Le gouvernement américain recrute à nouveau une équipe de criminels surpuissants, la Task Force X, pour mener une mission secrète et périlleuse sur l'île fictive de Corto Maltese. Sous la houlette impitoyable d'Amanda Waller, les mercenaires forcés doivent détruire un laboratoire scientifique abritant une expérience extraterrestre dangereuse. Entre trahisons internes, morts brutales et improbable esprit d'équipe, le groupe hétéroclite doit apprendre à collaborer pour survivre. Le film mêle action débridée, humour noir et véritable propos politique sur l'impérialisme américain.
Après un premier "Suicide Squad" sorti en 2016 largement critiqué, Warner Bros a proposé à James Gunn, alors récemment écarté de Marvel Studios après une polémique sur d'anciens tweets, de reprendre en main la franchise avec une liberté créative quasi totale. Gunn a choisi de repartir sur des bases largement renouvelées plutôt que de proposer une suite classique, mêlant reboot et continuité selon les personnages conservés. Il s'est inspiré de son goût prononcé pour les comics les plus obscurs et les personnages secondaires de l'univers DC pour construire une équipe volontairement absurde et attachante. Le ton résolument plus violent et satirique du film devait tranchée avec le premier volet, en assumant une classification adulte inédite pour ce type de production de super-héros.
La critique a largement salué le film comme une réussite totale, saluant l'énergie visuelle de James Gunn, son humour noir assumé et sa capacité à équilibrer action spectaculaire et véritable émotion pour des personnages secondaires. Beaucoup ont considéré ce volet comme largement supérieur au premier "Suicide Squad", certains le comptant parmi les meilleures adaptations de comics de son époque.
Le public s'est montré enthousiaste face à l'audace et à la liberté créative du film, appréciant particulièrement son refus des conventions habituelles du genre super-héroïque, notamment à travers des morts de personnages inattendues. Le film a toutefois connu une performance commerciale décevante en salle, en partie attribuée à sa sortie simultanée en streaming durant la pandémie.
Le film a été salué dans plusieurs cérémonies dédiées au cinéma de genre et aux effets spéciaux, sans toutefois s'imposer dans les grandes catégories des récompenses les plus prestigieuses, restant avant tout un succès critique et culte plutôt qu'institutionnel.
James Gunn s'est inspiré de son expérience acquise sur la franchise "Les Gardiens de la Galaxie" pour construire une dynamique de groupe attachante malgré des personnages aux méthodes brutales, cherchant un équilibre similaire entre comédie et émotion sincère.
La production a dû composer avec les contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, complexifiant considérablement le tournage des nombreuses scènes d'action impliquant un grand nombre de figurants.
La création du personnage de King Shark, entièrement numérique, a nécessité un travail d'animation particulièrement poussé afin de lui conférer une gestuelle à la fois menaçante et comique, en cohérence avec le ton général du film.
Idris Elba a rejoint le casting après le désistement de Will Smith, initialement pressenti pour reprendre son rôle du premier film, obligeant l'équipe scénaristique à adapter le personnage de Bloodsport spécifiquement pour l'acteur.
Le film aborde frontalement la critique de l'impérialisme américain et des ingérences militaires étrangères, à travers l'intrigue se déroulant sur l'île fictive de Corto Maltese. Il explore également la rédemption improbable de personnages considérés comme irrécupérables par la société, qui trouvent malgré tout une forme de sens à travers leur sacrifice collectif. La loyauté et l'esprit d'équipe, construits dans l'urgence entre des individus que tout oppose, constituent un fil conducteur émotionnel central. Le film questionne aussi la manipulation exercée par les institutions étatiques sur des individus vulnérables, incarnée par le personnage impitoyable d'Amanda Waller. L'humour noir et l'absurde y servent enfin de vecteur à une critique sociale plus profonde sur la valeur accordée à certaines vies humaines.
Le film se conclut par la défaite de Starro, l'entité extraterrestre géante contrôlant les esprits, grâce à l'action combinée des membres survivants de la Task Force X, chacun mettant à profit ses compétences uniques dans un dernier assaut collectif. Bloodsport parvient à vaincre la créature en exploitant sa faiblesse organique, tandis que Ratcatcher 2 sauve la situation grâce à son armée de rats dressés, symbolisant la victoire de l'ingéniosité collective sur la force brute. Amanda Waller, trahie par ses propres subordonnés désireux d'épargner la population civile plutôt que de dissimuler la vérité, est neutralisée, illustrant le retournement moral du groupe contre l'institution qui les manipulait. Cette conclusion offre une rédemption inattendue à plusieurs personnages initialement présentés comme de simples criminels, certains d'entre eux obtenant leur liberté en récompense de leur sacrifice.
Le titre "The Suicide Squad", très proche de celui du premier film, reprend le nom donné en interne à la Task Force X en raison du taux de mortalité extrêmement élevé des missions qui lui sont confiées, les criminels enrôlés étant considérés comme sacrifiables par les autorités qui les envoient au front.
La musique composée par John Murphy, accompagnée d'une sélection éclectique de titres rock et punk, participe pleinement à l'énergie décomplexée et chaotique du film, renforçant son identité sonore résolument différente des productions de super-héros plus conventionnelles.
Le succès critique du film a conduit James Gunn à développer la série dérivée "Peacemaker" centrée sur le personnage incarné par John Cena, avant que le cinéaste ne prenne en 2022 la direction créative de l'ensemble de l'univers cinématographique DC.
Suicide Squad (2016), Les Gardiens de la Galaxie (2014), Deadpool (2016), Peacemaker (série télévisée, 2022)