Elroy Jackson Jr., jeune homme du sud rural des États-Unis habitué à conduire des chargements de whisky de contrebande pour son père, voit sa vie basculer lorsque celui-ci est arrêté et emprisonné. Pour réunir l'argent nécessaire à sa défense, Elroy se lance dans les courses de démolition puis dans les circuits de stock-car, où son talent naturel de pilote impressionne rapidement. Son ascension fulgurante dans le monde naissant du NASCAR le confronte cependant aux exigences des sponsors et à la perte progressive de son indépendance. Son parcours interroge le prix réel du succès et de la célébrité.
Le film s'inspire de l'essai de Tom Wolfe intitulé The Last American Hero Is Junior Johnson. Yes!, publié en 1965 dans le magazine Esquire, qui retraçait le parcours réel de Junior Johnson, ancien contrebandier de whisky devenu pilote pionnier du NASCAR. Le réalisateur Lamont Johnson souhaitait porter à l'écran cette figure emblématique de l'Amérique rurale du Sud, incarnant à la fois la débrouillardise populaire et la naissance du sport automobile moderne. L'idée de fictionnaliser légèrement l'histoire, en renommant le personnage principal Junior Jackson, permettait une plus grande liberté narrative tout en conservant l'esprit du texte original de Wolfe. Le projet voulait avant tout capturer l'authenticité et la rudesse du monde de la contrebande et des débuts de la course automobile américaine.
La critique de l'époque salue la performance habitée de Jeff Bridges ainsi que l'authenticité de la reconstitution du monde des débuts du NASCAR, loin de tout glamour hollywoodien. Le film obtient notamment une critique élogieuse de Pauline Kael, célèbre critique du New Yorker, qui salue sa vision nuancée de la réussite américaine. Le film reste aujourd'hui considéré comme un classique méconnu du cinéma américain des années 1970. Le public réserve un accueil plus modeste au film à sa sortie, qui ne rencontre pas le succès commercial escompté malgré des critiques globalement favorables. Il gagne cependant au fil des décennies une réputation de film culte auprès des amateurs de courses automobiles et de cinéma américain des années 1970. La chanson-thème du film contribue largement à sa popularité durable. Le film n'a pas obtenu de récompenses cinématographiques majeures lors de sa sortie.
Lamont Johnson s'est directement inspiré du texte original de Tom Wolfe, réputé pour son style journalistique immersif, pour donner au film une authenticité documentaire rare pour l'époque sur le monde de la course automobile rurale. Le tournage sur de véritables circuits de stock-car et de démolition derby a nécessité une coordination technique importante pour capter au plus près l'énergie brute des courses, avec de nombreuses scènes filmées lors de véritables compétitions. La reconstitution de l'Amérique rurale du Sud des années 1960, entre distilleries clandestines et petites routes de campagne, a également demandé une attention particulière aux détails. La chanson-thème du film, I've Got a Name interprétée par Jim Croce, est devenue un succès radiophonique indépendant du film, contribuant largement à sa notoriété durable.
Le film explore le rêve américain et son ambivalence, à travers l'ascension d'un jeune homme du Sud rural vers la célébrité et la richesse. Il aborde également la perte d'indépendance et d'authenticité face aux exigences commerciales du sport professionnel naissant. La loyauté familiale et le prix à payer pour la réussite individuelle traversent également tout le récit.
Après avoir gravi les échelons du circuit de stock-car, Junior Jackson devient une figure reconnue du NASCAR naissant, mais réalise que son succès s'accompagne d'une perte progressive de la liberté et de l'authenticité qui le caractérisaient à ses débuts. Le film se termine sur cette réussite en demi-teinte, laissant entrevoir la tension permanente entre l'ambition personnelle et la fidélité à ses racines populaires.
Le titre reprend directement celui de l'essai original de Tom Wolfe, désignant ironiquement Junior Johnson comme le dernier véritable héros américain, incarnation d'une Amérique populaire et débrouillarde progressivement supplantée par la modernité commerciale du sport professionnel.
La chanson-thème du film, I've Got a Name interprétée par Jim Croce, connaît un grand succès commercial indépendant et reste aujourd'hui étroitement associée à l'identité du film.
Les amateurs de ce film pourront se tourner vers Jours de tonnerre avec Tom Cruise pour son traitement plus moderne du sport automobile, ou vers White Lightning avec Burt Reynolds pour son évocation similaire de la contrebande de whisky dans le Sud des États-Unis.