Paul-André est un homme riche, timide et profondément solitaire qui s'ennuie mortellement dans son immense demeure. Face à ce vide existentiel, il réalise qu'il a désespérément besoin d'une famille pour découvrir les joies simples du partage. Il fait alors la connaissance de Violette, une jeune femme pétillante et pleine d'énergie, menacée d'expulsion et luttant seule pour élever ses deux enfants. Paul-André lui propose alors un contrat d'un genre très particulier : louer sa famille en échange du remboursement de toutes ses dettes.
Le cinéaste Jean-Pierre Améris a conçu ce projet en s'inspirant de sa propre sensibilité artistique et de son rapport complexe à la solitude et à la timidité maladive. Contrairement à ses œuvres précédentes plus dramatiques, il a souhaité explorer ces névroses personnelles à travers le prisme d'une comédie tendre et loufoque. L'idée d'un milliardaire cherchant à acheter ce qui ne s'achète pas, à savoir l'amour familial, est apparue comme un excellent moteur de comédie de mœurs. Le scénario a été écrit sur mesure pour Benoît Poelvoorde, dont le réalisateur connaissait la capacité unique à passer de la mélancolie pure au rire explosif. Le film cherche à rendre hommage aux comédies sociales de Franck Capra, où l'humain finit toujours par triompher du matérialisme.
La presse a globalement salué la douceur et la bienveillance qui émanent de cette comédie sociale et familiale. Les critiques ont particulièrement apprécié l'alchimie indéniable entre Benoît Poelvoorde, parfait en névrosé touchant, et Virginie Efira, éclatante de naturel en mère courage. L'élégance des dialogues et la poésie douce-amère de la mise en scène ont été régulièrement soulignées par les spécialistes du genre. Quelques réserves ont toutefois été émises sur la prévisibilité de la trame narrative inhérente au genre.
Le grand public a chaleureusement accueilli le film, séduit par cette fable moderne à la fois drôle et réconfortante. Les spectateurs ont salué la tendresse de l'histoire et le comique de situation né du choc culturel entre la haute bourgeoisie et la vie populaire. Le film a réalisé un score tout à fait honorable au box-office européen, s'imposant comme un excellent divertissement familial. Beaucoup ont apprécié l'absence de cynisme dans le traitement des personnages.
Le film a été présenté avec succès dans plusieurs festivals de comédie, notamment au Festival international du film de comédie de Alpe d'Huez. Bien qu'il n'ait pas décroché les récompenses majeures, l'interprétation de Virginie Efira a été saluée comme un tournant important dans sa carrière cinématographique. Le long-métrage a conservé une belle réputation d'œuvre humaniste.
Pour la création des décors, Jean-Pierre Améris a voulu accentuer visuellement le contraste entre la maison froide, grise et géométrique du milliardaire et l'appartement encombré, chaleureux et coloré de Violette. Cette opposition esthétique sert directement la narration et l'état psychologique des personnages.
Le tournage a été perturbé par les crises de fous rires incessantes entre Benoît Poelvoorde et François Morel, qui incarne le majordome complice. Le réalisateur a dû plusieurs fois laisser tourner la caméra pour intégrer ces moments d'improvisation pure dans le montage final.
Une attention toute particulière a été portée aux scènes de repas en famille, qui devaient traduire l'évolution de la gêne initiale vers une véritable complicité. Les jeunes acteurs incarnant les enfants ont été encouragés à bousculer le jeu très rigide de Poelvoorde pour obtenir des réactions authentiques.
Virginie Efira a accepté le rôle presque immédiatement après la lecture du scénario, séduite par la fierté et la dignité de son personnage de mère célibataire. Son énergie sur le plateau a été un moteur essentiel pour l'ensemble de l'équipe technique durant les semaines de tournage en région parisienne.
Le cœur du film repose sur la critique de l'illusion matérialiste et l'affirmation que les sentiments authentiques ne peuvent faire l'objet d'aucune transaction financière. Il traite avec une grande pudeur de l'isolement social des classes aisées ainsi que de la précarité économique des familles monoparentales. Enfin, l'œuvre redéfinit la notion même de famille, qui dépasse le simple cadre biologique pour devenir un choix de cœur.
Comme on pouvait s'y attendre, le contrat commercial s'effondre lorsque les sentiments amoureux et paternels prennent le dessus sur l'accord initial. La fin voit Paul-André renoncer à son détachement cynique pour s'engager pleinement et sincèrement auprès de Violette et de ses enfants, non plus comme un client, mais comme un compagnon. La scène finale célèbre la naissance d'une véritable famille recomposée, unie par un amour sincère débarrassé de tout artifice monétaire.
Le titre explicite de manière brute et provocatrice le concept de départ absurde de l'intrigue cinématographique. Il met en lumière le choc entre le vocabulaire marchand de la location et le caractère sacré de la cellule familiale traditionnelle. C'est un résumé parfait de la quête désespérée d'un homme qui tente d'acheter le bonheur domestique avant de comprendre sa véritable valeur.
Le film continue de mener une seconde vie très active lors de ses rediffusions sur les chaînes de télévision francophones, réunissant régulièrement de larges audiences. Il est souvent cité comme un bel exemple de comédie sociale française réussie du milieu des années 2010.
Les Émotifs anonymes, Le Prix à payer, La Chance de ma vie, Familye