Thor est prisonnier sur la planète Sakaar, un monde décadent dirigé par le tyrannique Grand Maître, et doit participer à des combats de gladiateurs. Il y retrouve son vieil ami Hulk, avec lequel il doit s'associer pour échapper à cette planète-prison. Pendant ce temps, Asgard est menacée par Hela, la déesse de la mort et sœur cachée d'Odin, qui cherche à conquérir les Neuf Royaumes. Thor doit empêcher le Ragnarok, la destruction prophétisée de son monde natal, en acceptant de le laisser périr pour sauver son peuple.
Le projet de ce troisième volet est né de la volonté de Marvel de renouveler totalement l'image de Thor, dont les deux premiers films étaient jugés trop classiques et sérieux. Le réalisateur Taika Waititi a été choisi pour son sens unique de l'humour décalé, observé dans ses précédentes œuvres indépendantes. L'inspiration principale vient des comics de la série "Planet Hulk", un arc narratif très apprécié des fans où le monstre vert est exilé sur une planète alien. Waititi a eu l'idée de mélanger cette esthétique de science-fiction rétro avec un humour très britannique, proche de celui des Monty Python. Le film n'est pas tiré d'un seul livre, mais puise allègrement dans la mythologie nordique pour la détourner avec une irrévérence totale. L'idée du Ragnarok a été prise au pied de la lettre par le scénariste, qui a décidé de détruire physiquement Asgard pour forcer le héros à évoluer. Le réalisateur s'est fortement inspiré des films de science-fiction des années 80, notamment "Flash Gordon", pour le design coloré et kitsch de la planète Sakaar. Il voulait casser les codes du super-héros traditionnel en en faisant une véritable comédie buddy-movie entre Thor et Hulk. Cette approche audacieuse a été validée par Marvel, qui cherchait à surprendre les spectateurs lassés par la formule classique de ses franchises.
Les critiques professionnelles ont été élogieuses, saluant le coup de fouet incroyable donné à la franchise Thor par le réalisateur Taika Waititi. Les journalistes ont adoré le ton résolument comique et coloré du film, qui tranche radicalement avec le sérieux sombre des autres productions Marvel. Beaucoup ont souligné la performance éclatante de Cate Blanchett, qui apporte une menace théâtrale et majestueuse en tant que déesse de la mort. La chimie inattendue entre Thor et Hulk a également été très appréciée, offrant des moments de pur plaisir comique. Le public a plébiscité le film, en faisant l'un des plus grands succès de la phase 3 du MCU au box-office mondial. Les spectateurs ont adoré la bande-son rock des années 70 et 80, qui donne au film une énergie festive inédite pour un blockbuster de super-héros. Le personnage de Korg, interprété par Waititi lui-même, est devenu un phénomène internet, générant d'innombrables mèmes et citations cultes. L'œuvre a attiré un nouveau public, plus jeune et plus féminin, grâce à son ton léger et son esthétique néon très accrocheuse. Le film a reçu une nomination aux Oscars pour les meilleurs effets visuels, une reconnaissance rare pour un film de super-héros dans cette catégorie stricte. Il a également remporté plusieurs prix publics, notamment le People's Choice Award du film préféré des spectateurs. Bien qu'il n'ait pas gagné de césars ou de baftas, il est régulièrement cité dans les tops des meilleurs films Marvel par les magazines spécialisés.
Taika Waititi s'est inspiré des affiches de wrestling des années 80 pour concevoir l'apparence visuelle des combats de gladiateurs sur Sakaar. Il a regardé de nombreux animes japonais pour trouver des idées sur la façon de filmer des combats aériens de manière dynamique et fluide. Le réalisateur voulait que le film ressemble à une fête foraine intergalactique, d'où l'utilisation massive de couleurs néon vives dans les décors. Cette approche très pop a permis de créer un univers visuel immédiatement reconnaissable et très différent des autres planètes du MCU. Le tournage a été marqué par une immense liberté d'improvisation laissée aux acteurs, particulièrement à Chris Hemsworth et Jeff Goldblum. Cette méthode de travail a parfois frôlé le chaos sur le plateau, obligeant les scénaristes à réécrire des scènes la nuit pour intégrer les meilleures blagues. La création du personnage de Korg a été un défi technique, car Waititi devait le jouer en capture de mouvement tout en improvisant ses répliques. L'équipe devait souvent refaire les effets numériques car le réalisateur changeait les dialogues au dernier moment. L'anecdote la plus célèbre concerne la scène où Thor appelle à l'aide en invoquant les légendes d'Asgard, un discours complètement improvisé en une seule prise par l'acteur. Les cascades de la bataille finale ont été complexes à organiser car elles impliquaient des dizaines d'acteurs et des effets pyrotechniques massifs. La scène où Thor se retrouve nu dans une cage a nécessité beaucoup de diplomatie avec les services de censure pour être conservée au montage final. Le casting de Cate Blanchett a été un coup de chance, l'actrice ayant accepté le rôle de méchante de super-héros par pur désir de jouer avec des épées géantes. Le rôle de Valkyrie a été écrit spécifiquement pour Tessa Thompson après que Waititi l'ait vue dans d'autres productions, trouvant en elle l'attitude parfaite. Mark Ruffalo a dû réapprendre à interpréter Hulk de manière plus parlante, s'inspirant de son propre jeune fils pour le côté enfant terrible du personnage.
Le film aborde de manière très légère le thème de la fin d'un monde et de l'acceptation du changement inéluctable. Thor doit comprendre qu'Asgard n'est pas un lieu physique, mais son peuple, renversant sa vision traditionnelle du pouvoir et du patriotisme. La notion d'héritage toxique est centrale, Hela représentant les crimes coloniaux cachés que le père d'Odin a commis pour bâtir son empire. L'œuvre interroge l'identité masculine, Thor perdant son marteau et ses longs cheveux pour apprendre à se fier à sa propre essence plutôt qu'à des artefacts. L'amitié et la rivalité fraternelle entre Thor et Loki évoluent vers une maturité nouvelle, les deux frères acceptant enfin leurs défauts respectifs. Le thème de l'esclavage et de la révolution est abordé à travers la planète Sakaar, où les vaincus sont exploités pour le divertissement des riches. Le film célèbre aussi la force des femmes guerrières, avec l'introduction de Valkyrie et la puissance absolue de Hela. La notion de prophétie auto-réalisatrice est tournée en dérision, Thor décidant de brûler le destin plutôt que de le suivre aveuglément. Enfin, l'humour est traité comme une arme de survie face au déclin et à la destruction, une philosophie très maorie que Waititi a insufflée au héros.
Constatant qu'il est impossible de vaincre Hela tant qu'elle puise sa force dans le royaume d'Asgard, Thor prend une décision radicale. Il déclenche volontairement le Ragnarok en ordonnant à Surtur de détruire la planète et la déesse de la mort avec elle. Les citoyens d'Asgard s'enfuent à bord d'un vaisseau géant, sauvant ainsi leur peuple au prix de la perte de leur maison historique. Thor accepte pleinement son nouveau rôle de roi sans couronne, comprenant que le vrai pouvoir réside dans la protection de son peuple et non dans les murs d'une ville. La scène finale montre les survivants en route vers la Terre, discutant de leur avenir incertain avec un optimisme naïf mais touchant. Cependant, juste avant le générique, leur vaisseau est intercepté par un immense vaisseau spatial, laissant planer une menace imminente. Ce cliffhanger final relie directement le film aux événements de "Avengers : Infinity War", annonçant des temps encore plus sombres. La fin boucle l'arc du personnage de Thor, qui a appris à se détacher du passé pour regarder vers l'avenir de sa communauté. Le sacrifice d'Asgard n'est pas vécu comme une défaite, mais comme une renaissance nécessaire pour purger l'empire de ses péchés passés. Le spectateur est laissé avec un sentiment de victoire joyeuse teintée d'anticipation angoissée pour la suite des événements.
Le titre "Thor : Ragnarok" reprend directement le nom de la prophétie mythologique nordique qui annonce la fin du monde et la mort des dieux. Dans la mythologie, le Ragnarok est une série d'événements catastrophiques incluant des batailles titanesques, des inondations et la destruction de l'univers. Le film s'empare de ce concept apocalyptique pour le traiter non pas comme une tragédie inéluctable, mais comme un changement nécessaire. Le mot "Ragnarok" sonne de manière épique et sombre, créant un contraste amusant avec le ton très léger et coloré choisi par le réalisateur. Il annonce au spectateur que les enjeux de ce troisième volet sont sans commune mesure avec les intrigues locales des précédents films. Ce titre impose une urgence narrative, le compte à rebours de la fin du monde donnant un rythme frénétique au récit. L'utilisation du terme nordique authentique ancre le film dans ses racines mythologiques, même si le traitement est résolument pop et moderne. En outre, le Ragnarok agit comme un outil scénaristique parfait pour forcer le héros à tout perdre et à se réinventer en profondeur. C'est un titre à la fois magnifique et terrifiant, qui promet un spectacle de destruction grandiose.
La bande originale du film se distingue radicalement des autres productions Marvel par son utilisation massive de morceaux de rock classique des années 70 et 80. Le titre "Immigrant Song" de Led Zeppelin ponctue les moments d'action d'une énergie brutale et mythique qui colle parfaitement à la personnalité de Thor. Le compositeur Mark Mothersbaugh a créé des thèmes électroniques rétro-futuristes pour la planète Sakaar, rappelant l'esthétique kitsch des vieux films de science-fiction. Cette musique acidulée et rythmée accompagne la réinvention du personnage principal, l'éloignant des orchestrations classiques habituelles des films de super-héros. L'utilisation de "Sweet Child O' Mine" de Guns N' Roses lors de l'entrée de Hela est devenue un moment culte, alliant la puissance visuelle de la déesse à l'iconique riff de guitare. Cette bande originale est une véritable invitation à la fête qui donne au film son identité si singulière et entraînante.