Daniel et Émilien sont de retour dans les rues de Marseille pour une nouvelle course-poursuite effrénée, cette fois aux trousses d'une bande de braqueurs déguisés en Pères Noël qui sèment la pagaille dans toute la ville. Pendant ce temps, le commissaire Gibert est envoyé en stage de ski à la montagne, où ses talents de policier seront aussi peu utiles que d'habitude. Entre poursuites automobiles vertigineuses, gadgets high-tech improbables et gags en cascade, le duo improbable de la série remet le couvert avec la même énergie communicative. Un troisième volet qui table sur la complicité bien établie avec son public pour offrir un divertissement populaire sans prise de tête.
Taxi 3 est la suite logique et attendue des deux premiers volets de la franchise créée par Luc Besson, dont le succès commercial avait été phénoménal en France. Après les triomphes de Taxi (1998) et Taxi 2 (2000) — le second ayant pulvérisé des records d'entrées en France —, la mise en chantier d'un troisième opus était une évidence économique pour les producteurs d'EuropaCorp. Luc Besson, qui signait à nouveau le scénario, cherchait à renouveler la formule sans la trahir, en introduisant de nouveaux antagonistes — les braqueurs déguisés en Pères Noël — et un nouvel environnement — la montagne enneigée — pour varier les décors habituels de Marseille. Gérard Krawczyk, qui avait déjà réalisé le second volet, assurait la continuité artistique et garantissait une maîtrise des codes de la série. Le film misait sur la complicité établie entre Samy Naceri et Frédéric Diefenthal, dont la dynamique comique était désormais bien rodée. La production a bénéficié de moyens conséquents, notamment pour les séquences de cascades automobiles qui constituaient la marque de fabrique de la franchise. Le calendrier de sortie — pendant les vacances de février — visait à maximiser la fréquentation familiale. Tout était calculé pour reproduire la recette du succès, avec plus ou moins de spontanéité que les épisodes précédents.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a été sévère avec Taxi 3, estimant que la franchise s'essoufflait et que le scénario manquait cruellement d'inventivité par rapport aux deux premiers opus. Beaucoup de journalistes ont pointé la répétition des gags, la mécanique trop visible et le manque de surprise d'un film qui semblait avant tout calculé pour rentabiliser une marque plutôt que pour raconter quelque chose de nouveau. La sous-intrigue montagnarde a été jugée poussive et peu intégrée au reste du récit. Seules les cascades automobiles et la bonne humeur générale ont trouvé grâce aux yeux de quelques critiques plus bienveillants.
Réception du public : Le public a été moins enthousiaste que pour les deux premiers volets, même si le film a tout de même réuni plus de six millions de spectateurs en France — un score que beaucoup de comédies françaises lui envieraient. La déception était relative : les attentes placées dans ce troisième épisode étaient très élevées après les records du second, et le film n'a pas réussi à les satisfaire. Il a néanmoins confortablement amorti son budget et confirmé la solidité commerciale de la franchise.
Récompenses obtenues : Aucune récompense notable n'a été décernée à ce film. La franchise Taxi n'a jamais eu vocation à briguer des prix de cinéma, son ambition étant résolument populaire et commerciale.
Inspirations du réalisateur : Gérard Krawczyk et Luc Besson ont cherché à renouveler le cadre visuel de la série en introduisant des séquences à la montagne, rompant avec l'univers exclusivement urbain et méditerranéen des deux premiers films. L'idée des braqueurs déguisés en Pères Noël était pensée pour apporter une dimension burlesque supplémentaire à une série déjà très axée sur l'humour visuel et l'exagération. Besson voulait que chaque volet apporte son lot de nouveaux gadgets pour la Peugeot 406 de Daniel, une tradition de la franchise très appréciée du public.
Difficultés de production : Les séquences de cascades dans des conditions hivernales et enneigées ont représenté un défi technique considérable pour les équipes de production. Tourner des poursuites automobiles sur des routes enneigées ou verglacées exigeait des précautions de sécurité et des adaptations techniques importantes par rapport aux courses-poursuites urbaines des épisodes précédents. La coordination entre les équipes à Marseille et celles en montagne a également complexifié la logistique générale du tournage.
Casting initialement prévu : Le noyau dur de la distribution — Samy Naceri, Frédéric Diefenthal et Bernard Farcy — était inamovible, la franchise reposant entièrement sur leur trio. La nouveauté casting du troisième opus réside dans l'introduction de personnages secondaires inédits qui venaient pimenter la dynamique habituelle, sans jamais menacer l'équilibre éprouvé du trio principal.
Taxi 3 recycle les thèmes désormais bien établis de la franchise : la bromance improbable entre un chauffeur de taxi génial et un policier incompétent, la glorification marseillaise avec son soleil, son accent et sa bonne humeur, et la critique en creux d'une institution policière dépassée par des citoyens ordinaires plus efficaces qu'elle. L'amitié et la loyauté entre Daniel et Émilien restent le vrai moteur émotionnel de la série. La dimension familiale, avec les personnages récurrents de Lilly et Pétra, apporte une touche de comédie romantique légère. Enfin, comme toujours dans la franchise, la voiture est le vrai personnage principal — un objet de désir et de liberté absolu.
La conclusion de Taxi 3 suit fidèlement le schéma des deux premiers volets : les braqueurs sont neutralisés grâce au tandem improbable de Daniel et Émilien, le commissaire Gibert s'en sort sans comprendre exactement comment, et l'ordre est rétabli dans la bonne humeur générale. Pas de surprise ni de remise en question : la franchise assume pleinement sa logique de série comique populaire, où la résolution prévisible est aussi rassurante que satisfaisante pour le public fidèle. Daniel peut ranger sa Peugeot 406 jusqu'à la prochaine aventure.
Le titre Taxi 3 est d'une simplicité revendiquée : c'est le troisième film de la franchise Taxi, et il le dit sans détour. Ce type de numérotation directe est caractéristique des franchises populaires qui misent sur la reconnaissance immédiate de leur marque plutôt que sur un titre évocateur. "Taxi" reste le mot-clé, désignant à la fois le véhicule central du film, le métier du personnage principal et l'identité d'une saga cinématographique française à part entière.
La franchise Taxi reste l'une des sagas cinématographiques françaises les plus populaires de l'histoire, avec cinq volets à ce jour. Le film est régulièrement diffusé à la télévision et disponible sur les plateformes de streaming. Samy Naceri, dont la carrière a été marquée par des hauts et des bas, est resté indissociablement associé au personnage de Daniel dans la mémoire collective des spectateurs français. La sortie de Taxi 5 en 2018, sans Naceri dans le rôle principal, a confirmé que la franchise pouvait évoluer tout en gardant son ADN populaire.