Will Hayes, trentenaire new-yorkais en plein divorce, va chercher sa fille Maya de dix ans à l'école un soir et se retrouve contraint de lui raconter comment il est tombé amoureux — et donc, indirectement, comment il a rencontré sa mère. Pour corser le jeu, il change les noms des trois femmes qui ont compté dans sa vie sur plus d'une décennie. Maya doit ainsi deviner laquelle est sa vraie maman, à travers un puzzle romantique et politique qui court de 1992 à l'élection de Bill Clinton jusqu'au présent. Une histoire d'amour à tiroirs, tendre et mélancolique, où le suspense repose sur une question simple : laquelle des trois a-t-il vraiment choisie ?
Un jour, peut-être est le quatrième long métrage d'Adam Brooks, mais son premier à sortir en salle en France — ses trois précédents (Almost You, Le Petit Chaperon rouge et The Invisible Circus) étaient restés inédits dans l'Hexagone. Le scénario est une œuvre entièrement originale d'Adam Brooks, qui a débuté l'écriture plusieurs années avant la sortie du film. Comme il l'explique, il voulait réaliser un film dont l'histoire s'étale sur une longue période : «Il existe une grande tradition de films dont l'histoire s'étale sur une longue période de temps. Ce que j'aime en eux, c'est que l'on s'attache aux personnages justement parce que l'histoire se déroule durant une bonne partie de leur vie.» L'idée de raconter une histoire d'amour à travers les yeux d'une enfant qui cherche à deviner qui est sa mère a immédiatement donné au récit une structure narrative originale — mi-puzzle, mi-film d'apprentissage. Le film est coproduit entre les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, via la société Working Title Films.
Résumé des critiques professionnelles : Un jour, peut-être a été reçu avec un enthousiasme rare pour une comédie romantique. Beaucoup de critiques ont salué l'originalité de sa structure narrative, son écriture soignée et la qualité des personnages féminins — «C'est très difficile de trouver des rôles féminins bien écrits, et ce film en comporte trois !» ont noté plusieurs journalistes. La comparaison avec Annie Hall de Woody Allen a été avancée par certains comme mesure de l'ambition du film.
Réception du public : Le public a plébiscité le film, séduit par le charme du duo Ryan Reynolds / Abigail Breslin et par la construction narrative qui maintient un vrai suspense romantique jusqu'au bout. La note de 3,5/5 sur AlloCiné reflète un accueil chaleureux, et le film bénéficie d'une excellente réputation de comédie romantique «qui sort du lot» parmi les amateurs du genre.
Inspirations du réalisateur : Adam Brooks voulait explorer les liens entre la politique américaine des années 1990 et la vie amoureuse de sa génération — l'élection de Bill Clinton, les idéaux perdus de l'époque, la désillusion progressive. Cette toile de fond politique donne au film une profondeur inhabituelle pour une comédie romantique.
Casting initialement prévu : Pour incarner Will Hayes, Adam Brooks avait besoin d'un acteur capable d'incarner «un rôle pour James Stewart», selon ses propres termes. C'est la conviction du producteur Eric Fellner, déjà associé à Reynolds dans Mi$e à prix, qui a permis de convaincre Ryan Reynolds — une décision validée dès leur première rencontre.
Un jour, peut-être est une réflexion sur la mémoire amoureuse et la façon dont nous reconstruisons notre passé sentimental. Le film aborde le thème de l'idéalisme politique et son érosion — Will arrive à New York en 1992 plein de convictions pour la campagne Clinton, et le film suit la désillusion progressive de sa génération. Le rapport père-fille est central et traité avec une tendresse particulière : c'est Maya qui donne au récit son sens, en offrant à son père un espace pour réconcilier son histoire. Le film interroge aussi le concept du choix amoureux : avec trois femmes aussi différentes, peut-on vraiment parler d'un destin, ou tout est-il contingent ?
La révélation finale de l'identité de la mère de Maya est délibérément différente de ce que les spectateurs attendent — ou espèrent. Brooks refuse la résolution trop facile et opte pour une fin qui honore la complexité des sentiments humains. Will retrouve April, la femme qu'il aimait peut-être le plus sincèrement, dans un moment simple et vrai. La fin affirme que l'amour authentique n'est pas nécessairement le plus parfait ni le plus dramatique — c'est celui qui résiste au temps.
Un jour, peut-être traduit l'anglais Definitely, Maybe — un oxymore volontaire qui capture l'ambivalence émotionnelle du film. «Definitely» (certainement) et «Maybe» (peut-être) se contredisent, reflétant l'impossibilité de prévoir l'amour ou de lui appliquer des catégories claires. Ce titre est aussi le mot de la fin que donne April à Will à la toute dernière scène — une réponse suspendue qui laisse toutes les possibilités ouvertes.
Un jour, peut-être reste l'une des comédies romantiques américaines les plus estimées des années 2000, régulièrement citée par les amateurs du genre comme un modèle de scénario et d'écriture des personnages. Ryan Reynolds, depuis propulsé star mondiale grâce à Deadpool, garde une affection particulière pour ce film. Il est disponible sur les plateformes de streaming et en VOD.
Un jour, peut-être appartient au même espace que les grandes comédies romantiques narrativement inventives comme Annie Hall (1977) de Woody Allen ou 500 jours ensemble (2009) de Marc Webb. Coup de foudre à Notting Hill (1999) ou Love Actually (2003) partagent la même production Working Title Films et le même goût pour les romances mélancoliques à la construction soignée. En France, Les Chansons d'amour (2007) de Christophe Honoré ou Mia et le Migou jouent sur des registres proches.