Bruna, une ancienne actrice issue d'une riche famille industrielle italienne, traverse une période de crise existentielle profonde au milieu d'une propriété qui se délite. Elle rencontre Nathan, un jeune acteur français plus jeune qu'elle, avec qui elle entame une relation amoureuse passionnée mais tumultueuse. En parallèle, elle doit faire face à la maladie grave de son frère adoré, Ludovic, dont les jours sont cruellement comptés. Entre éclats de rire et larmes, Bruna tente de redonner un sens à sa vie et d'avoir un enfant.
Le scénario est largement autobiographique et s'inspire directement de la vie de la réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi, notamment de la perte de son propre frère. L'idée originelle était d'exorciser le deuil familial à travers le prisme du cinéma en mêlant la fiction à des souvenirs intimes et douloureux. L'inspiration est venue de la nécessité de filmer la fin d'un monde, celui de la grande bourgeoisie industrielle italienne en déclin. La cinéaste a choisi de traiter ces sujets graves avec une légèreté bienvenue et une autodérision constante.
La critique cinématographique a salué le courage et la sincérité de la réalisatrice, louant sa capacité à transformer l'intime en œuvre universelle. La performance des acteurs, en particulier celle de Louis Garrel, a été vivement applaudie pour sa justesse et sa drôlerie. Le public a réservé un accueil ému à cette comédie dramatique, touché par la vulnérabilité des personnages et la poésie des situations. Le film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2013, marquant une étape importante dans la carrière de la réalisatrice. Il a également remporté plusieurs distinctions dans des festivals internationaux pour son scénario original.
L'inspiration de la mise en scène découle de la volonté de recréer l'ambiance chaotique et vivante des réunions de la famille de la réalisatrice. Les difficultés de production comprenaient la charge émotionnelle très lourde pour l'équipe, le film faisant écho à des drames réels encore récents. Pour la scène particulière du mariage à l'hôpital, l'émotion des comédiens était palpable et a nécessité peu de prises. Le casting initialement prévu intégrait déjà les proches de la réalisatrice, y compris sa propre mère, Marisa Borini, qui joue son propre rôle à l'écran.
Le film explore les thèmes du deuil fraternel, de la peur de la solitude et du déclin de l'aristocratie bourgeoise européenne. Il aborde également la complexité des relations amoureuses intergénérationnelles et le désir viscéral de maternité tardive. L'art et le théâtre y sont présentés comme des refuges essentiels face à la dureté de l'existence.
La fin du film, marquée par la mort inéluctable du frère, symbolise la fermeture d'un chapitre de la vie de Bruna et la perte de son ancrage familial. Malgré la tristesse, une lueur d'espoir apparaît alors qu'elle accepte la réalité et décide de continuer à avancer vers l'avenir. La dernière scène laisse le spectateur sur une note de résilience poétique face au cycle immuable de la vie.
Le titre évoque à la fois le domaine familial en Italie, lieu de souvenirs et de déchirements, et l'illusion d'une vie de château qui s'effondre face à la maladie et au temps.
Le film est régulièrement présenté lors de rétrospectives dédiées au cinéma d'auteur européen et aux femmes réalisatrices.
Les Acteurs de Valeria Bruni Tedeschi, La Chambre du fils de Nanni Moretti, La grande bellezza de Paolo Sorrentino.