Travis Bickle, jeune vétéran du Vietnam rongé par l'insomnie, prend un emploi de chauffeur de taxi de nuit à New York pour tromper sa solitude. Au fil de ses courses, il observe avec un dégoût grandissant la décadence morale de la ville, entre prostitution, criminalité et indifférence généralisée. Son obsession pour une jeune prostituée mineure du nom d'Iris, ainsi que son échec sentimental auprès de Betsy, une employée de campagne politique, précipitent sa dérive psychologique. Convaincu de devoir purger la ville de sa corruption par lui-même, Travis s'engage dans une préparation de plus en plus radicale et dangereuse.
Taxi Driver n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original de Paul Schrader, écrit durant une période de profonde crise personnelle marquée par l'isolement, l'insomnie et une rupture amoureuse douloureuse, des états d'âme directement transposés dans le personnage de Travis Bickle. Schrader s'est également inspiré du journal intime d'Arthur Bremer, l'homme qui avait tenté d'assassiner le gouverneur George Wallace en 1972, pour construire la psychologie déviante de son protagoniste. Martin Scorsese, qui traversait lui aussi une période personnelle difficile au moment du tournage, a vu dans ce scénario l'occasion de dépeindre la ville de New York comme un enfer urbain reflétant l'état mental déliquescent de son personnage principal. Le réalisateur a construit sa mise en scène autour d'une New York nocturne et pluvieuse, filmée comme un cauchemar éveillé, avec la complicité du chef opérateur Michael Chapman pour restituer cette atmosphère oppressante. Robert De Niro, déjà collaborateur de Scorsese sur Mean Streets, s'est immergé dans son rôle en conduisant réellement un taxi new-yorkais pendant plusieurs semaines avant le tournage afin de s'imprégner du quotidien de son personnage.
Les critiques ont été immédiatement dithyrambiques, saluant la performance habitée de Robert De Niro ainsi que la mise en scène hallucinée de Martin Scorsese, capable de transformer New York en un véritable miroir de la psyché tourmentée de son personnage principal. Plusieurs observateurs ont souligné la partition inquiétante de Bernard Herrmann, dernière œuvre du compositeur avant sa mort survenue le jour même où il achevait l'enregistrement, contribuant à l'atmosphère anxiogène du film. Le film a rapidement été considéré comme l'un des chefs-d'œuvre du Nouvel Hollywood des années 1970, salué pour son exploration radicale de l'aliénation urbaine et de la violence latente. Le public a réservé un accueil également très favorable au film, qui a suscité de vifs débats sur la violence à l'écran et sur la fascination ambiguë qu'il pouvait exercer sur certains spectateurs. Le film a tragiquement gagné une notoriété supplémentaire après la tentative d'assassinat du président Ronald Reagan en 1981 par John Hinckley Jr., qui a déclaré avoir été obsédé par le film et par l'actrice Jodie Foster. Cette affaire a durablement marqué la réception du film et relancé les débats sur l'influence de la représentation de la violence au cinéma. Taxi Driver a remporté la Palme d'or au Festival de Cannes 1976, consécration internationale majeure pour Martin Scorsese, et a été nommé pour quatre Oscars, dont celui du meilleur film, sans toutefois en remporter aucun, une déception souvent citée comme l'une des grandes injustices de l'histoire des Oscars.
Paul Schrader a écrit le scénario durant une période de profonde crise personnelle marquée par l'isolement et l'insomnie, transposant directement ses propres états d'âme dans la psychologie du personnage de Travis Bickle, tout en s'inspirant du journal intime d'Arthur Bremer, auteur d'une tentative d'assassinat contre le gouverneur George Wallace. Robert De Niro a obtenu un véritable permis de conduire un taxi et a sillonné les rues de New York pendant plusieurs semaines avant le tournage afin de s'imprégner du quotidien réel de son personnage, une démarche caractéristique de sa méthode de préparation. La partition du compositeur Bernard Herrmann, achevée le jour même de sa mort en décembre 1975, confère au film une atmosphère inquiétante et prémonitoire, le musicien n'ayant jamais pu voir le résultat final de son dernier travail cinématographique. La jeune Jodie Foster, âgée de treize ans au moment du tournage, a nécessité l'intervention d'une psychologue ainsi que le recours à sa sœur aînée comme doublure pour les scènes les plus sensibles impliquant son personnage de prostituée mineure.
Le film explore l'aliénation urbaine et la solitude extrême d'un individu incapable de trouver sa place dans une société qu'il perçoit comme profondément corrompue, ainsi que les séquelles psychologiques laissées par la guerre du Vietnam sur toute une génération de vétérans américains. Il interroge également la frontière ténue entre justicier et psychopathe, ainsi que la fascination ambiguë de la société américaine pour la violence rédemptrice, à travers le parcours de Travis Bickle, tour à tour perçu comme monstre et comme héros par son entourage.
Après l'échec de sa tentative d'assassinat contre un candidat politique, Travis Bickle reporte sa violence sur le proxénète d'Iris, la jeune prostituée qu'il cherchait à sauver, dans une fusillade sanglante qui le laisse grièvement blessé. Contre toute attente, la presse et l'opinion publique célèbrent Travis comme un héros ayant sauvé une mineure de l'exploitation sexuelle, une ironie amère soulignée par le montage final du film. Cette conclusion ambiguë, que Scorsese lui-même a présentée comme un possible fantasme agonisant de Travis plutôt qu'une réalité factuelle, laisse planer un doute permanent sur la nature véritablement héroïque ou simplement chanceuse de cette rédemption publique.
Le titre Taxi Driver désigne directement la profession de Travis Bickle, chauffeur de taxi nocturne sillonnant les rues de New York, un poste d'observation privilégié depuis lequel il assiste, impuissant puis de plus en plus obsédé, à la décadence morale de la ville qu'il finit par vouloir purger par la violence.
La partition de Bernard Herrmann, mêlant saxophone jazz mélancolique et cordes anxiogènes, constitue le dernier travail du compositeur avant sa mort survenue le jour même où il achevait son enregistrement, conférant au film une atmosphère à la fois envoûtante et inquiétante devenue culte parmi les amateurs de musique de film.
Près de cinquante ans après sa sortie, Taxi Driver demeure une référence incontournable du cinéma américain des années 1970, régulièrement citée par de nombreux cinéastes contemporains et considérée comme l'un des sommets de la collaboration entre Martin Scorsese et Robert De Niro.
Les amateurs du film pourront se tourner vers Joker, qui reprend explicitement plusieurs éléments visuels et thématiques de Taxi Driver dans son exploration de la dérive psychologique d'un homme solitaire, ou vers American Psycho, qui partage cette même plongée dans la psyché déviante d'un narrateur new-yorkais aliéné.