Emmanuèle, romancière épanouie tant dans sa vie privée que professionnelle, se précipite à l'hôpital où son père André vient de faire un accident vasculaire cérébral. Fantasque et passionné par la vie mais désormais diminué, il demande à sa fille de l'aider à mourir. Emmanuèle et sa sœur Pascale se retrouvent alors confrontées à un choix impossible, entre l'amour filial et l'interdit légal de l'aide à mourir en France, ce qui les pousse à envisager un voyage en Suisse. Le film observe avec pudeur et une pointe d'humour cette traversée intime de la fin de vie.
Le film est l'adaptation du récit autobiographique du même nom d'Emmanuèle Bernheim, qui racontait la manière dont elle avait aidé son propre père à mourir. François Ozon et Emmanuèle Bernheim s'étaient rencontrés en 2000 par l'intermédiaire d'un agent commun, à une époque où le réalisateur cherchait une romancière capable de retravailler le scénario de Sous le sable. Le projet d'adaptation a été officiellement annoncé début 2020, avec Sophie Marceau, André Dussollier et Géraldine Pailhas dans les rôles principaux. Le tournage, initialement prévu en mars 2020, a été annulé en raison du confinement lié à la pandémie de Covid-19, avant de finalement débuter en juillet et août de la même année en région parisienne.
Tout S'est Bien Passé obtient une moyenne critique de 3,4 sur 5 sur AlloCiné, saluée pour son ton juste et sa manière d'aborder l'aide à mourir sans sombrer dans le pathos. Les critiques ont particulièrement souligné la prestation d'André Dussollier, physiquement transformé par des prothèses pour incarner un homme diminué par l'AVC, ainsi que le retour remarqué de Sophie Marceau au cinéma d'auteur. Le public a réservé un accueil favorable au film, porté par le retour très attendu de Sophie Marceau dans un rôle de composition, ainsi que par la thématique de l'euthanasie, sujet de société encore débattu en France au moment de la sortie du film. Le film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2021, une reconnaissance qui a largement contribué à sa visibilité médiatique lors de sa sortie en salles.
André Dussollier a porté des prothèses faciales pour figer une partie de son visage et traduire physiquement les séquelles de l'accident vasculaire cérébral de son personnage, tout en conservant la possibilité de faire ressurgir, par instants, le sens de l'humour caustique du personnage. François Ozon avait rencontré Emmanuèle Bernheim vingt ans avant le tournage, à une époque où elle travaillait sur le scénario de son film Sous le sable, une collaboration ancienne qui a nourri sa décision d'adapter son texte le plus personnel après le décès de l'autrice.
Le film traite de l'aide à mourir et du droit à disposer de sa propre fin de vie, des relations complexes entre un père et ses filles, ainsi que de l'homosexualité assumée sur le tard du personnage du père, qui a mené une double vie familiale et intime.
Le titre, reprenant celui du roman d'Emmanuèle Bernheim, est une formule presque banale et rassurante, généralement employée après une opération réussie, que le film détourne avec une ironie amère puisqu'elle s'applique ici à l'organisation d'une mort volontaire.
Les spectateurs touchés par ce film pourront regarder Amour de Michael Haneke, pour son traitement tout aussi frontal de la vieillesse et de la fin de vie, ou La Vie devant soi pour son exploration de la dignité face à la maladie.