Michael Burrows, brillant profileur pour la police de San Francisco mais paralysé par une phobie du sang, perd son poste après avoir raté l'arrestation d'un tueur en série notoire. Reconverti en enquêteur pour une compagnie d'assurances, il fait équipe avec Siri Taylor, une inspectrice aussi cynique qu'expérimentée, chargée de déterminer si des morts accidentelles particulièrement stupides justifient le versement de primes aux familles des victimes. Leur road trip à travers les États-Unis les confronte à une galerie de personnages aussi loufoques que tragiques, chacun ayant frôlé ou trouvé la mort en tentant des actes d'une bêtise achevée.
The Darwin Awards s'inspire librement du célèbre site internet et de la série de livres à succès du même nom, qui recensent depuis les années 1990 des récits, souvent teintés d'humour noir, de personnes mortes ou blessées accidentellement dans des circonstances jugées d'une stupidité remarquable, l'idée étant que ces disparitions améliorent malgré elles le patrimoine génétique de l'humanité en éliminant les comportements les plus insensés. Le réalisateur et scénariste Finn Taylor, déjà connu pour des comédies indépendantes à l'humour décalé comme Cherish, a choisi d'intégrer plusieurs de ces récits, réels ou apocryphes, les plus célèbres, dont la fameuse et légendaire histoire de la voiture propulsée par un réacteur de fusée JATO, au sein d'une intrigue policière romancée mettant en scène deux enquêteurs improbables. Le film a été présenté en première mondiale au Festival de Sundance en janvier 2006, dans un contexte particulièrement douloureux puisque l'acteur Chris Penn, qui y tenait l'un des rôles, a été retrouvé mort à son domicile la veille de la première, ce qui constitue sa toute dernière apparition à l'écran.
Les critiques ont réservé un accueil majoritairement négatif à The Darwin Awards, jugeant que le concept prometteur du site internet dont il s'inspire ne parvenait pas à se transformer efficacement en une intrigue de long métrage cohérente. Plusieurs observateurs ont regretté un ton hésitant entre comédie policière classique et vignettes humoristiques indépendantes, sans qu'aucun des deux registres ne domine véritablement le récit. Le manque de alchimie perçu entre Joseph Fiennes et Winona Ryder a également été pointé du doigt comme l'une des faiblesses du film. Certains critiques ont néanmoins salué l'inventivité de certaines reconstitutions d'accidents absurdes et la présence de nombreux caméos amusants, dont ceux des animateurs de l'émission MythBusters et du groupe Metallica. Le public s'est montré tout aussi partagé, certains spectateurs appréciant le ton macabre et loufoque du film ainsi que le plaisir de reconnaître les nombreuses personnalités apparaissant en caméo, d'autres jugeant l'ensemble confus et peu abouti. Le film a connu une sortie commerciale très limitée, restant largement méconnu du grand public malgré la présence de deux têtes d'affiche reconnues. The Darwin Awards n'a reçu aucune récompense notable lors de sa sortie, sa présentation à Sundance ayant surtout été marquée par l'émotion suscitée par la disparition de Chris Penn survenue la veille de la première.
Le réalisateur Finn Taylor s'est directement inspiré des récits, réels ou apocryphes, colportés par le site internet et les ouvrages consacrés aux Darwin Awards, notamment la célèbre histoire de la voiture propulsée par un réacteur d'avion JATO, un fait divers largement démenti mais devenu culte au fil des années. Le tournage a été endeuillé par la disparition brutale de l'acteur Chris Penn, retrouvé mort à son domicile de Santa Monica le 24 janvier 2006, la veille même de la première mondiale du film au Festival de Sundance, faisant de The Darwin Awards sa dernière apparition à l'écran. Le film comprend plusieurs caméos inattendus, dont ceux d'Adam Savage et Jamie Hyneman, animateurs de l'émission télévisée MythBusters consacrée à la vérification scientifique de mythes populaires, ainsi qu'une apparition du groupe de metal Metallica, en écho direct à l'esprit potache du film.
The Darwin Awards explore avec un humour noir assumé la bêtise humaine et ses conséquences parfois fatales, interrogeant la fascination collective pour les comportements les plus insensés. Le film aborde également la reconversion professionnelle et la difficulté de se reconstruire après un échec, à travers le parcours de son personnage principal contraint de quitter la police après une bévue publique. La question de la valeur d'une vie humaine face aux logiques financières des compagnies d'assurances traverse également le récit, sur un mode plus satirique que dramatique. Le film explore enfin, de façon plus attendue, la naissance d'une alchimie amoureuse entre deux personnages que tout semblait opposer au départ.
Le titre The Darwin Awards reprend directement le nom du site internet et des ouvrages dont le film s'inspire, une référence ironique à la théorie de l'évolution de Charles Darwin et à la notion de sélection naturelle. L'expression désigne, sur le mode de l'humour noir, la distinction fictive décernée à titre posthume à des individus dont la mort accidentelle et stupide aurait, selon la logique du concept, contribué à améliorer le patrimoine génétique de l'espèce humaine en éliminant les comportements les plus dangereusement insensés.
The Darwin Awards demeure principalement connu aujourd'hui comme la dernière apparition à l'écran de l'acteur Chris Penn, frère de Sean Penn, décédé la veille de la première du film au Festival de Sundance 2006. Le concept des Darwin Awards continue par ailleurs de vivre à travers son site internet original et ses différents ouvrages, régulièrement mis à jour de nouveaux récits.
Fargo des frères Coen, mêlant lui aussi enquête policière et galerie de personnages absurdes confrontés à des situations tragicomiques, partage avec The Darwin Awards ce goût pour l'humour noir teinté de fait divers. Little Miss Sunshine, comédie road-movie portée par une distribution chorale attachante, offre une parenté de ton dans sa manière de mêler tragédie intime et loufoquerie assumée. Idiocracy de Mike Judge, satire poussant à l'extrême l'idée que la bêtise humaine finit par l'emporter sur l'intelligence collective, prolonge sur un mode plus radical la réflexion amorcée par The Darwin Awards.