Jocelyn est un homme d'affaires prospère, égoïste et dragueur invétéré, prêt à tout pour séduire de nouvelles femmes. À la suite d'un malentendu, il se retrouve assis dans un fauteuil roulant et décide de feindre un handicap pour s'attirer la sympathie d'une jeune et jolie voisine. Cependant, son plan machiavélique déraille complètement lorsque celle-ci lui présente sa sœur, Florence, elle-même clouée sur un fauteuil roulant à la suite d'un accident. Jocelyn s'enfonce alors dans son propre mensonge, tiraillé par des sentiments naissants et la peur panique de révéler sa véritable nature.
L'idée originelle de ce film a germé directement dans l'esprit de Franck Dubosc à la suite d'expériences personnelles et familiales liées à la perte d'autonomie. Le réalisateur a été profondément marqué par le vieillissement de ses propres parents, observant comment le regard des autres change face à la fragilité physique. Il a voulu aborder la question du handicap non pas sous un angle misérabiliste, mais à travers le prisme de la comédie romantique pour briser les tabous. Inspiré par le cinéma de Dino Risi et les grandes comédies à l'italienne, il a cherché à créer un personnage principal d'abord détestable qui s'humanise au contact de l'adversité. L'écriture du scénario a demandé plusieurs années de travail afin de trouver le ton juste, évitant soigneusement la moquerie pour privilégier l'autodérision.
La critique professionnelle a accueilli de manière étonnamment positive ce premier long-métrage en tant que réalisateur pour Franck Dubosc. De nombreux journalistes ont salué l'élégance de la mise en scène et la délicatesse avec laquelle le sujet du handicap est traité. La performance d'Alexandra Lamy a été unanimement encensée, apportant une force lumineuse et solaire à cette comédie. Les spécialistes ont été séduits par l'équilibre fragile mais réussi entre l'humour potache et l'émotion sincère.
Le public a réservé un accueil triomphal au film lors de sa sortie en salles, cumulant plus de deux millions d'entrées en France. Les spectateurs ont été touchés par la justesse des situations et la complicité évidente du duo principal à l'écran. Le bouche-à-oreille excellent a permis au film de se maintenir de nombreuses semaines en tête du box-office. Cette comédie a réussi le pari de rassembler toutes les générations autour d'un sujet pourtant complexe.
Bien que les comédies populaires soient rarement les favorites des cérémonies académiques, le film a remporté le Globe de Cristal de la meilleure comédie. Alexandra Lamy a également été distinguée pour son rôle, confirmant le statut d'œuvre marquante de l'année cinématographique. Ces distinctions ont légitimé les premiers pas de Dubosc derrière la caméra.
Le réalisateur a choisi de soigner particulièrement l'esthétique visuelle en s'inspirant des comédies romantiques anglo-saxonnes à la fois colorées et chaleureuses. Il tenait à ce que Paris soit filmé sous une lumière flatteuse pour renforcer le côté féerique de l'histoire d'amour.
L'une des plus grandes difficultés de production a été de chorégraphier les scènes sportives en fauteuil roulant, notamment le match de tennis, pour qu'elles soient réalistes. Alexandra Lamy s'est entraînée intensivement pendant des semaines avec des athlètes handisport pour maîtriser parfaitement le maniement du fauteuil.
Lors de la scène mémorable de la piscine à l'hôtel, le tournage a dû être interrompu à cause d'une météo capricieuse qui menaçait la sécurité des équipements électriques. Franck Dubosc a dû improviser des ajustements de texte dans l'eau froide pour optimiser le temps restant avant la tombée de la nuit.
Pour le rôle de la secrétaire complice, le casting s'est immédiatement tourné vers Elsa Zylberstein qui a proposé une composition originale et décalée. Son personnage apporte une touche de folie burlesque qui contrebalance parfaitement le cynisme de Jocelyn.
Le film explore en profondeur la thématique du regard d'autrui et les faux-semblants au sein des relations amoureuses contemporaines. Il dresse une satire fine du culte de la performance et de la virilité superficielle incarnée par le personnage de Jocelyn au début du récit. Au-delà de la romance, l'œuvre traite de la résilience à travers le handicap et de la capacité de l'être humain à s'émouvoir et à changer sa vision du monde.
La vérité finit inévitablement par éclater, provoquant une rupture douloureuse mais nécessaire entre les deux protagonistes. La fin voit Jocelyn faire amende honorable en acceptant enfin sa propre vulnérabilité pour reconquérir le cœur de Florence à armes égales. Le film se conclut sur une note d'espoir et d'égalité, symbolisant que l'amour véritable ne s'encombre pas des barrières physiques ou des mensonges du passé.
Le titre joue sur une ironie mordante et un double sens évident lié à la condition physique des personnages principaux. Au-delà du sens littéral impossible pour l'héroïne, il s'agit d'une métaphore incitant à se lever moralement, à faire preuve de courage et de dignité face aux épreuves de l'existence. C'est une invitation à l'élévation spirituelle et à l'honnêteté émotionnelle pour l'ensemble des protagonistes.
Le succès du film a été tel qu'il a fait l'objet de plusieurs remakes internationaux, notamment en Italie sous le titre Corro da te. Il reste aujourd'hui une valeur sûre des catalogues de streaming et des grilles de diffusion télévisuelle pour son message humaniste.
Intouchables, Me Before You, Camping, Le Biscorneau