté et dans ses fractures : l'amour ne suffit pas toujours à lui seul à surmonter les années de sacrifice et d'épuisement. Le film aborde la foi et la science comme deux façons de donner du sens à l'existence, Jane étant profondément croyante et Stephen athée convaincu — cette différence fondamentale traversant leur relation sans jamais la détruire tout à fait. La question de ce que signifie vivre pleinement face à une mort annoncée est le fil philosophique le plus profond du film.
La fin d'Une merveilleuse histoire du temps est à la fois mélancolique et lumineuse : Stephen et Jane, après leur divorce douloureux, se retrouvent lors de la remise d'un prix à Hawking et partagent un moment de tendresse et de reconnaissance mutuelle pour ce qu'ils ont vécu et construit ensemble. Cette réconciliation sans réconciliation — ils ne se remettent pas ensemble, mais ils s'accordent la grâce de reconnaître la valeur de leur histoire commune — est la résolution la plus juste possible pour deux êtres qui ont traversé l'exceptionnel ensemble.
The Theory of Everything — « la théorie de tout » — renvoie directement à la quête scientifique de Stephen Hawking : trouver une équation unique capable d'expliquer l'ensemble de l'univers, réunissant mécanique quantique et relativité générale. Mais le titre dit aussi, au niveau métaphorique, que le film cherche sa propre « théorie de tout » : une façon de comprendre ce qui fait la vie d'un homme — l'amour, le génie, la souffrance, la foi, la détermination — dans leur totalité inséparable. Le titre français Une merveilleuse histoire du temps joue lui sur le titre du célèbre livre de Hawking Une brève histoire du temps, en substituant « brève » par « merveilleuse » — un déplacement qui dit bien que ce film s'intéresse non pas à la cosmologie mais à la beauté d'une existence.
La bande originale d'Une merveilleuse histoire du temps composée par Jóhann Jóhannsson est unanimement considérée comme l'une des plus belles partitions de film de la décennie 2010. Le compositeur islandais a créé une musique d'une délicatesse et d'une profondeur exceptionnelles, mêlant cordes intimes et textures électroniques pour accompagner la trajectoire émotionnelle du film avec une justesse absolue. Nommée aux Oscars et aux Golden Globes, cette partition a contribué de façon significative à la dimension émouvante du film et a confirmé Jóhann Jóhannsson comme l'un des compositeurs les plus importants de sa génération — il décèdera tragiquement en 2018 à l'âge de 48 ans.
Une merveilleuse histoire du temps reste le film de référence sur Stephen Hawking, dont la disparition en mars 2018 a considérablement renouvelé l'intérêt pour l'œuvre. Eddie Redmayne, consacré par l'Oscar, est depuis devenu l'un des acteurs les plus en vue du cinéma anglophone. Le film continue d'être diffusé largement sur les plateformes de streaming, où il reste l'une des introductions les plus accessibles et les plus émouvantes à la vie et à l'œuvre du grand physicien.
Une merveilleuse histoire du temps s'inscrit dans la tradition des biopics de scientifiques avec Un homme d'exception (2001) de Ron Howard sur John Nash ou Imitation Game (2014) de Morten Tyldum sur Alan Turing. Still Alice (2014) offre un regard complémentaire sur la maladie neurodégénérative du point de vue du malade. Amour (2012) de Michael Haneke explore avec une radicalité bien plus grande la question du couple face à la maladie et à la dépendance. Les Intouchables (2011) partage la même humanité dans le rapport au handicap.