Née dans le Territoire indien au tournant du vingtième siècle, Mary Frances Thompson grandit bercée par les chants et les récits de sa tribu chickasaw. Devenue Te Ata, elle traverse les barrières culturelles de son époque pour devenir l'une des plus grandes conteuses et performeuses amérindiennes de tous les temps. Son parcours la mène de l'isolement de son enfance jusqu'à des scènes prestigieuses, où elle se produira notamment devant un président des États-Unis et des têtes couronnées européennes. Le film retrace cette trajectoire hors du commun, entre quête d'identité et préservation d'un héritage culturel menacé.
Te Ata est basé sur la véritable histoire de Mary Thompson Fisher, citoyenne de la nation chickasaw connue sous son nom de scène Te Ata, qui a consacré plus de soixante ans de carrière à faire découvrir les récits et les chants amérindiens à travers les États-Unis et l'Europe. Le film est intégralement produit par la nation chickasaw elle-même, une démarche rare pour une production hollywoodienne consacrée à l'histoire amérindienne. Le scénario est écrit par Esther Luttrell, en collaboration avec l'historienne chickasaw Jeannie Barbour, qui a expliqué avoir voulu montrer comment Te Ata avait eu le courage de continuer à transmettre les récits de son peuple à une époque où les politiques d'assimilation menaçaient de les faire disparaître. C'est finalement le réalisateur Nathan Frankowski qui met en scène le scénario de Luttrell et Barbour. Le tournage s'est appuyé sur des lieux historiques authentiques de l'Oklahoma, dont le Capitole de la nation chickasaw à Tishomingo et la Chickasaw White House de Milburn.
La critique a salué l'importance culturelle du film tout en pointant certaines limites de mise en scène. Le Los Angeles Times a notamment regretté un scénario parfois trop explicite et une réalisation mesurée qui empêche le film de véritablement décoller, malgré une interprétation soignée de Q'orianka Kilcher dans le rôle-titre. D'autres critiques ont au contraire salué la sincérité du projet et son refus des clichés habituels sur les rapports entre Amérindiens et colons. Le public s'est montré très majoritairement enthousiaste, de nombreux spectateurs saluant la découverte d'une figure historique méconnue et le message inspirant porté par le film, notamment destiné aux jeunes filles en quête de modèles. Plusieurs commentaires ont souligné l'émotion suscitée par les scènes de performance de Te Ata sur scène. Te Ata n'a pas été distingué par de grandes récompenses cinématographiques internationales, mais le film a été salué comme une œuvre importante de représentation amérindienne, portée par la nation chickasaw elle-même.
Le film a été intégralement financé et produit par la nation chickasaw, qui a également mis à disposition des lieux historiques réels pour le tournage, comme le Capitole chickasaw de Tishomingo. De nombreux membres de la communauté chickasaw ont participé au film, aussi bien devant que derrière la caméra, afin de garantir l'authenticité de la représentation culturelle du peuple de Te Ata.
Te Ata explore la transmission culturelle et la préservation des traditions orales face aux politiques d'assimilation forcée qui pesaient sur les nations amérindiennes au début du vingtième siècle. Le film aborde aussi la quête d'identité d'une jeune femme tiraillée entre le monde de ses ancêtres et les ambitions artistiques qu'elle nourrit dans la société blanche de son époque, ainsi que le pouvoir de la parole et du récit comme outil de résistance culturelle.
Le film se conclut sur la reconnaissance progressive de Te Ata comme grande conteuse, dont les performances finissent par toucher un public bien au-delà de sa communauté d'origine, jusqu'à la Maison-Blanche et les cours royales européennes. Cette reconnaissance illustre la réussite de son pari initial : préserver et transmettre les récits chickasaws en les faisant résonner sur les plus grandes scènes du monde, plutôt que de les laisser disparaître sous la pression de l'assimilation.
Te Ata, qui signifie « celle qui porte le matin » en langue chickasaw, était le nom de scène choisi par Mary Frances Thompson Fisher pour ses performances artistiques, un nom qui témoigne de son attachement revendiqué à son héritage culturel amérindien tout au long de sa carrière.
On peut rapprocher Te Ata d'autres biopics consacrés à des figures amérindiennes historiques, comme Killers of the Flower Moon pour son ancrage dans l'histoire des nations autochtones d'Oklahoma, ou de Princesse Kaiulani, autre film où Q'orianka Kilcher incarne une héroïne autochtone en lutte pour préserver son héritage.