Satoko et son mari Kiyokazu, incapables d'avoir un enfant après plusieurs tentatives infructueuses de fécondation in vitro, décident de se tourner vers l'adoption. Ils accueillent ainsi Asato, le fils d'Hikari, une adolescente de quatorze ans tombée enceinte d'un camarade de classe et poussée par sa famille à abandonner son enfant par crainte pour son avenir. Six années plus tard, alors que la famille recomposée vit heureuse à Tokyo, Hikari resurgit brusquement dans leur existence, bien décidée à reprendre contact avec le fils qu'elle a mis au monde et confié à d'autres.
True Mothers est l'adaptation du roman à succès Asa ga kuru (littéralement « Le matin arrive »), écrit par la romancière japonaise Mizuki Tsujimura et publié initialement au Japon avant de connaître un important succès de librairie. La réalisatrice Naomi Kawase, habituée du Festival de Cannes où plusieurs de ses films précédents ont été primés, a coécrit le scénario avec Izumi Takahashi, choisissant d'articuler le récit autour de deux points de vue féminins entrelacés par des flash-back, celui de la mère adoptive et celui de la mère biologique. Naomi Kawase, elle-même élevée par des parents adoptifs durant son enfance, a expliqué que cette expérience personnelle avait nourri sa sensibilité particulière pour ce sujet encore relativement tabou au Japon, où l'adoption demeure peu répandue et mal acceptée socialement. La comédienne Miyoko Asada, interprétant une responsable d'agence d'adoption, s'est longuement documentée sur le fonctionnement réel de ces structures pour préparer son rôle, allant jusqu'à improviser une scène de séminaire en répondant à de véritables questions posées par les figurants présents sur le tournage. Le film a reçu le label du Festival de Cannes 2020, édition annulée en raison de la pandémie mondiale, avant d'être présenté au Festival international du film de Toronto en septembre de la même année.
Les critiques ont salué True Mothers pour sa capacité à traiter le sujet délicat de la maternité et de l'adoption avec une grande sensibilité, évitant les écueils du mélodrame facile pour proposer un regard nuancé sur la légitimité des différentes formes de maternité. Plusieurs observateurs ont particulièrement mis en avant les prestations des actrices Hiromi Nagasaku et Aju Makita, capables de faire exister deux formes de souffrance maternelle radicalement différentes mais tout aussi légitimes l'une que l'autre. D'autres critiques ont toutefois pointé un rythme parfois trop lent et une durée jugée excessive pour l'ampleur du récit, ainsi qu'un mélange de registre entre documentaire et fiction jugé déstabilisant durant le premier tiers du film. La photographie soignée et l'attention portée à la nature, marque de fabrique du cinéma de Naomi Kawase, ont également été remarquées. Le public a réservé un accueil chaleureux au film, touché par la délicatesse avec laquelle sont abordées les difficultés rencontrées par les deux mères, biologique et adoptive, dans un Japon où l'adoption reste encore aujourd'hui peu acceptée socialement. Les spectateurs ont particulièrement salué la beauté de la mise en scène et l'absence de jugement moral porté sur les choix de chacun des personnages. True Mothers a été sélectionné pour représenter le Japon dans la course à l'Oscar du meilleur film international, une reconnaissance confirmant l'importance du film dans le paysage cinématographique japonais contemporain, bien qu'il n'ait finalement pas figuré parmi les nommés.
Naomi Kawase, elle-même élevée par des parents adoptifs durant son enfance, a puisé dans cette expérience personnelle pour aborder avec sensibilité le sujet de l'adoption, encore relativement tabou et mal accepté dans la société japonaise contemporaine, un enjeu qu'elle a tenu à souligner à plusieurs reprises lors de la promotion du film. L'actrice Miyoko Asada, interprétant la responsable d'une agence d'adoption, s'est fortement documentée sur le fonctionnement réel de ce type de structure pour préparer son rôle, poussant l'exercice jusqu'à improviser entièrement une scène de séminaire en répondant en direct à de véritables questions posées par les figurants du tournage, sans script préétabli.
True Mothers explore la pluralité des formes de maternité, refusant de hiérarchiser la légitimité de la mère biologique et celle de la mère adoptive pour montrer au contraire la complémentarité douloureuse de leurs parcours respectifs. Le film aborde également le poids du regard social sur les mères adolescentes au Japon, à travers le parcours d'Hikari, rejetée et stigmatisée par sa propre famille après sa grossesse précoce. La question de l'infertilité et de la souffrance qu'elle engendre au sein du couple occupe aussi une place importante dans le récit, notamment à travers le personnage de Kiyokazu, confronté à un profond sentiment d'échec. Le film explore enfin la reconstruction possible après un deuil ou un abandon, chacune des deux femmes devant trouver sa propre voie vers l'apaisement.
Après avoir traversé une existence marquée par la précarité et le rejet familial, Hikari finit par retrouver la trace de la famille ayant adopté son fils Asato, non pas dans l'intention de le récupérer, mais simplement animée par le besoin profond de savoir qu'il va bien et d'obtenir une forme de reconnaissance de son geste initial. La rencontre entre Hikari et Satoko, longtemps redoutée par cette dernière, se révèle finalement empreinte d'une compréhension mutuelle inattendue, les deux femmes réalisant qu'elles partagent, chacune à leur manière, un même amour inconditionnel pour le même enfant. Le film se conclut sur cette réconciliation implicite entre les deux mères, suggérant que la maternité ne se définit pas par un lien exclusif biologique ou légal, mais par la capacité à aimer et à se soucier du bien-être de l'enfant, quelle que soit la nature du lien qui les unit.
Le titre original japonais, Asa ga kuru, signifie littéralement « le matin arrive », une formule empreinte d'espoir suggérant que malgré l'obscurité traversée par les personnages, une forme de renouveau ou d'apaisement finit toujours par advenir. Le titre international, True Mothers, littéralement « les véritables mères », interroge quant à lui directement la légitimité de la maternité, mettant sur un pied d'égalité la mère biologique et la mère adoptive plutôt que d'en privilégier une seule comme la « vraie » mère de l'enfant.
True Mothers a été choisi comme la soumission officielle du Japon pour l'Oscar du meilleur film international lors de la cérémonie 2021, une reconnaissance qui a contribué à accroître la visibilité internationale du film au-delà de sa sortie en festivals. Naomi Kawase a depuis poursuivi sa carrière de réalisatrice tout en s'impliquant dans plusieurs projets liés aux grands événements sportifs internationaux organisés au Japon.
Les Délices de Tokyo, précédent film de Naomi Kawase porté par une même sensibilité contemplative et une attention similaire portée à la nature, permet de mesurer la continuité stylistique du cinéma de la réalisatrice. Nobody Knows de Hirokazu Kore-eda, autre grand cinéaste japonais explorant avec délicatesse les liens familiaux non conventionnels, offre une résonance thématique forte avec True Mothers. Une affaire de famille, également de Kore-eda, questionne lui aussi la définition de la parentalité au-delà des seuls liens du sang, faisant écho à la réflexion centrale du film de Naomi Kawase.