En 1915, Arturs, jeune Letton, fête ses dix-sept ans alors que les combats s'intensifient contre l'armée allemande du Kaiser, qui progresse sur les territoires du Tsar russe. Sa famille, qui vivait paisiblement dans une ferme de campagne, se retrouve brutalement rattrapée par la guerre. Le jeune homme s'engage aux côtés de son père, sergent à la retraite, et de son frère, pour défendre leur terre natale. Mais après avoir perdu sa mère et sa maison, Arturs découvre que la guerre est bien loin de l'idée héroïque qu'il s'en était faite.
Tireur d'élite adapte le roman autobiographique Dvēseļu putenis de l'écrivain letton Aleksandrs Grins, figure nationaliste convaincue qui sera déportée et fusillée par les Soviétiques en 1941. Le scénariste Boris Frumin transpose ce texte fondateur de la littérature lettone en un récit de guerre centré sur le destin d'un jeune soldat pris dans la tourmente de la Première Guerre mondiale. Le réalisateur Dzintars Dreibergs choisit de raconter cette page méconnue de l'histoire européenne à hauteur d'homme, à travers le regard d'un adolescent confronté à la violence des combats. Le film s'inscrit dans un mouvement plus large de reconquête mémorielle en Lettonie, cherchant à faire connaître au grand public la lutte des Lettons pour leur indépendance face à l'Allemagne, puis face au bloc soviétique. Cette double menace, allemande puis russe, structure une grande partie du propos historique du film. Le tournage, mené avec un budget conséquent pour une production balte, vise à proposer une reconstitution minutieuse des combats de tranchées de la Première Guerre mondiale.
Résumé des critiques professionnelles : Le film reçoit un accueil favorable, avec un score moyen de 63 % sur Metacritic, salué pour sa reconstitution historique et son ambition de raconter un pan méconnu de la Première Guerre mondiale. Plusieurs critiques apprécient le récit à hauteur d'homme, centré sur le parcours individuel d'Arturs plutôt que sur une vision stratégique du conflit. D'autres regrettent un scénario parfois confus dans sa dernière partie, ainsi qu'une intrigue familiale parallèle jugée un peu convenue. Le film est généralement considéré comme une belle fresque patriotique sur la naissance de l'État letton. Réception du public : Le public letton accueille le film avec un fort sentiment national, saluant la mise en lumière d'un épisode historique peu connu à l'international. Les spectateurs étrangers découvrent avec intérêt cette histoire de la lutte pour l'indépendance balte, tout en reconnaissant un rythme parfois inégal. Beaucoup soulignent la qualité des scènes de combat, jugées âpres et réalistes. Le film reste néanmoins une œuvre plus confidentielle en dehors des pays baltes. Récompenses obtenues : Tireur d'élite représente la Lettonie dans la course à l'Oscar du meilleur film international, une reconnaissance importante pour le cinéma letton contemporain.
Inspirations du réalisateur : Dzintars Dreibergs s'appuie sur le roman autobiographique d'Aleksandrs Grins, nationaliste letton déporté et fusillé par les Soviétiques en 1941, pour construire un récit fidèle à l'expérience vécue par les soldats de l'époque. Difficultés de production : Le tournage des scènes de tranchées et de combat impose à l'équipe une reconstitution minutieuse des conditions climatiques et matérielles de la Première Guerre mondiale sur le front balte. Anecdote sur une scène particulière : Le film existe également dans une version longue de près de deux heures, incluant des scènes supplémentaires absentes de la version cinéma initialement sortie en Lettonie.
Tireur d'élite explore la perte de l'innocence à travers le parcours d'un adolescent confronté trop tôt à la violence de la guerre. Le film aborde aussi la construction d'une identité nationale lettone, tiraillée entre la menace allemande et la menace soviétique naissante.
Le titre français s'éloigne de l'original letton Dvēseļu putenis, littéralement « la tempête des âmes », pour insister davantage sur le parcours individuel du jeune soldat Arturs au sein du conflit.
Les spectateurs ayant aimé ce film apprécient également 1917 de Sam Mendes, À l'Ouest rien de nouveau de Edward Berger, ainsi que Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, autres grands récits sur la Première Guerre mondiale.