En 1962, le Mali savoure fraîchement son indépendance, et la jeunesse de Bamako danse toutes les nuits sur les rythmes du twist venus de France et d'Amérique. Samba, fils d'un riche commerçant, s'est pris de passion pour l'idéal révolutionnaire et parcourt le pays pour enseigner aux paysans les vertus du socialisme naissant. C'est en pays bambara qu'il rencontre Lara, une jeune femme mariée de force dont la beauté et la détermination le bouleversent. Ensemble, ils devront faire face à un amour menacé par les traditions autant que par les tensions politiques de leur jeune nation.
Robert Guédiguian s'attache pour la première fois à l'histoire de l'indépendance malienne, un sujet qui le fascine depuis longtemps pour sa dimension à la fois politique et romanesque, mêlant l'euphorie de la libération d'un pays et l'énergie de sa jeunesse insouciante. Le réalisateur, coutumier des récits portés par un idéal collectif et une utopie sociale, construit son scénario en collaboration avec Gilles Taurand, en s'inspirant des mouvements de jeunesse révolutionnaires ayant réellement accompagné la construction du Mali indépendant au début des années 1960.
La critique salue la reconstitution soignée du Mali des années 1960 ainsi que l'énergie communicative de la jeunesse malienne dansant sur les rythmes du twist, tout en saluant l'engagement politique assumé de Robert Guédiguian pour raconter cette page méconnue de l'histoire africaine. Plusieurs observateurs soulignent la sincérité du regard porté par le réalisateur sur cette période d'espoir révolutionnaire. Le public réserve un accueil respectueux au film, davantage porté par les amateurs de cinéma engagé et d'histoire africaine que par un large public populaire, le sujet traité restant relativement méconnu du grand public français. Twist à Bamako n'a pas été distingué par de grandes récompenses cinématographiques lors de sa sortie, s'inscrivant néanmoins dans la continuité de l'œuvre engagée et reconnue de Robert Guédiguian.
Robert Guédiguian s'est appuyé sur un important travail de documentation historique concernant l'indépendance du Mali et les mouvements de jeunesse révolutionnaires de l'époque, une période qui le fascine pour son mélange d'espoir politique et d'insouciance juvénile. Le tournage s'est déroulé au Sénégal, la production ayant dû reconstituer l'ambiance du Bamako des années 1960 dans un pays voisin, faute de pouvoir tourner directement sur les lieux historiques de l'intrigue. Le casting réunit des acteurs d'origines diverses, notamment Stéphane Bak et Alicia Da Luz Gomes, choisis pour incarner cette jeunesse africaine insouciante et déterminée au cœur du récit. Le scénario, coécrit avec Gilles Taurand, a nécessité un long travail de recherche sur la musique et la culture populaire du twist telle qu'elle se diffusait en Afrique de l'Ouest au début des années 1960.
Le film explore l'euphorie de l'indépendance nationale et l'idéalisme révolutionnaire de la jeunesse africaine des années 1960, ainsi que la difficulté de concilier tradition et modernité, notamment à travers la question du mariage forcé. Il aborde également l'amour comme force de résistance face aux conventions sociales, et les premiers désenchantements politiques qui accompagnent souvent la construction d'une nation nouvellement indépendante.
Malgré les obstacles dressés par les traditions et les tensions politiques grandissantes, Samba et Lara parviennent à préserver leur amour, le film se concluant sur une note d'espoir teintée d'incertitude quant à l'avenir politique du Mali, à l'image des espoirs et des désillusions qui ont marqué de nombreux pays africains nouvellement indépendants.
Le titre Twist à Bamako renvoie directement à la danse du twist, symbole de la modernité occidentale qui séduit la jeunesse malienne de l'époque, dansée avec insouciance dans les rues de la capitale malienne au moment même où le pays construit son indépendance politique.
La bande originale du film s'appuie sur de nombreux titres emblématiques du twist des années 1960, contribuant à recréer avec authenticité l'ambiance musicale festive et libératrice de cette jeunesse malienne fraîchement indépendante.
Le film a contribué à faire connaître au public français une page méconnue de l'histoire de l'indépendance malienne, s'inscrivant dans une démarche plus large de Robert Guédiguian de porter à l'écran des récits d'engagement politique et social.
Timbuktu, La Villa, Les Neiges du Kilimandjaro.