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Total Recall, mémoires programmées

Total Recall, mémoires programmées

2012 États-Unis, Canada
Synopsis

En 2084, la Terre est ravagée et seuls deux territoires sont habitables : la Fédération Unie de Grande-Bretagne et la Colonie. Douglas Quaid, ouvrier ordinaire, est hanté par des rêves d'une autre vie. Il se rend chez Rekall, société qui implante de faux souvenirs, pour vivre des aventures d'agent secret. Mais l'intervention tourne mal et Quaid se retrouve traqué. Il découvre qu'il est peut-être réellement un espion dont la mémoire a été effacée.

Genèse du film

Ce film est un remake de Total Recall de Paul Verhoeven sorti en 1990, lui-même adapté de la nouvelle 'Souvenirs à vendre' de Philip K. Dick publiée en 1966. L'idée de Sony était de relancer la franchise avec une version plus réaliste et moins violente, ancrée dans notre monde plutôt que sur Mars. Len Wiseman, réalisateur d'Underworld, a été choisi pour son style visuel sombre et ses scènes d'action. L'inspiration était de se rapprocher de l'esprit paranoïaque de Philip K. Dick en supprimant l'aspect martien pour se concentrer sur la question : qu'est-ce qui est réel ? Le projet voulait surfer sur la mode des reboots des années 2010.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Le film est très mal reçu par la presse. Les critiques lui reprochent d'être un remake inutile, sans âme et bien moins subversif que la version de Verhoeven. Le manque d'humour, de gore et de second degré est pointé du doigt. Beaucoup jugent le film beau visuellement mais vide, avec un scénario qui simplifie les thèmes de Dick. Il est qualifié de blockbuster générique qui oublie de prendre des risques. La note moyenne tourne autour de 2/5. Réception du public : Le public boude le film. Avec 198 millions de dollars de recettes pour un budget de 125 millions, c'est un échec commercial. Les spectateurs qui aiment le film de 1990 rejettent cette version édulcorée. Ceux qui ne connaissent pas l'original le trouvent confus et oubliable. Colin Farrell n'arrive pas à faire oublier Arnold Schwarzenegger. Le film disparaît vite des mémoires. Récompenses obtenues : Le film n'a reçu aucune récompense majeure. Il est nommé aux Razzie Awards pour Pire prequel, remake ou suite. Il n'obtient qu'une nomination aux Saturn Awards pour les meilleurs effets spéciaux. Son seul mérite est d'avoir relancé l'intérêt pour le film de 1990.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Len Wiseman s'est inspiré de Blade Runner pour l'esthétique des deux cités surpeuplées et pluvieuses. Il voulait un futur crédible et tactile, pas de vaisseaux spatiaux. Il a supprimé Mars pour ancrer l'histoire sur Terre et rendre la paranoïa plus forte. Les scènes de poursuite sont inspirées de Minority Report pour les voitures magnétiques. Difficultés de production : Le tournage à Toronto a été gigantesque, avec des décors de plusieurs étages construits en studio. La scène de l'ascenseur orbital 'La Chute' a demandé des mois de préparation en effets visuels. Le film a subi de nombreuses coupes au montage pour obtenir un classement PG-13 et toucher un public plus large, ce qui a édulcoré la violence. La post-production a été une course contre la montre. Anecdote sur une scène particulière : La scène où Quaid traverse un scanner à rayons X avec des armes greffées dans son bras a demandé des semaines de travail en CGI. La course-poursuite en voitures magnétiques sur les autoroutes verticales est entièrement numérique. Kate Beckinsale, femme du réalisateur, a fait la plupart de ses cascades elle-même. Casting initialement prévu : Tom Hardy et Michael Fassbender ont été approchés pour le rôle de Quaid. Eva Mendes a refusé le rôle de Lori. Ethan Hawke fait un caméo qui a été coupé au montage mais est visible dans la version longue. Le rôle de Cohaagen a été proposé à Edward Norton avant Bryan Cranston.

Thèmes abordés

Comme la nouvelle de Philip K. Dick, le film interroge la nature de la réalité et de la mémoire. Si nos souvenirs peuvent être implantés, qu'est-ce qui définit notre identité ? Il parle aussi de la lutte des classes entre la Fédération riche et la Colonie exploitée, thème absent du premier film. La surveillance de masse, le contrôle de l'État et la manipulation des médias sont au cœur de l'intrigue. C'est une dystopie sur un futur où les rêves sont devenus un produit de consommation.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Quaid réussit à tuer Cohaagen et à arrêter La Chute, sauvant la Colonie. Blessé, il se réveille dans une ambulance avec Melina. Il remarque qu'il n'a pas de cicatrice sur la main, là où un symbole aurait dû être s'il sortait de Rekall. Il comprend qu'il est bien dans la réalité et embrasse Melina. La dernière image montre un gros plan sur son bras sans marque. Cependant, un plan très bref montre que la pub de Rekall clignote, laissant planer un doute : et si tout cela était encore le souvenir implanté qu'il a acheté ? Le film laisse la fin ouverte, fidèle à l'esprit de Dick.

Signification du titre

'Total Recall' signifie 'Rappel Total' ou 'Mémoire Totale'. Le titre fait référence à la société Rekall qui promet à ses clients un souvenir total de vacances qu'ils n'ont jamais vécues. Pour le héros, il prend un sens ironique : il cherche à retrouver la mémoire totale de sa vie passée, effacée. Le sous-titre français 'mémoires programmées' insiste sur l'idée que nos souvenirs peuvent être fabriqués et implantés comme un logiciel.

Films Similaires

Total Recall 1990, Minority Report, Blade Runner, Inception, Equilibrium