Le professeur Robert Langdon est appelé sur les lieux du meurtre du conservateur du musée du Louvre, retrouvé nu avec des symboles gravés sur le corps. Accompagné de la cryptologue Sophie Neveu, il découvre que la victime faisait partie d'un ancien ordre secret protégeant un lourd secret. Les deux protagonistes sont rapidement poursuivis par la police et par un fanatique religieux prêt à tout pour découvrir la vérité. Leur enquête les entraîne à travers l'Europe à la recherche du Saint Graal, qui s'avère être bien différent de la coupe mythique.
Le film est l'adaptation directe du roman à succès mondial de Dan Brown, publié en 2003, qui avait déjà provoqué un séisme dans le monde de l'édition. Le réalisateur Ron Howard a été séduit par le potentiel cinématographique de ce thriller ésotérique qui mélange histoire de l'art et théories du complot. L'inspiration de l'œuvre originale ne vient pas d'une histoire vraie, mais d'hypothèses pseudo-historiques qui circulent depuis des siècles dans les cercles occultistes. Howard a voulu traiter le matériel avec un certain sérieux, cherchant à ancrer les théories farfelues dans une réalité visuelle très crédible. Il s'est fortement inspiré des tableaux de Léonard de Vinci pour construire l'esthétique du film, utilisant la lumière des toiles pour guider la caméra. Le défi principal de l'adaptation était de rendre visuels les longs dialogues explicatifs du livre sans endormir le spectateur. Le scénariste Akiva Goldsman a dû réorganiser la structure du récit en y intégrant des flash-backs pour illustrer les secrets de l'Ordre de Sion. L'équipe de production a eu l'autorisation exceptionnelle de filmer à l'intérieur du véritable musée du Louvre, une première historique pour un long-métrage de fiction. Cette opportunité a permis d'apporter une authenticité inestimable aux premières scènes cruciales de l'intrigue.
Les critiques professionnelles ont été extrêmement sévères envers le film, le jugeant plombé par un scénario laborieux et un manque de tension. Les journalistes ont reproché à Ron Howard d'avoir réalisé l'adaptation avec une froideur académique, transformant un page-turner en une conférence d'histoire. La performance de Tom Hanks a été étonnamment critiquée, beaucoup trouvant l'acteur inhabituellement fade et dépassé par le rythme de l'énigme. Cependant, quelques critiques ont salué les efforts visuels déployés pour rendre l'énigme des tableaux intéressante à l'écran. Le public, en revanche, a fait du film un énorme succès commercial, curieux de découvrir l'adaptation du livre qu'ils avaient tous lu. Les spectateurs se sont laissés porter par le suspense de la chasse au trésor, appréciant les paysages européens magnifiés par la photographie. Malgré les critiques, le bouche-à-oreille a fonctionné, car beaucoup voulaient se faire leur propre opinion sur la polémique religieuse. Le film a divisé les foules entre ceux qui y voyaient un simple divertissement et ceux qui se sentaient offensés par ses hypothèses sur le Christ. Le film a été balayé lors des grandes cérémonies de récompenses, ne recevant même pas de nomination pour la musique ou les décors. Il a toutefois "gagné" plusieurs Razzie Awards, notamment celui du pire scénario et du pire couple à l'écran pour Hanks et Tautou. Le seul point positif récompensé dans des cérémonies mineures a été la création des décors du Louvre, saluée pour sa fidélité exceptionnelle. Ces distinctions négatives n'ont nullement entamé le triomphe financier de l'œuvre à travers le monde.
Ron Howard s'est inspiré des films de poursuite classiques des années 70 pour tenter de donner du rythme à ce qui reste fondamentalement une enquête intellectuelle. Il a regardé "Les Trois Jours du Condor" pour comprendre comment filmer des personnages qui courent et parlent en même temps. Le réalisateur voulait que chaque lieu visité par les personnages possède une couleur dominante spécifique pour guider subconsciemment le spectateur. Cette approche visuelle a permis de structurer un récit qui aurait pu être très monotone s'il n'avait été que des dialogues. La plus grande difficulté de production a été d'obtenir les autorisations de tourner dans des églises et des monuments historiques souvent réticents. L'Église catholique a fermement refusé que l'équipe tourne dans certaines églises de Rome en raison du sujet controversé du film. La production a dû utiliser d'autres églises en Angleterre et en Écosse pour doubler les décors italiens, créant des casse-têtes logistiques. Les scènes de foule dans le Louvre ont nécessité la fermeture partielle du musée pendant plusieurs nuits, un véritable cauchemar d'organisation. L'anecdote la plus marquante concerne la scène où Tom Hanks et Audrey Tautou fuient la police en passant par une sortie de secours du musée. Cette séquence a été tournée dans de vraies caves souterraines de Paris qui sont normalement strictement interdites d'accès au public. Tom Hanks a glissé sur le sol humide de ces tunnels lors d'une course-poursuite, se foulant la cheville sans que le tournage ne s'arrête. Le rôle de Robert Langdon a d'abord été proposé à d'autres acteurs comme Russell Crowe ou George Clooney, qui ont refusé le projet. C'est la confiance absolue de Tom Hanks envers Ron Howard, avec qui il avait déjà travaillé, qui a permis de boucler ce casting délicat.
Le film explore le conflit millénaire entre la foi religieuse dogmatique et la recherche de la vérité historique et scientifique. Il aborde la question du pouvoir de l'Église catholique, accusée dans le récit d'avoir dissimulé des vérités gênantes pour préserver son autorité temporelle. La place de la femme dans la religion est un thème central, le secret du Graal reposant sur la divinité supposée de Marie-Madeleine. L'œuvre interroge la nature même du sacré, opposant une vision institutionnalisée de Dieu à une spiritualité plus humaine et charnelle. Les symboles et les codes visuels sont traités comme un langage universel permettant de transmettre des vérités interdites à travers les âges. Le film soulève également le thème du fanatisme religieux, illustré par le personnage de Silas, prêt à tuer au nom d'une croyance aveugle. La notion d'héritage secret et de filiation cachée relie les personnages à une lignée protectrice de la vérité depuis des siècles. L'alliance entre l'art et la science est mise en avant à travers les œuvres de Léonard de Vinci, présenté comme un initié. Enfin, le film questionne la frontière entre la fiction et la réalité historique, jouant avec la crédulité du spectateur pour mieux le captiver.
Après avoir résolu l'énigme finale, Robert Langdon et Sophie Neveu découvrent que le Saint Graal n'est pas un objet matériel, mais le sarcophage contenant les restes de Marie-Madeleine. Ils comprennent que la véritable mission de l'Ordre de Sion n'était pas de protéger une coupe, mais de préserver la lignée royale de Jésus. Sophie réalise alors qu'elle est elle-même la descendante directe de ce sang sacré, ce qui bouleverse toute sa vision de son identité. Plutôt que de révéler cette découverte au monde entier, ce qui provoquerait un chaos mondial, Langdon l'encourage à garder le secret. Le vieux gardien, qui s'avère être le protecteur de l'ordre, accueille Sophie comme un membre de sa famille retrouvée. Langdon, quant à lui, décide de retourner à Paris, sa quête intellectuelle l'ayant laissé transformé mais seul. La dernière scène le montre s'agenouillant devant la pyramide inversée du Louvre, réalisant que le Graal est caché sous ses pieds depuis le début. Ce final cryptique laisse le spectateur dans une réflexion silencieuse sur la nature des croyances et des secrets enfouis. Il refuse la révélation spectaculaire hollywoodienne pour privilégier la préservation du mystère. Cette conclusion sage suggère que certaines vérités sont trop dangereuses ou trop précieuses pour être livrées en pâture au public.
Le titre original "The Da Vinci Code" se traduit littéralement par "Le Code de Vinci", désignant les indices cachés par le peintre Léonard de Vinci dans ses œuvres. En français, le titre a été conservé en anglais, car il possédait déjà une notoriété planétaire impossible à traduire sans perdre son impact commercial. Ce titre place immédiatement l'art et l'énigme au centre de l'intrigue, promettant au spectateur une chasse au trésor intellectuelle. L'utilisation du mot "Code" évoque à la fois la cryptographie moderne et les messages codés des anciennes sociétés secrètes. Il suggère que des vérités monumentales sont dissimulées sous la surface d'œuvres d'art que le monde entier regarde sans vraiment voir. Le nom de "Da Vinci" sert de caution historique et artistique, donnant un faux semblant de crédibilité aux théories les plus farfelues du scénario. Ce titre est conçu comme un mystère en lui-même, provoquant la curiosité immédiate de celui qui le lit. Il résume parfaitement le mélange des genres du film, entre thriller d'espionnage et cours d'histoire de l'art accéléré. Enfin, il témoigne de la fascination contemporaine pour les conspirations élégantes et les secrets des grands génies de la Renaissance.