Sylvain Marot, policier parisien maladroit et malchanceux, est muté à Marseille comme punition après une bourde monumentale. Sur place, il hérite malgré lui d'un taxi légendaire et de son conducteur Eddy, petit-fils du mythique Daniel, dont le bolide dopé aux gadgets va être son seul atout pour coincer une bande de braqueurs italiens ultrarapides. Dans cette ville qu'il ne connaît pas et qui ne l'attend pas, Sylvain va devoir apprendre à survivre autant qu'à enquêter. Une relance de la franchise avec de nouveaux visages mais le même ADN de comédie d'action populaire marseillaise.
Taxi 5 est né du désir d'EuropaCorp de relancer une franchise dormante depuis onze ans, après les déceptions du quatrième volet et les problèmes personnels de Samy Naceri qui avaient compliqué toute continuité. Luc Besson, qui signait le scénario comme pour tous les films précédents, a fait le choix radical de renouveler totalement la distribution principale tout en conservant un lien avec l'histoire originale via le personnage d'Eddy, petit-fils de Daniel. Franck Gastambide, acteur, réalisateur et scénariste populaire notamment grâce à la série Validé, était pressenti pour apporter une énergie nouvelle et un ancrage dans la culture populaire contemporaine. Sa connaissance du cinéma populaire français et son sens du gag lui permettaient d'assumer la double casquette de réalisateur et d'acteur principal. Le film cherchait à séduire une nouvelle génération de spectateurs tout en ménageant les fans historiques de la saga grâce aux références au matériel original. La présence de Malik Bentalha, humoriste et acteur au succès croissant, était pensée pour renforcer la dimension comique du film. Le tournage à Marseille permettait de retrouver l'atmosphère et le cadre qui avaient fait l'identité de la franchise. L'objectif était clairement de passer le flambeau tout en restant fidèle à l'esprit populaire et décomplexé de la saga.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a été globalement très sévère, jugeant Taxi 5 encore en dessous des standards déjà modestes de la franchise. Les journalistes ont particulièrement ciblé le scénario lacunaire, l'humour lourd et les gags d'un autre temps. Certains ont néanmoins reconnu que Malik Bentalha apportait quelques moments réellement drôles et une énergie rafraîchissante. La mise en scène de Gastambide a été jugée fonctionnelle mais sans personnalité. Dans l'ensemble, la presse spécialisée a été unanimement peu enthousiaste.
Réception du public : Malgré les critiques assassines, le film a réalisé l'exploit de dépasser les cinq millions d'entrées en France, un score remarquable qui prouve la solidité commerciale de la marque Taxi auprès du grand public. Ce succès en salle a surpris de nombreux observateurs, confirmant que la franchise disposait d'un capital sympathie considérable indépendamment de la qualité perçue des films. Le public populaire, fidèle à la saga, a clairement répondu présent.
Récompenses obtenues : Le film a reçu plusieurs nominations aux Razzie Awards français. Son seul vrai trophée reste son succès commercial, qui a confirmé la viabilité de la franchise pour de potentiels futurs volets.
Inspirations du réalisateur : Franck Gastambide s'est inspiré de son expérience de la comédie populaire française et de son amour des films d'action des années 1990 pour trouver le ton du film. Il voulait rendre hommage à la saga originale tout en y injectant une sensibilité contemporaine, notamment dans l'humour et les références culturelles. L'idée de faire d'Eddy le petit-fils de Daniel était une façon élégante de créer une continuité dynastique qui permettait de justifier le renouvellement tout en respectant l'héritage.
Difficultés de production : Reprendre une franchise aussi identifiée à des acteurs spécifiques — Samy Naceri en tête — sans pouvoir les impliquer représentait un risque créatif et commercial évident. Convaincre le public d'accepter de nouveaux visages dans une histoire qu'il connaît par cœur a nécessité un travail de communication important. Les séquences de cascades ont également dû être repensées pour correspondre à l'esthétique et aux attentes actuelles, plus de vingt ans après le film original.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence d'ouverture, dans laquelle Sylvain provoque une catastrophe monumental à Paris avant d'être expédié à Marseille, a donné le ton du film avec une énergie débridée qui a séduit le public en salle. Gastambide a confié avoir tourné cette séquence en priorité pour établir immédiatement la personnalité du personnage et le registre comique du film.
Taxi 5 perpétue les grands thèmes de la franchise tout en les actualisant légèrement. L'inadaptation du personnage principal à son nouvel environnement — un Parisien largué à Marseille — offre une nouvelle déclinaison de la comédie des opposés culturels qui était au cœur de la relation Daniel-Émilien. La transmission et l'héritage, à travers le personnage d'Eddy et son lien avec son grand-père légendaire, constituent un nouveau fil thématique. La bromance contrainte entre Sylvain et Eddy reproduit la dynamique fondatrice de la saga. L'identité marseillaise, avec ses codes, ses clichés assumés et sa fierté locale, reste la colonne vertébrale affective de l'ensemble.
La conclusion de Taxi 5 respecte scrupuleusement le cahier des charges de la franchise : les braqueurs italiens sont neutralisés, Sylvain est réhabilité aux yeux de sa hiérarchie, et Eddy peut être fier d'avoir perpétué la légende familiale. La relation entre les deux protagonistes, d'abord conflictuelle, s'est transformée en une complicité affectueuse qui ouvre la voie à de nouvelles aventures communes. Le film se termine sur une note festive et ouverte, fidèle à l'optimisme populaire qui caractérise la saga depuis ses débuts.
Taxi 5 suit la même logique de numérotation que ses prédécesseurs, mais ce cinquième volet porte une charge supplémentaire : il marque le renouveau de la franchise après une longue interruption et un changement radical de distribution. Le chiffre "5" est ici moins un simple numéro qu'un signal envoyé au public : la saga continue, réinventée mais fidèle à son identité. Le mot "Taxi" reste le marqueur identitaire central, désignant à la fois le métier, la voiture et l'univers émotionnel de toute une franchise.
Le succès surprise de Taxi 5 au box-office a relancé les discussions sur un éventuel sixième volet, qui serait toujours en développement chez EuropaCorp. Franck Gastambide a confirmé son intérêt pour reprendre le personnage de Sylvain dans une nouvelle aventure. La franchise Taxi s'impose comme l'une des rares sagas françaises à avoir traversé quatre décennies en maintenant une présence commerciale significative. Les films sont disponibles sur les principales plateformes de streaming françaises.