Richard Kuklinski est un homme de famille aimant dans le New Jersey des années 60. En secret, il est aussi un tueur à gages glacial qui travaille pour la mafia. Surnommé 'The Iceman' pour sa méthode de congélation des corps, il mène une double vie pendant plus de 20 ans. Ni sa femme ni ses filles ne se doutent de rien. Mais son incapacité à gérer sa colère et sa paranoïa grandissante vont mettre en danger tout ce qu'il a construit. Il aurait tué plus de 100 personnes.
Le film est adapté du livre 'The Iceman: The True Story of a Cold-Blooded Killer' d'Anthony Bruno et des interviews HBO de Richard Kuklinski. L'histoire vraie de ce tueur à gages de la mafia fascine Ariel Vromen depuis des années. L'idée originelle était de faire un portrait psychologique, pas un film de gangsters glamour. L'inspiration venait de la dualité de Kuklinski : un père de famille doux et un monstre de sang-froid. Vromen voulait comprendre comment un homme peut compartimenter sa vie à ce point. Le projet a mis 10 ans à se monter car le sujet était sombre.
Résumé des critiques professionnelles : Le film reçoit des critiques très positives, surtout pour la performance habitée de Michael Shannon. La presse salue la mise en scène sobre et glaçante de Vromen qui évite le sensationnalisme. Le film est comparé à De Niro dans Les Affranchis pour son intensité. On loue sa reconstitution des années 60-70 et son casting secondaire. Le seul reproche est un scénario parfois trop classique qui ne creuse pas assez la psychologie. Il obtient 67% sur Rotten Tomatoes. Il est vu comme un grand film de tueur en série méconnu. Réception du public : Sorti dans peu de salles, le film fait seulement 4,5 millions de dollars de recettes. C'est un échec commercial. Le public grand public boude ce film dur et sans héros. Mais il devient culte en VOD et auprès des amateurs de films de gangsters. La performance de Shannon est saluée comme une des meilleures de sa carrière. Le bouche-à-oreille est excellent chez les cinéphiles. Récompenses obtenues : Le film n'a eu aucune nomination aux Oscars. Il remporte le Prix du Jury au Festival de Turin. Michael Shannon est nommé au Fangoria Chainsaw Award du Meilleur acteur. Le film est surtout reconnu dans les festivals de films indépendants. Sa plus grande récompense est d'être devenu un film de référence sur les tueurs à gages, étudié pour son réalisme.
Inspirations du réalisateur : Vromen s'est inspiré de Taxi Driver pour filmer la solitude et la rage rentrée de Kuklinski. Il a regardé les 6 heures d'interviews HBO du vrai tueur pour capter sa gestuelle et sa voix. Il ne voulait pas de musique pour garder un aspect sec et documentaire. L'influence de Zodiac de Fincher est là pour l'ambiance des années 70. Difficultés de production : Le budget était minuscule, 10 millions. Il a fallu ruser pour recréer 20 ans d'époque. Michael Shannon a perdu 15 kilos pour le rôle et a travaillé sa voix pour ressembler à Kuklinski. L'acteur a dit que c'était le rôle le plus sombre de sa carrière et qu'il faisait des cauchemars. Tourner les scènes de meurtre de façon réaliste a été éprouvant pour l'équipe. Anecdote sur une scène particulière : La scène où Kuklinski tue le sans-abri pour tester si le cyanure marche a été jugée si dure qu'elle a failli être coupée. Winona Ryder, qui joue sa femme, n'a jamais rencontré Shannon hors plateau pour garder la distance de son personnage qui ne sait rien. La scène où il congèle le corps a été faite avec un vrai frigo industriel. Casting initialement prévu : James Franco a longtemps été attaché au projet pour jouer Kuklinski jeune. Mickey Rourke devait jouer le rôle de Roy Demeo mais s'est désisté. Pour la femme, Maggie Gyllenhaal a refusé. Ray Liotta, habitué des films de mafia, joue le patron de Kuklinski. David Schwimmer joue un rôle à contre-emploi de tueur sadique.
Le film est une étude sur la psychopathie et la compartimentation. Comment un homme peut-il être un père aimant et un tueur de sang-froid ? Il traite de la double vie et du mensonge comme mode de survie. C'est une réflexion sur la banalité du mal : Kuklinski n'est pas un monstre, il est votre voisin. Le film aborde la famille et ce qu'on est prêt à faire pour la protéger. Il parle aussi de la colère et de la violence héritée de l'enfance. C'est une plongée dans l'Amérique des années 60-80 et la mafia du New Jersey.
Arrêté grâce au témoignage d'un complice, Kuklinski est condamné à 240 ans de prison. Il n'avoue jamais ses meurtres à sa femme pour la protéger. En prison, il se confie à un psychiatre. Quand on lui demande s'il regrette, il dit que le seul regret est d'avoir fait du mal à sa famille. Il meurt en prison en 2006. La dernière scène montre sa femme et ses filles qui ont changé de nom et vivent cachées. La fin montre que le mensonge a détruit sa vie et celle de sa famille. Le 'Iceman' a fondu, il ne reste que l'homme seul.
'The Iceman' était le surnom donné à Richard Kuklinski par la mafia et la police. Il vient de sa méthode : il congelait ses victimes pendant des années pour brouiller la date de la mort. Le titre fait aussi référence à son sang-froid, son absence totale d'émotion quand il tue. C'est un homme de glace, sans remords. Le titre glace le sang et annonce un personnage monolithique et impénétrable.
Les Affranchis, A History of Violence, Zodiac, Nightcrawler, The Killer Inside Me