Sutter est un lycéen charismatique, fêtard et populaire qui vit exclusivement dans le moment présent, dissimulant ses fêlures derrière une consommation excessive d'alcool. Après une rupture douloureuse avec sa petite amie, il se réveille un matin ivre mort sur la pelouse d'Aimee, une camarade de classe timide et effacée. Tout oppose ce séducteur superficiel à cette jeune fille sérieuse passionnée de bandes dessinées et tournée vers l'avenir. Contre toute attente, leur rencontre fortuite va bouleverser leurs certitudes et les forcer à affronter les traumatismes de leur vie familiale.
Le projet est l'adaptation cinématographique du roman à succès de Tim Tharp publié en 2008. L'idée originelle des scénaristes Scott Neustadter et Michael H. Weber était de retrouver la sincérité émotionnelle des grands drames adolescents des années quatre-vingt sans succomber aux clichés modernes. Le réalisateur James Ponsoldt a eu l'inspiration en voulant traiter de front un sujet tabou chez les jeunes : l'alcoolisme mondain au lycée utilisé comme béquille émotionnelle. La production a veillé à ancrer l'histoire dans un cadre réaliste de la classe moyenne américaine en Géorgie. Le metteur en scène a conçu le film comme un portrait honnête et sans fard du passage délicat vers l'âge adulte.
La presse professionnelle internationale a réservé un accueil dithyrambique à cette comédie dramatique lors de sa présentation au Festival de Sundance. Les critiques ont encensé la délicatesse de la mise en scène et la performance d'un réalisme désarmant du duo Miles Teller et Shailene Woodley. De nombreux journalistes ont loué l'absence de cynisme du script qui traite l'adolescence avec une gravité et une dignité rares à Hollywood. Du côté des spectateurs, les retours ont été extrêmement positifs, le public saluant la justesse émotionnelle et l'authenticité touchante de cette histoire d'amour. Le long-métrage est rapidement devenu un chouchou du cinéma indépendant et a remporté le Prix spécial du jury pour l'interprétation à Sundance.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré du style visuel épuré et intime du film « Un monde sans pitié » pour filmer ses protagonistes au plus près de leurs visages. Le tournage s'est déroulé entièrement en décors naturels dans la ville d'Athens pour capter l'atmosphère réelle du Sud des États-Unis. Une anecdote raconte que James Ponsoldt a interdit aux comédiens de porter du maquillage lourd pour préserver les imperfections de leur peau et renforcer le réalisme à l'écran. Les scènes de fête ont été tournées avec de vrais lycéens de la région pour une immersion totale. Concernant le casting initialement prévu, d'autres jeunes visages de séries télévisées avaient été pressentis avant que l'alchimie évidente de Teller et Woodley ne s'impose.
Le film aborde avec sensibilité l'alcoolisme chez les adolescents, la peur panique de l'avenir et le poids de l'absence parentale. Il explore également le premier amour thérapeutique, la reconstruction personnelle à travers l'autre et la nécessité de guérir de ses traumatismes d'enfance pour avancer.
La fin du film évite le happy end hollywoodien facile en proposant une conclusion ouverte empreinte de maturité. Après avoir pris conscience de son comportement autodestructeur hérité de son père, Sutter décide de se prendre en main et se rend à l'université d'Aimee pour s'excuser. La toute dernière séquence montre un échange de regards complexe entre les deux héros, laissant planer l'espoir d'une réconciliation basée sur une base saine.
Le titre original fait référence à la philosophie initiale du héros qui ne jure que par le présent spectaculaire pour masquer son angoisse face aux responsabilités futures.
Le film est aujourd'hui considéré comme l'un des plus beaux portraits de la jeunesse américaine des années deux mille dix et a lancé définitivement la carrière de ses deux interprètes principaux.
On peut rapprocher ce long-métrage de drames indépendants sur la jeunesse comme « Le Monde de Charlie » ou « Le Temps d'un automne » pour sa force émotionnelle.