En 2084, Douglas Quaid est un ouvrier obsédé par Mars. Pour assouvir son fantasme, il se rend chez Rekall, une société qui vend des souvenirs implantés. Il choisit une mémoire de vacances sur Mars en tant qu'agent secret. Mais la procédure dérape : Quaid serait réellement un agent dont la mémoire a été effacée. Traqué par des tueurs, il s'envole pour Mars afin de découvrir sa véritable identité et se retrouve au cœur d'une rébellion.
Le film est adapté de la nouvelle 'Souvenirs à vendre' de Philip K. Dick. Le projet a traîné pendant 10 ans en développement, passant entre les mains de David Cronenberg. Arnold Schwarzenegger, fan de la nouvelle, a convaincu Carolco de racheter les droits et a imposé Paul Verhoeven à la réalisation après RoboCop. L'idée de Verhoeven était de faire un film d'action ultra-violent et satirique, tout en gardant l'ambiguïté de Dick : tout le film est-il un rêve implanté chez Rekall ? L'inspiration venait de son envie de critiquer la société de consommation et le colonialisme.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie, le film est un triomphe critique. On salue l'intelligence du scénario, la mise en scène inventive de Verhoeven et les effets spéciaux révolutionnaires de Rob Bottin. Le mélange de violence graphique, d'humour noir et de réflexion philosophique est qualifié de génial. Quelques voix s'élèvent contre la violence excessive. Le film est vu comme le blockbuster intelligent par excellence, qui respecte le spectateur. Il obtient 82% sur Rotten Tomatoes. Réception du public : Énorme succès avec 261 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 65 millions. Le public adore le côté fun, les répliques de Schwarzenegger et les scènes d'anthologie comme la femme à trois seins. Il devient instantanément culte et reste l'un des films de SF les plus populaires des années 90. Il a lancé la carrière de Sharon Stone. Récompenses obtenues : Le film remporte l'Oscar des Meilleurs effets visuels et un Oscar spécial pour les effets visuels et sonores. Il est nommé pour le Meilleur son et le Meilleur montage sonore. Il gagne le Saturn Award du Meilleur film de science-fiction. La scène de l'œil qui sort de son orbite est restée dans toutes les mémoires.
Inspirations du réalisateur : Verhoeven s'est inspiré des peintures de Dalí pour les décors martiens et de sa propre expérience de la Seconde Guerre mondiale pour la violence. Il voulait que Mars ressemble à un tiers-monde exploité par les multinationales. Il a ajouté une grosse dose d'humour noir et de satire politique, absente de la nouvelle de Dick, pour critiquer l'impérialisme américain. Difficultés de production : Le tournage au Mexique a été éprouvant à cause de la chaleur et d'intoxications alimentaires qui ont touché toute l'équipe, sauf Schwarzenegger et Verhoeven. Les prothèses et les animatroniques de Rob Bottin étaient très complexes, notamment pour les mutants. Le budget a explosé, faisant du film l'un des plus chers de l'époque. La violence a failli lui valoir un classement X. Anecdote sur une scène particulière : La femme à trois seins a été créée avec une prothèse portée par l'actrice Lycia Naff. La scène de décompression sur Mars a utilisé des corps en latex qui gonflaient. La fameuse réplique 'Considère ça comme un divorce' a été improvisée par Schwarzenegger. Le scanner de l'aéroport montre Arnold avec un squelette, un effet très en avance sur son temps. Casting initialement prévu : Patrick Swayze et Richard Dreyfuss ont été envisagés pour Quaid avant que Schwarzenegger n'impose son choix. Pour Lori, Kim Basinger a refusé. Le rôle de Cohaagen a été écrit pour Ronny Cox après RoboCop. Le producteur voulait que le film soit plus familial, mais Verhoeven a tenu à son ton adulte.
Le film est une réflexion sur la réalité, la mémoire et l'identité. Quaid est-il un héros ou le rêve d'un ouvrier ? Verhoeven ne donne jamais la réponse. Il traite aussi du colonialisme : Mars est pillée pour son minerai et ses habitants mutants sont opprimés. La manipulation mentale par les corporations et le pouvoir est centrale. C'est une satire de la société de spectacle où même les souvenirs sont des produits. Le film pose la question : vaut-il mieux une vie rêvée parfaite qu'une réalité médiocre ?
Quaid active le réacteur alien qui libère de l'oxygène sur Mars, sauvant les mutants. Il tue Cohaagen qui est aspiré sur la surface. Il embrasse Melina sous le nouveau ciel bleu de Mars. La fin est volontairement ambiguë. Juste avant le baiser, l'écran devient blanc, comme si Quaid mourait d'une lobotomie ratée chez Rekall. Verhoeven a confirmé que les deux interprétations sont valables : soit c'est réel, soit tout le film depuis Rekall est le rêve qu'a acheté Quaid. Le spectateur choisit sa vérité.
'Total Recall' signifie 'Rappel Total'. C'est le nom du programme que Quaid achète chez Rekall pour se souvenir de vacances parfaites. Le titre est ironique car le héros veut au contraire retrouver la mémoire totale de sa vie réelle qu'on lui a volée. Il joue sur le double sens : rappel de mémoire et rappel d'un produit. C'est le rappel total d'une identité perdue.
La musique de Jerry Goldsmith est puissante et martiale. Le thème principal, avec ses cuivres et ses percussions, est devenu indissociable des films d'action des années 90. Goldsmith utilise des synthétiseurs pour donner un côté futuriste et étrange à Mars. La BO souligne la paranoïa et l'action avec une efficacité redoutable. Elle est considérée comme l'une des meilleures du compositeur.
Total Recall 2012, Blade Runner, RoboCop, Minority Report, Inception