À Cincinnati, une vague de froid extrême s'abat soudainement sur la ville, forçant de nombreuses personnes sans-abri à chercher refuge où elles le peuvent. Stuart Goodson, bibliothécaire discret à la bibliothèque publique, se retrouve confronté à un dilemme lorsque plusieurs habitués sans domicile refusent de quitter les lieux à l'heure de la fermeture. Ce qui commence comme un simple sit-in pacifique se transforme rapidement en un bras de fer médiatisé avec la municipalité et les forces de l'ordre. Stuart devra alors choisir entre sa loyauté envers son employeur et son attachement profond à ces usagers qu'il connaît bien mieux que quiconque.
Un héros ordinaire est un film choral écrit, réalisé et interprété par Emilio Estevez, qui souhaitait raconter une histoire mettant en lumière le rôle social méconnu des bibliothèques publiques américaines, souvent devenues de facto des refuges pour les populations les plus démunies. Emilio Estevez, plus connu du grand public comme acteur révélé dans les années 1980 avec des films comme Breakfast Club, occupe également régulièrement les fonctions de scénariste et de réalisateur depuis le milieu des années 1980. Le cinéaste, généralement attiré par des sujets à forte résonance sociale et politique, voulait avec ce projet interroger l'hypocrisie d'une société qui se targue d'ouverture et de compassion sans réellement s'attaquer aux causes profondes de la précarité et du sans-abrisme. Le scénario fait notamment référence au roman Les Raisins de la colère de John Steinbeck, dont l'esprit de solidarité face à l'adversité infuse largement le récit.
Le film a été plutôt bien accueilli par la critique américaine, saluant la sincérité du propos social porté par Emilio Estevez ainsi que la performance de l'ensemble du casting, qui a accepté de réduire ses cachets habituels pour participer au projet. Certains observateurs ont toutefois pointé un scénario parfois trop démonstratif dans sa dénonciation de l'hypocrisie sociale, ainsi que des personnages secondaires jugés caricaturaux. Le public s'est montré sensible à la dimension humaniste du récit, même si le film n'a pas rencontré un grand succès commercial à sa sortie, restant relativement confidentiel malgré son casting connu. Un héros ordinaire n'a pas été distingué par des récompenses majeures, mais a été bien accueilli lors de sa présentation au Festival de Toronto 2018.
Le tournage s'est déroulé en janvier 2017 à Cincinnati, dans l'Ohio, ville où se déroule véritablement l'intrigue du film, avec un casting impliqué ayant accepté de réduire ses cachets habituels pour participer au projet. Emilio Estevez explique avoir voulu revenir, huit ans après The Way, la route ensemble, à un récit plus resserré et intimiste, se déroulant en quasi-huis clos dans les murs de la bibliothèque publique. Le film marque également le retour d'Emilio Estevez à la fois devant et derrière la caméra, dans un rôle plus discret et effacé que ceux qui l'avaient révélé dans les années 1980.
Un héros ordinaire interroge le rôle social des institutions publiques comme les bibliothèques face à la précarité et au sans-abrisme, ainsi que l'hypocrisie d'une société qui prône la compassion sans s'attaquer aux causes profondes de la misère. Le film aborde également la désobéissance civile pacifique comme mode d'action politique, ainsi que la rédemption personnelle à travers l'exemple du personnage principal, lui-même ancien sans-abri devenu bibliothécaire.
À la fin du film, le sit-in pacifique mené par les sans-abri de la bibliothèque de Cincinnati s'achève sans effusion de violence grâce à l'intervention de Stuart Goodson, qui parvient à convaincre les autorités de faire preuve d'humanité plutôt que de répression. Cette résolution pacifique, bien qu'idéalisée, permet au film de conclure sur une note d'espoir quant à la capacité de la société à faire preuve de compassion envers ses membres les plus vulnérables. Le film se termine ainsi sur une célébration collective de la solidarité, incarnée par les usagers de la bibliothèque chantant ensemble malgré l'adversité.
Le titre original, The Public, désigne à la fois la bibliothèque publique où se déroule l'intrigue et l'ensemble des usagers ordinaires qui la fréquentent, qu'ils soient sans-abri ou simples lecteurs. Le titre français, Un héros ordinaire, met davantage l'accent sur le personnage de Stuart Goodson, présenté comme un homme discret et effacé qui devient malgré lui le héros improbable de cette histoire de solidarité.
Les amateurs d'Un héros ordinaire pourront se tourner vers The Way, la route ensemble, précédent film d'Emilio Estevez, pour retrouver sa sensibilité pour les récits humanistes, ou vers Une équipe de rêve, autre film choral abordant la solidarité et la reconstruction personnelle face à l'adversité.