Quan est un restaurateur d'origine vietnamienne vivant à Londres dont la fille unique est tuée dans un attentat revendiqué par un groupe dissident de l'IRA. Lorsque la police et le gouvernement semblent incapables ou peu désireux d'identifier les coupables, cet homme apparemment ordinaire décide de mener sa propre enquête — révélant peu à peu qu'il est loin d'être l'homme ordinaire qu'il paraît être. Un thriller politique et d'action qui offre à Jackie Chan l'un de ses rôles dramatiques les plus forts, à mille lieues de ses habituelles acrobaties.
Genèse du film
The Foreigner est adapté du roman The Chinaman de Stephen Leather, publié en 1992, qui plongeait déjà dans les méandres du terrorisme irlandais et de la politique britannique. Martin Campbell, réalisateur qui avait signé deux des meilleurs James Bond de la saga — GoldenEye (1995) et Casino Royale (2006) — est choisi pour mettre en scène ce thriller politique qui doit autant au film d'espionnage qu'au film de vengeance. Le choix de Jackie Chan dans le rôle principal est la décision la plus audacieuse du film : l'acteur hongkongais, symbole international de la comédie d'action acrobatique depuis quarante ans, s'engage ici dans un registre résolument dramatique, jouant un père en deuil à la détermination froide et à la violence économe. Pierce Brosnan incarne le politicien irlandais dont les secrets passés refont surface, un rôle complexe qui lui permet lui aussi de sortir de ses habitudes.
Résumé des critiques professionnelles : The Foreigner reçoit un accueil critique très positif, les journalistes saluant la transformation de Jackie Chan en acteur dramatique de premier plan et la qualité du film de thriller politique que Martin Campbell signe là. La performance de Chan est unanimement citée comme une révélation — ou une confirmation pour ceux qui l'avaient déjà vu dans des registres plus sérieux — et Pierce Brosnan est loué pour la complexité qu'il apporte à son personnage ambigu.
Réception du public : Le film réalise un succès commercial très satisfaisant, récoltant plus de 145 millions de dollars au box-office mondial. Le public international, notamment en Chine où le film a été fortement soutenu, répond avec enthousiasme. Les fans de Jackie Chan comme les amateurs de thrillers politiques trouvent leur compte dans un film qui parvient à satisfaire les deux audiences.
Récompenses obtenues : Jackie Chan est nommé dans plusieurs associations de critiques américaines et asiatiques pour sa performance, et le film remporte des récompenses dans plusieurs festivals de cinéma d'action et de thriller.
Inspirations du réalisateur : Martin Campbell a confié avoir voulu depuis longtemps montrer Jackie Chan dans un rôle entièrement dépourvu de comédie — pour prouver que cet acteur possède une profondeur dramatique que ses films d'action habituels ne lui permettaient pas de déployer. Il s'est inspiré des grands thrillers politiques britanniques des années 1970 pour construire la dimension "IRA" du film.
Difficultés de production : Tourner un film sur le terrorisme irlandais nécessita des consultations approfondies avec des experts politiques et historiques pour éviter toute simplification qui aurait été perçue comme irrespectueuse de la complexité du conflit nord-irlandais. Le film devait naviguer entre l'exigence du thriller d'action et la nécessité d'un ancrage politique crédible.
Anecdote sur une scène particulière : Jackie Chan a insisté pour effectuer lui-même une grande partie de ses propres cascades malgré son âge — alors soixante-trois ans — notamment les scènes de combat dans la forêt, qu'il a coordonnées avec ses propres équipes de stuntmen. Sa maîtrise technique reste intacte même dans un registre dramatique, ce qui donne aux scènes d'action du film une fluidité et une précision rares.
Thèmes abordés
The Foreigner explore la question de la justice privée face à l'impuissance ou à la complicité des institutions. Quan représente ces pères — et plus largement ces personnes — qui, après avoir perdu ce qu'ils aimaient le plus, n'ont plus rien à perdre et ne trouvent pas de réponse dans les canaux officiels. Le film aborde aussi la complexité du contexte politique irlandais — les vieux acteurs du conflit qui tentent de se repositionner dans un monde post-accord — avec une nuance surprenante pour un film d'action. La dimension du "foreigner" — l'étranger, celui qui ne comprend pas les codes locaux mais qui voit certaines vérités que les initiés ne voient plus — est l'une des perspectives les plus intéressantes du film.
Explication de la fin
La fin de The Foreigner voit Quan obtenir la vérité sur les commanditaires de l'attentat et s'en faire justice à sa façon — pas exactement selon la loi, mais d'une façon qui ne laisse aucun doute sur le destin de ceux qui sont responsables de la mort de sa fille. La conclusion est sobre et sans triomphalisme, disant simplement que justice a été rendue — d'une façon ou d'une autre — et que Quan peut maintenant faire son deuil.
Signification du titre
"The Foreigner" — "l'étranger" — désigne le personnage de Quan, cet homme d'origine asiatique qui n'appartient à aucun des camps politiques en présence dans le conflit irlandais qui constitue l'arrière-plan du film. Mais ce titre dit aussi quelque chose sur la façon dont les institutions britanniques et irlandaises le regardent : comme un non-entité, un étranger dont le deuil ne compte pas. C'est précisément cette invisibilité supposée qui lui permet d'agir là où les autres ne le voient pas venir.
Actualités
The Foreigner est souvent cité comme le film qui a démontré au monde entier que Jackie Chan était capable d'une profondeur dramatique égale à sa maîtrise des arts martiaux. L'acteur a depuis exprimé son souhait de continuer à explorer ce type de rôles en fin de carrière. Le film a également confirmé l'appétit du marché chinois pour les productions sino-britanniques qui mettent en vedette des acteurs asiatiques dans des rôles sérieux et complexes.
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