Été 1982, dans l'Espagne post-franquiste en pleine agitation autour de la Coupe du monde de football qui se déroule dans le pays. Andrés Expósito, jeune policier endurci par les quartiers difficiles de Madrid, accepte un poste dans un petit village côtier de la Costa Blanca, espérant y trouver une existence plus paisible et améliorer la santé fragile de sa fille. Il se retrouve rapidement impliqué dans l'enquête sur la mort suspecte de l'inspecteur qu'il est venu remplacer, officiellement décédé d'une overdose d'héroïne. Ses investigations le mènent vers une communauté d'anciens nazis vivant une retraite paisible et prospère sur la côte méditerranéenne, révélant les liens troubles entre passé fasciste et présent encore corrompu de l'Espagne de la transition démocratique.
The Replacement, dont le titre original espagnol est El sustituto, s'inspire de faits réels concernant la présence avérée d'anciens nazis ayant trouvé refuge sur la côte méditerranéenne espagnole après la Seconde Guerre mondiale. Le réalisateur Óscar Aibar, né à Barcelone en 1967, a coécrit le scénario avec María Luisa Calderón en s'appuyant sur ces éléments historiques réels, notamment l'exemple célèbre du commando SS Otto Skorzeny, qui a effectivement mené une existence prospère en Espagne après la guerre. Aibar, habitué à explorer le passé récent espagnol dans ses films précédents, a expliqué en interview qu'il aurait pu tirer quatre films différents de la matière rassemblée pour ce projet unique, tant la documentation sur les réseaux nazis en Espagne s'est révélée riche. Le réalisateur a choisi de situer son intrigue en 1982, année charnière marquant à la fois la Coupe du monde de football organisée en Espagne et les élections législatives destinées à achever la transition démocratique du pays après des décennies de dictature franquiste.
La critique s'est montrée partagée, saluant la qualité technique de la production et la musique évocatrice de Manuel Roland, tout en regrettant que le film ne pousse pas plus loin son analyse de la persistance de cellules pro-nazies en Europe. Plusieurs observateurs ont noté que le scénario souffrait de certaines maladresses, notamment dans la caractérisation du personnage principal jugé parfois trop naïf face aux enjeux qui le dépassent. Le film a néanmoins été salué pour son exploration originale d'un pan méconnu de l'histoire espagnole récente, offrant une plongée intéressante dans l'Espagne des années 1980 encore marquée par les séquelles du franquisme. Le public s'est montré globalement satisfait de ce thriller d'atmosphère, appréciant la reconstitution soignée de l'Espagne du début des années 1980 et les performances solides du trio d'acteurs principaux. Certains spectateurs ont toutefois exprimé leur frustration face à un dénouement jugé insatisfaisant au regard des enjeux soulevés par l'intrigue.
Óscar Aibar s'est inspiré de faits historiques réels concernant la présence avérée de nombreux anciens nazis ayant trouvé refuge sur la côte méditerranéenne espagnole après la Seconde Guerre mondiale, notamment le cas célèbre du commando SS Otto Skorzeny. Le réalisateur a expliqué en interview qu'il aurait pu tirer quatre films distincts de la documentation rassemblée sur les réseaux nazis en Espagne, tant la matière historique disponible s'est révélée riche et complexe pour ce projet. Le tournage s'est déroulé dans le cadre d'une coproduction hispano-belge, nécessitant une reconstitution soignée de l'Espagne du début des années 1980, entre l'effervescence de la Coupe du monde de football et les tensions politiques de la transition démocratique.
The Replacement explore la persistance de réseaux fascistes en Europe bien après la chute officielle des régimes nazis, révélant comment d'anciens criminels de guerre ont pu mener des existences paisibles et prospères loin de toute justice. Le film interroge également la transition démocratique espagnole et ses zones d'ombre, suggérant que le passage de la dictature franquiste à la démocratie n'a pas nécessairement soldé tous les comptes du passé. La quête personnelle du personnage principal, cherchant à améliorer la santé de sa fille et à s'éloigner de la violence urbaine, traverse tout le récit comme un contrepoint intime à l'intrigue historique plus large. Le long-métrage aborde enfin la corruption institutionnelle, suggérant que certaines autorités locales ont pu fermer les yeux sur la présence de ces communautés d'anciens nazis pour des raisons économiques ou politiques.
Au terme de son enquête, Andrés découvre l'ampleur du réseau protégeant les anciens nazis installés sur la côte, une révélation qui le confronte à des enjeux politiques et historiques dépassant largement le cadre de sa mission initiale de simple remplaçant. Le dénouement, jugé insatisfaisant par une partie du public, laisse plusieurs zones d'ombre sur le sort réservé aux responsables de cette communauté protégée, suggérant que la justice ne triomphe pas nécessairement de manière éclatante face à des réseaux aussi bien installés. Cette conclusion en demi-teinte reflète le propos plus large du film sur la difficulté de l'Espagne post-franquiste à véritablement solder les comptes de son passé le plus sombre. Le film se termine ainsi sur un sentiment d'impuissance face à la persistance de ces réseaux occultes, plutôt que sur une résolution héroïque et définitive de l'enquête.
Le titre The Replacement, traduction du titre original espagnol El sustituto, fait directement référence au poste que vient occuper le personnage principal, Andrés, appelé à remplacer l'inspecteur précédent retrouvé mort dans des circonstances troubles. Ce titre évoque également, de manière plus symbolique, l'idée d'une substitution plus large entre l'ancien régime franquiste et la nouvelle démocratie espagnole naissante, une transition qui n'efface pas nécessairement tous les vestiges du passé. Le terme souligne ainsi la dimension à la fois littérale et métaphorique du récit, entre remplacement professionnel individuel et transition politique nationale encore incomplète.
The Replacement continue d'être régulièrement cité dans les analyses consacrées au cinéma espagnol contemporain traitant de la mémoire historique et des zones d'ombre persistantes de la transition démocratique du pays.
Les amateurs de ce type de thriller historique pourront se tourner vers Les Garçons du Brésil pour son exploration similaire de réseaux nazis actifs après la guerre, ou vers L'Odessa File pour son ambiance comparable de traque de criminels de guerre dissimulés dans la société contemporaine.