Ce documentaire percutant explore l'évolution du rôle des femmes dans l'industrie cinématographique hollywoodienne. À travers des témoignages de réalisatrices, actrices et productrices, le film dépeint les combats menés pour l'égalité des chances. Il met en lumière les obstacles persistants tout en célébrant les progrès accomplis. Une plongée inspirante dans les coulisses d'un monde en pleine mutation.
L'idée de Tout Peut Changer est née d'une constation simple : malgré des décennies de lutte, les femmes restent sous-représentées à Hollywood. Tom Donahue, réalisateur engagé, a été inspiré par le mouvement #MeToo et les discours de figures comme Geena Davis. Le projet s'appuie sur des années de recherche et d'entretiens avec des professionnelles du cinéma. Le titre rend hommage à un rapport de l'Annenberg School qui révélait les inégalités criantes dans le secteur. Le film a été conçu comme un appel à l'action, bien au-delà d'un simple constat.
Résumé des critiques professionnelles : La presse a salué un documentaire nécessaire et urgent, soulignant son approche à la fois pédagogique et militante. The Hollywood Reporter a applaudit la richesse des témoignages et la rigueur de la recherche. Variety a noté que le film évite le misérabilisme pour privilégier l'espoir et les solutions concrètes. Certains critiques ont cependant regretté un manque de profondeur sur les intersections avec d'autres luttes (race, classe). Le montage dynamique et le rythme soutenu ont été largement plébiscités.
Réception du public : Le public féminin a massivement plébiscité le film, le qualifiant de libérateur et cathartique. Les projections en festivals ont souvent donné lieu à des débats passionnés et des engagements concrets. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #EtSiLesFemmesComptaient est devenu viral, prolongeant l'impact du film. Certains spectateurs masculins ont exprimé leur surprise face à des réalités qu'ils ignoraient. Le film a aussi suscité des vocations chez de jeunes femmes aspirant à travailler dans le cinéma.
Récompenses obtenues : Le documentaire a remporté le Prix du Public au Festival du Film de Tribeca en 2020. Il a également été nommé pour un Emmy Award dans la catégorie Meilleur documentaire social. Le film a reçu le Prix Impact Media pour son influence sur les politiques de diversité dans les studios. Il a été sélectionné dans plus de 15 festivals internationaux, dont Cannes (section parallèle). Son impact a valu à Tom Donahue une invitation à la Maison Blanche pour discuter des inégalités dans l'industrie culturelle.
Inspirations du réalisateur : Tom Donahue a été marqué par une rencontre avec une scripte qui lui a raconté avoir été licenciée après avoir signalé des comportements inappropriés. Cette histoire a été le déclencheur pour approfondir le sujet. Il a aussi été inspiré par le travail de son épouse, productrice, qui lui a ouvert les yeux sur les discriminations quotidiennes. Le réalisateur a visionné plus de 200 films réalisés par des femmes pour préparer son documentaire. Il a également interviewé des figures historiques comme Jane Fonda, dont les archives n'avaient jamais été exploitées de cette manière.
Difficultés de production : Trouver des financements a été un parcours du combattant, de nombreux investisseurs jugeant le sujet trop niche. Certaines actrices ont refusé de participer par peur de représailles dans leur carrière. L'équipe a dû négocier pendant des mois pour obtenir les droits d'utilisation d'extraits de films cultes. Le tournage a coïncidé avec le mouvement #MeToo, ce qui a à la fois facilité et compliqué l'accès à certains témoignages.
Anecdote sur une scène particulière : La scène où Meryl Streep parle de son premier rôle à Hollywood a été tournée en une seule prise, tant l'émotion était palpable. L'équipe a dû s'isoler dans une petite salle pour ne pas interrompre le flux de la légende. lors du tournage avec Natalie Portman, cette dernière a insisté pour que son interview soit filmée dans un lieu symbolique : les studios où elle avait tourné Star Wars, normalement interdits au public.
Casting initialement prévu : À l'origine, le film devait se concentrer uniquement sur des réalisatrices, mais les témoignages des actrices ont apporté une dimension humaine incontournable. Tom Donahue voulait absolument inclure Jodie Foster, mais cette dernière a décliné en raison d'un conflit d'emploi du temps. Le réalisateur a aussi tenté d'approcher des figures controversées comme Woody Allen (pour un contrepoint), mais a finalement abandonné l'idée pour ne pas détourné l'attention du message principal.
Tout Peut Changer aborde sans détour la sous-représentation des femmes dans les postes clés du cinéma, des réalisatrices aux techniciennes. Le film explore les stéréotypes de genre qui limitent les rôles offerts aux actrices, surtout après 40 ans. Il questionne les mécanismes de pouvoir dans une industrie dominée par les hommes, où le harcèlement et les abus sont souvent tolérés. Le documentaire met aussi en avant les solutions concrètes : quotas, mentorat, ou encore l'importance de la sororité. Enfin, il soulève la question de l'intersectionnalité, montrant que les femmes de couleur ou issues de milieux modestes subissent une double discrimination.
La fin du film se concentre sur un message d'espoir : le changement est possible, mais il nécessite l'engagement de tous. Les dernières images montrent des statistiques encourageantes (hausse du nombre de films réalisés par des femmes) tout en rappelant que le chemin est encore long. Le choix de terminer sur des images d'archives de pionnières du cinéma (comme Alice Guy ou Lois Weber) est symbolique : il s'agit de rappeler que la lutte n'est pas nouvelle, mais qu'elle porte enfin ses fruits. La musique montante et les sourires des interviewées en voix off renforcent cette impression de mouvement collectif. Le réalisateur a voulu éviter une fin trop sombre pour ne pas décourager le public, tout en restant honnête sur les défis à venir.
Tout Peut Changer est une déclaration d'optimisme : malgré les siècles de domination masculine, l'industrie du cinéma peut évoluer. Et Si Les Femmes Comptaient est une question rhétorique qui souligne l'absurdité de leur exclusion historique. Le titre complet forme une phrase engageante, presque un slogan, qui résume l'ambition du film : montrer que l'égalité n'est pas une utopie, mais une possibilité réelle. Le jeu de mots avec comptaient (à la fois était prises en compte et avait de l'importance) ajoute une couche de profondeur sémantique. C'est aussi un clin d'œil aux rapports et études qui comptent littéralement le nombre de femmes dans les crédits des films.
La bande originale, composée par Hildur Guðnadóttir (lauréate d'un Oscar pour Joker), est un mélange de cordes tendues et de mélodies éthérées qui soulignent à la fois la gravité du sujet et l'espoir du changement. Le thème principal, joué au violoncelle, évoque la résilience et la détermination. Des morceaux comme "The Count" utilisent des sons de machine à écrire et de projecteurs pour rappeler l'héritage industriel d'Hollywood. La musique joue un rôle clé pour lier les différents témoignages entre eux, créant une narration sonore cohérente. Le choix de Guðnadóttir, femme dans un domaine lui aussi dominé par les hommes, était délibéré pour renforcer le message du film.
En 2024, le film a été diffusé gratuitement sur plusieurs plateformes à l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, atteignant plus de 2 millions de téléspectateurs. Tom Donahue a annoncé travailler sur une suite, centrée cette fois sur les femmes dans la musique et les jeux vidéo. Le film a inspiré la création d'un fonds de financement pour les réalisatrices émergentes, doté de 5 millions de dollars. Plusieurs studios (dont Warner Bros. et Disney) ont modifié leurs politiques de recrutement après avoir visionné le documentaire. Une version éducative du film, accompagnée d'un guide pédagogique, a été distribuée dans les écoles de cinéma aux États-Unis.
This Changes Everything (2018) - Un autre documentaire sur les inégalités de genre à Hollywood, avec des interviews similaires. Half the Picture (2018) - Réalisé par Amy Adrion, ce film explore aussi la sous-représentation des femmes réalisatrices. Miss Representation (2011) - Un classique qui analyse la représentation des femmes dans les médias, avec un angle complémentaire. Seeing Allred (2018) - Portrait de Gloria Allred, avocate emblématique des droits des femmes, qui apparaît aussi dans Tout Peut Changer.