Cédric Saint Guérande, surnommé « CSG », est le présentateur du journal de 20 heures le plus regardé de France, devenu une véritable star depuis sa couverture des attentats du 11 septembre 2001. Ses audiences exceptionnelles suscitent autant d'admiration que de jalousies au sein de sa propre chaîne, La Grande Chaîne. Sa soif de pouvoir sans limites finit par inquiéter le nouveau président de la chaîne, qui voit en lui un rival à abattre. S'engage alors une guerre sans merci faite de jeux de pouvoir, de manipulations et de coups bas, dans les coulisses impitoyables du petit écran.
Toute Ressemblance marque les débuts à la réalisation pour le cinéma de Michel Denisot, ancien animateur du Grand Journal sur Canal+ et figure bien connue du paysage audiovisuel français. L'idée du film naît lors du Festival de Cannes 2015, au cours d'un dîner organisé par le groupe UGC, où Michel Denisot se met à raconter, au fil de la soirée, des anecdotes savoureuses sur les coulisses de la télévision. Vers deux heures du matin, Brigitte Maccioni, alors directrice générale adjointe du groupe UGC, lui lance qu'il faut désormais en faire un film, ce qui pousse Michel Denisot à se lancer dans l'écriture avec la scénariste Karine Angeli. Le projet se veut largement inspiré de son expérience personnelle du milieu télévisuel, au point que Michel Denisot le qualifie lui-même de quasi autobiographique dans les colonnes de Vanity Fair, dont il est par ailleurs le rédacteur en chef. Le tournage débute en septembre 2018, et une première photo publiée par le réalisateur sur Instagram révèle la présence de nombreuses personnalités du petit écran, comme Patrick Poivre d'Arvor, Claire Chazal ou Michel Drucker, venues jouer leur propre rôle.
L'accueil critique du film est majoritairement négatif, Le Parisien reprochant notamment au réalisateur d'accumuler les clichés sur le monde des paillettes et la cruauté du petit écran sans jamais parvenir à construire une véritable intrigue. Plusieurs publications regrettent des enjeux dramatiques trop faibles et des rebondissements jugés artificiels, malgré la présence rassurante de Franck Dubosc et Jérôme Commandeur, déjà associés dans plusieurs comédies populaires. GQ se montre plus indulgent et salue un premier film divertissant qui ne sombre jamais dans l'ennui, une opinion à nuancer par le fait que le magazine appartient au même groupe de presse que Vanity Fair, dont Michel Denisot est le rédacteur en chef. Le public boude largement le film dès sa sortie, avec seulement 15 012 entrées le premier jour malgré une exploitation dans 351 salles, un chiffre qui ne progresse guère par la suite. Après trois semaines d'exploitation, le film ne totalise que 108 155 entrées pour 700 000 euros de recettes, un résultat qui en fait l'un des plus gros échecs commerciaux du cinéma français en 2019. Les spectateurs les plus enthousiastes retiennent surtout la présence de nombreuses figures du petit écran venues jouer leur propre rôle, ce qui donne au film des allures de clin d'œil complice pour les habitués de la télévision française. Le film ne reçoit aucune récompense ni nomination notable lors de sa sortie.
Michel Denisot puise directement dans sa propre expérience de présentateur et d'animateur de télévision pour construire le personnage de Cédric Saint Guérande, qu'il présente comme largement inspiré de son vécu personnel dans le milieu audiovisuel. L'idée initiale du film naît d'une soirée passée à raconter des anecdotes sur les coulisses de la télévision, avant qu'on ne lui suggère d'en tirer un scénario. De nombreuses personnalités bien connues du petit écran français, dont Patrick Poivre d'Arvor, Claire Chazal, Michel Drucker, Anne-Sophie Lapix et Laurence Ferrari, apparaissent dans le film en interprétant leur propre rôle, une particularité révélée dès les premières photos de tournage partagées par Michel Denisot sur les réseaux sociaux.
Toute Ressemblance dresse le portrait grinçant d'un milieu télévisuel gangrené par les jeux de pouvoir, la course à l'audience et les rivalités personnelles entre présentateurs vedettes. Le film interroge la fabrique de la célébrité médiatique et la manière dont le succès peut transformer un simple animateur en figure incontournable et redoutée. Il met également en scène le choc générationnel entre une ancienne garde de journalistes vedettes et une nouvelle génération de dirigeants de chaîne soucieuse de reprendre le contrôle. En filigrane, le film questionne enfin la porosité entre information et divertissement dans le paysage audiovisuel français contemporain.
Le film se conclut sur l'issue spectaculaire de l'affrontement entre Cédric Saint Guérande et le nouveau président de la chaîne, chacun cherchant à imposer sa vision du pouvoir médiatique jusqu'au bout du récit. Cette confrontation finale, pensée comme le point culminant d'une escalade de manipulations et de coups bas, tranche définitivement le rapport de force entre les deux hommes et referme la satire du monde télévisuel dépeinte tout au long du film.
Le titre Toute ressemblance... joue sur la célèbre formule juridique qui accompagne habituellement les œuvres de fiction s'inspirant de personnes réelles, ici volontairement laissée en suspens par des points de suspension. Il souligne avec ironie le caractère largement autobiographique du film, Michel Denisot laissant entendre que les situations et personnages dépeints ne sont pas si éloignés du monde télévisuel qu'il a lui-même côtoyé pendant des décennies.
Les amateurs de Toute ressemblance... pourront apprécier Network de Sidney Lumet pour sa satire féroce du monde télévisuel, ou des œuvres portant un regard critique sur les coulisses des journaux télévisés et les intrigues politico-médiatiques françaises.