Brett Ridgeman et Anthony Lurasetti, deux policiers expérimentés, sont suspendus six semaines après qu'une intervention musclée a été filmée à leur insu par un témoin. Désargentés et sans perspective, les deux hommes aigris décident de replonger dans les bas-fonds de la ville pour obtenir ce qu'ils estiment leur être dû. Leur route croise celle d'Henry, jeune homme tout juste sorti de prison, embarqué malgré lui dans un braquage de banque organisé par un criminel sans scrupule. Ces trajectoires parallèles vont converger vers un affrontement d'une violence extrême.
Troisième long métrage de S. Craig Zahler après Bone Tomahawk et Brawl in Cell Block 99, Dragged Across Concrete a été écrit par le réalisateur lui-même, dans la continuité de son exploration d'un cinéma de genre âpre et très écrit. Le scénario, resté inchangé du premier jet au tournage, est influencé par Le Prince de New York de Sidney Lumet ainsi que par L'Ultime Razzia de Stanley Kubrick, références assumées par Zahler pour construire ce récit choral autour de la corruption et de la violence urbaine.
Résumé des critiques professionnelles : Le film a été salué par une large partie de la critique internationale pour la qualité de son écriture et la gestion de son rythme, certains observateurs le comparant favorablement aux polars new-yorkais des années 1970. D'autres ont pointé sa durée très importante et son ambiguïté morale, notamment le choix de placer d'anciens policiers brutaux au centre du récit sans les juger explicitement. Réception du public : Le public cinéphile a largement plébiscité le film, qui a remporté le prix Sang Neuf au Festival de Beaune en 2019, tout en regrettant que, comme les précédents films de Zahler, il n'ait pas bénéficié d'une sortie en salles en France.
Inspirations du réalisateur : S. Craig Zahler a débuté l'écriture de Dragged Across Concrete immédiatement après avoir terminé le développement de Brawl in Cell Block 99, avec la volonté de creuser à nouveau les thèmes de la corruption policière et de la marginalité urbaine. Casting initialement prévu : Vince Vaughn, qui avait déjà tourné avec Zahler, a transmis le scénario à Mel Gibson, avec lequel il avait travaillé sur Tu ne tueras point ; Gibson a accepté de rejoindre le projet dès février 2017, suivi par Tory Kittles et Michael Jai White. La réputation politique conservatrice des deux acteurs principaux a, selon certains médias, compliqué un temps le financement du film. Difficultés de production : Le tournage, qui s'est déroulé à Vancouver, a comporté plusieurs cascades complexes et dangereuses, dont une véritable collision de voitures filmée en une seule prise plutôt que recréée au montage, afin de renforcer le réalisme voulu par le réalisateur.
Le film interroge la violence institutionnelle et les dérives de la brutalité policière, tout en refusant de trancher moralement sur ses personnages, présentés dans toute leur ambiguïté. Il explore aussi la précarité économique comme moteur de la déchéance individuelle, et dresse le portrait d'une Amérique urbaine gangrenée par la corruption, la méfiance raciale et la violence ordinaire.
Après un affrontement d'une grande violence, seuls certains protagonistes survivent au braquage qui a réuni malgré eux policiers suspendus et criminels de circonstance, la conclusion refusant tout dénouement simple pour souligner l'absurdité et le prix humain de la spirale de violence enclenchée dès le début du film. Cette fin brutale referme le récit sur une note résolument pessimiste, cohérente avec le regard sans concession que Zahler porte sur l'Amérique contemporaine.
Le titre Dragged Across Concrete, traduit en français par Traîné sur le bitume, évoque littéralement la violence physique subie par plusieurs personnages au cours du récit, mais aussi la dégradation morale et sociale que traverse chacun d'eux, entraîné malgré lui vers le pire.
La musique a été composée par S. Craig Zahler lui-même en collaboration avec Jeff Herriott, avec qui il avait déjà travaillé sur Bone Tomahawk et Brawl in Cell Block 99, contribuant à l'atmosphère lancinante et hard-boiled du film.
Jamais sorti en salles en France comme les précédents films de Zahler, Dragged Across Concrete reste disponible en vidéo à la demande et continue d'être régulièrement redécouvert par les amateurs de cinéma de genre plusieurs années après sa sortie.
Dragged Across Concrete peut être rapproché des précédents films de S. Craig Zahler, Bone Tomahawk et Brawl in Cell Block 99, ainsi que des polars new-yorkais de Sidney Lumet comme Le Prince de New York, dont le réalisateur revendique l'influence directe.