Dimanche, 12 juillet 2026
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Tremblements

Tremblements

2019 Guatemala, France, Luxembourg
Synopsis

Au Guatemala, Pablo, quarante ans, mène une vie rangée d'homme religieux, marié et père de deux enfants. Lorsqu'il tombe amoureux de Francisco et quitte sa femme pour vivre son homosexualité au grand jour, sa famille et son église décident de le ramener dans le droit chemin. Considéré comme malade, Pablo est soumis à une thérapie de conversion censée le guérir de ce qu'ils perçoivent comme un péché. Le film suit sa descente aux enfers, tiraillé entre son désir de vivre librement et le poids écrasant de sa communauté.

Genèse du film

Après avoir marqué les esprits avec Ixcanul, premier film guatémaltèque présenté à la Berlinale, Jayro Bustamante a voulu poursuivre l'exploration de la société de son pays natal en se penchant cette fois sur la condition des personnes homosexuelles au Guatemala. Le cinéaste s'est notamment intéressé au poids grandissant des mouvements évangélistes dans le pays, qu'il décrit comme devenus une véritable force politique en Amérique latine, capable d'imposer des thérapies de conversion à ceux qu'ils considèrent comme déviants. Bustamante a voulu déplacer son regard du monde rural exploré dans Ixcanul vers un cadre urbain et bourgeois, afin de montrer que l'homophobie n'épargne aucune classe sociale. Le scénario s'inspire des mécanismes réels des groupes de thérapie de conversion existant au Guatemala, où la pression familiale et religieuse pousse certains hommes à renier leur orientation sexuelle.

Critiques et réception

La critique française a salué le tact et la sobriété avec lesquels Jayro Bustamante filme la descente aux enfers de son personnage principal, la presse évoquant un cri de rage contre l'injustice subie par la communauté homosexuelle guatémaltèque, même si certains critiques ont trouvé le film pesant dans sa gravité constante. Le film a rencontré un accueil international favorable, présenté en section Panorama de la Berlinale 2019, où il a été salué pour son regard sans concession sur l'alliance entre bourgeoisie et évangélisme radical dans la persécution des personnes homosexuelles. Tremblements a remporté plusieurs récompenses dans des festivals d'Amérique centrale, notamment le prix du meilleur film d'Amérique centrale au festival de Guadalajara et à l'Icaro Festival, où Juan Pablo Olyslager et Mauricio Armas Zebadúa ont également été récompensés comme meilleurs acteurs.

Anecdotes de tournage

Jayro Bustamante s'est inspiré du poids réel et grandissant des mouvements évangélistes au Guatemala et en Amérique latine pour construire l'intrigue de son film, voulant montrer comment ces groupes religieux sont devenus une force politique capable d'imposer des thérapies de conversion. Après le monde rural d'Ixcanul, son précédent film, Bustamante a choisi de tourner cette fois dans un cadre urbain et bourgeois de la capitale guatémaltèque, afin de montrer que l'homophobie institutionnalisée touche toutes les classes sociales du pays.

Thèmes abordés

Tremblements aborde frontalement l'homophobie institutionnalisée par la religion évangélique au Guatemala, à travers le prisme des thérapies de conversion imposées à un homme pour le forcer à renier son orientation sexuelle. Le film interroge aussi le poids de la famille et de la classe sociale dans la négation de l'identité individuelle, ainsi que le prix payé par ceux qui choisissent malgré tout de vivre selon leur vérité.

Signification du titre

Le titre Tremblements, en espagnol Temblores, évoque à la fois l'instabilité intérieure de Pablo, tiraillé entre son désir et les injonctions de son entourage, et une métaphore plus large de l'ébranlement que représente son coming out pour l'ordre social et religieux qui l'entoure.

Films Similaires

On peut rapprocher Tremblements d'autres films abordant les thérapies de conversion et l'homophobie religieuse, comme Boy Erased, ainsi que du précédent film de Jayro Bustamante, Ixcanul, pour son regard sur la société guatémaltèque.