Dans un futur dystopique, une maladie génétique a créé une sous-espèce d'êtres humains aux capacités physiques surhumaines, surnommés les Hémophages, que le gouvernement cherche à exterminer. Violet Song Jat Shariff, une Hémophage à la beauté mortelle et aux aptitudes martiales redoutables, est chargée de récupérer ce qu'elle croit être une arme biologique létale pour son mouvement de résistance. Elle découvre que "l'arme" est en réalité un petit garçon prénommé Six, et décide de le protéger au péril de sa propre vie contre les forces gouvernementales qui le traquent.
Ultraviolet est un projet original de Kurt Wimmer, scénariste et réalisateur qui avait connu un certain succès avec Equilibrium (2002), film d'action dystopique au style visuel original que certains cinéphiles avaient découvert et apprécié. Wimmer voulait pousser encore plus loin l'esthétique ultra-stylisée et les chorégraphies d'action qu'il avait développées dans Equilibrium, en créant un univers entièrement numérique d'une blancheur immaculée dans lequel une héroïne aux cheveux changeants de couleur incarnerait une résistante post-humaine. Le projet, produit par Screen Gems — la filiale de Sony spécialisée dans le cinéma de genre — avait attiré Milla Jovovich, alors au sommet de sa popularité grâce à la franchise Resident Evil, qui voyait dans ce rôle une autre occasion d'incarner une héroïne d'action physiquement extraordinaire. Le film a subi de nombreuses modifications lors de la post-production, Sony ayant imposé des coupes significatives pour réduire la durée et la violence du montage original de Wimmer — des modifications que le réalisateur a publiquement regrettées.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a été très sévère avec Ultraviolet, pointant un scénario incompréhensible, une esthétique qui sacrifiait toute lisibilité narrative à l'effet visuel, et une action trop chaotique pour être appréciable. Le film a été largement considéré comme un exemple de blockbuster de genre vidé de toute substance par les exigences commerciales de son studio.
Réception du public : Le film a été un échec commercial, ne récoltant que 18 millions de dollars aux États-Unis pour un budget d'environ 30 millions. Les fans de Milla Jovovich et du cinéma d'action stylisé ont constitué le cœur d'une audience très limitée. Kurt Wimmer a publiquement attribué cet échec aux coupes imposées par Sony, affirmant que son montage original était très différent du film sortii en salles.
Récompenses obtenues : Le film n'a reçu aucune récompense et a reçu plusieurs nominations aux Razzie Awards dans des catégories négatives.
Inspirations du réalisateur : Kurt Wimmer s'est inspiré de l'esthétique des mangas et des anime japonais pour construire l'univers visuel d'Ultraviolet — les couleurs saturées, les changements de teinte des cheveux de Violet, les combats ultra-chorégraphiés et l'architecture blanche et épurée de la ville dystopique sont autant de références directes au style graphique japonais transposé en images de synthèse.
Difficultés de production : Les conflits entre Wimmer et les producteurs de Sony sur le montage final ont été particulièrement intenses. Le réalisateur voulait une version plus longue, plus violente et plus cohérente sur le plan narratif, tandis que le studio préférait une version courte et plus accessible. Le résultat de ce compromis forcé est un film qui semble amputé et dont certaines transitions narratives manquent cruellement de clarté.
Ultraviolet s'inscrit dans la tradition des dystopies qui opposent une minorité persécutée à un État totalitaire — les Hémophages sont une métaphore de toutes les minorités stigmatisées et menacées d'extermination par un pouvoir qui se drape dans la légitimité sanitaire ou sécuritaire. La maternité de substitution est le thème émotionnel central : Violet, qui a perdu son propre enfant, développe un instinct protecteur irrépressible pour Six, transformant la mission en quelque chose de personnel et de vital. La transgression des limites du corps humain — être plus fort, plus rapide, plus beau que la norme — est vue à la fois comme une menace par le gouvernement et comme un don par les Hémophages eux-mêmes.
La fin d'Ultraviolet voit Violet vaincre le gouvernant suprême et sauver Six, dont la véritable nature se révèle — il contient en lui le remède à la maladie qui transforme les humains en Hémophages, remède que le gouvernement voulait détruire pour maintenir sa politique d'extermination. Violet, qui avait refusé toute attache, se retrouve à prendre soin de l'enfant dans un monde qui commence peut-être à changer. La conclusion est ouverte, laissant entrevoir un espoir fragile dans un univers qui reste profondément hostile.
Ultraviolet désigne à la fois la lumière ultraviolette — invisible à l'œil humain mais capable de révéler ce qui est caché — et une palette de couleurs extrêmes, au-delà du visible, qui correspond à l'esthétique saturée et outrancière du film. Le titre renvoie aussi à Violet, l'héroïne dont le prénom est contenu dans celui du film. La lumière UV est également utilisée en médecine pour détecter certaines maladies — une référence implicite au contexte épidémique du film.
Ultraviolet est aujourd'hui principalement connu comme l'exemple d'un film dont l'ingérence du studio dans le montage a considérablement nui à la cohérence finale. Kurt Wimmer a continué à travailler à Hollywood comme scénariste et réalisateur, mais le film reste l'une de ses expériences les plus douloureuses. Il est disponible sur les plateformes de streaming.