À l'aube de l'adolescence, Mylia quitte sa réserve autochtone pour intégrer une école secondaire en ville. Entre deux mondes, elle devra trouver sa place et affronter les défis de la jeunesse, de l'amitié et des premiers émois. Ce récit poignant explore les tourments et les espoirs d'une jeune fille en quête d'identité, entre héritage culturel et intégration sociale.
Geneviève Dulude-De Celles a puisé dans ses propres souvenirs d'adolescence pour concevoir ce projet, nourri par des années de rencontres avec des jeunes Autochtones. L'inspiration lui est venue lors d'un retour dans sa région natale, où les récits de discriminations et de résilience l'ont marquée. Le scénario, développé en collaboration avec des aînés des Premières Nations, vise à donner une voix à une jeunesse trop souvent ignorée. L'idée était de montrer la complexité des relations humaines à cet âge charnière, sans tomber dans le misérabilisme.
Résumé des critiques professionnelles Les critiques ont salué la justesse du portrait adolescent et la sensibilité de la réalisation, comparant le film aux œuvres de Céline Sciamma pour son approche intime. La photographie, sobre mais évocatrice, a été soulignée comme un atout majeur, renforçant l'immersion dans l'univers de Mylia. La performance des jeunes actrices, notamment Émilie Bierre, a été unanimement applaudie pour son authenticité. Certains ont noté un rythme contemplatif, mais ont reconnu qu'il servait parfaitement la narration.
Réception du public Le public a été profondément touché par l'authenticité des émotions et la représentation nuancée des réalités autochtones, loin des clichés. Le film a suscité de nombreuses discussions sur les réseaux sociaux, où il a été salué comme un portrait nécessaire et rafraîchissant. Des projections-débats ont été organisées dans plusieurs festivals, renforçant son impact social. Les spectateurs ont particulièrement apprécié la manière dont le film aborde les thèmes de l'identité et de l'appartenance.
Récompenses obtenues "Une Colonie" a remporté le Prix du Meilleur Film au Festival du film de Vancouver en 2019. Il a également été nommé dans plusieurs catégories aux Prix Iris, dont celle de Meilleur scénario. Le film a reçu une mention spéciale du jury au Festival international du film de Busan pour son approche sensible des questions sociales. Geneviève Dulude-De Celles a été honorée par le Prix de la Meilleure Réalisatrice émergente au Festival de Toronto.
Inspirations du réalisateur Geneviève Dulude-De Celles a passé des mois à rencontrer des adolescentes autochtones pour s'imprégner de leurs histoires. Elle a collaboré avec des aînés de la communauté pour garantir une représentation culturelle respectueuse. Le personnage de Mylia est inspiré de plusieurs jeunes filles rencontrées lors de ses recherches. La réalisatrice a tenu à ce que le tournage ait lieu dans des décors réels.
Difficultés de production Le tournage a été marqué par des défis logistiques, notamment en raison des conditions météorologiques changeantes dans les régions éloignées. Trouver des actrices autochtones non professionnelles mais capables de porter le récit a été un processus long. Le budget limité a nécessité une grande créativité pour réaliser certaines scènes ambitieuses. Malgré ces obstacles, l'ambiance sur le plateau est restée exceptionnellement positive.
Anecdote sur une scène particulière La scène où Mylia se confronte à ses pairs dans la cour d'école a été improvisée en grande partie. Les actrices, toutes issues de communautés autochtones, ont apporté leurs propres expériences pour enrichir les dialogues. Cette scène, initialement prévue pour être brève, est devenue l'une des plus marquantes du film grâce à cette spontanéité.
Casting initialement prévu À l'origine, le rôle de Mylia devait être joué par une actrice plus âgée, mais Émilie Bierre, alors âgée de 15 ans, a impressionné l'équipe par sa maturité. Jacob Whiteduck-King a été choisi parmi des centaines de jeunes acteurs pour son charisme naturel. Irlande Côté a rejoint le projet après avoir participé à un atelier de jeu organisé par la réalisatrice.
Le film aborde avec délicatesse les thèmes de l'identité culturelle et de la quête de soi à l'adolescence, en explorant les tensions entre tradition et modernité. Il traite de l'appartenance et de l'acceptation de soi, ainsi que des dynamiques sociales au sein d'un environnement scolaire parfois hostile. La résilience face aux préjugés et la construction de l'estime de soi sont également au cœur du récit.
La fin du film montre Mylia prenant progressivement confiance en elle, sans renier ses origines. Le dernier plan, où elle marche d'un pas déterminé dans le couloir de l'école, symbolise son acceptation de son double héritage et sa volonté de tracer son propre chemin. Cette conclusion ouverte laisse entrevoir un avenir où Mylia parviendra à concilier les deux facettes de son identité.
"Une Colonie" fait référence à la fois à la réserve autochtone d'où vient Mylia et à la sensation d'être une étrangère dans un nouvel environnement. Le titre évoque l'idée d'une jeune fille qui doit "coloniser" un nouveau territoire, celui de l'adolescence et de l'intégration sociale. Il soulève une réflexion sur les dynamiques de pouvoir et d'appartenance.
La bande originale, composée par Philippe Brault, joue un rôle discret mais essentiel dans la narration. Les mélodies, souvent minimalistes, accompagnent les moments de réflexion de Mylia sans jamais les submerger. Brault a intégré des instruments traditionnels autochtones, comme le tambour et la flûte, pour créer une atmosphère unique.
Le film a été sélectionné pour représenter le Canada dans la course aux Oscars du Meilleur Film International en 2020. Une version restaurée a été présentée en avant-première au Festival de Cannes 2023 dans le cadre d'une rétrospective sur le cinéma autochtone. Geneviève Dulude-De Celles travaille sur un nouveau projet explorant les thèmes de l'identité et de la jeunesse, avec un tournage prévu pour 2024.
Rhymes for Young Ghouls, Weesageechak Begins to Dance, Indian Horse, Edge of the Knife, The North Water