Après avoir exercé en France, Selma, une psychanalyste trentenaire, décide de retourner dans son pays natal, la Tunisie, pour y ouvrir son cabinet. Elle s'installe dans une banlieue populaire de Tunis juste après la révolution, s'attendant à des débuts calmes et professionnels. Contre toute attente, la demande est colossale au sein de cette société en pleine effervescence et en quête de repères. Entre tracasseries administratives ubuesques et patients aux névroses colorées, Selma se retrouve plongée dans un chaos culturel intense. Son divan devient le miroir des espoirs et des contradictions d'un pays en transition.
L'idée originale découle du parcours de la réalisatrice Manele Labidi, elle-même issue de la diaspora tunisienne et fascinée par la psychanalyse. L'inspiration est venue au lendemain de la révolution de jasmin en 2011, lorsque la parole s'est soudainement libérée dans l'espace public tunisien. L'idée originelle était de traiter cette libération sociétale à travers le prisme intime et tragi-comique d'un cabinet médical. La cinéaste a imaginé cette confrontation culturelle pour raconter la reconstruction collective d'un peuple avec humour et tendresse.
La presse internationale a salué cette comédie sociale pétillante, louant la finesse de l'écriture et le magnétisme irrésistible de Golshifteh Farahani. Les critiques ont apprécié l'équilibre parfait entre la légèreté du ton et la profondeur politique du portrait de la Tunisie contemporaine. Le public a chaleureusement accueilli le film, riant des situations bureaucratiques tout en étant touché par la détresse humaine des personnages. Les spectateurs maghrébins et européens ont loué l'originalité du sujet et le dynamisme de la mise en scène. Le film a remporté le Prix du Public à la Mostra de Venise dans la section Venice Days.
Manele Labidi s'est inspiré du cinéma italien d'après-guerre, notamment des comédies de Mario Monicelli, pour mêler satire politique et chronique populaire. La production a dû composer avec la chaleur étouffante de Tunis en plein été, ce qui a éprouvé l'équipe technique durant les scènes en extérieur. Pour la scène mémorable du contrôle de police kafkaïen, les acteurs ont improvisé plusieurs répliques pour accentuer l'absurdité de l'administration locale. Le casting initialement prévu s'est enrichi de comédiens de théâtre tunisiens locaux afin de renforcer le réalisme social de la banlieue.
Le long-métrage aborde la libération de la parole post-révolutionnaire, le choc culturel du retour au pays, la place des femmes dans la société tunisienne moderne et l'absurdité des structures bureaucratiques.
La fin montre Selma obtenant enfin sa licence officielle d'exercer, décidant de rester en Tunisie malgré les difficultés rencontrées. Son intégration réussie prouve que la psychanalyse a trouvé sa place dans ce Tunis réinventé, symbole d'une guérison nationale en marche.
Le titre joue sur les mots en associant le meuble emblématique de la psychanalyse à la capitale tunisienne, évoquant une thérapie à l'échelle de tout un pays.
Le long-métrage est fréquemment programmé lors des festivals du film arabe dans le monde entier pour son regard novateur et optimiste.
Le Caire confidentiel de Tarik Saleh, Caramel de Nadine Labaki, La Source des femmes de Radu Mihaileanu.