Dans un petit village de Géorgie, au cœur d'un conflit ethnique, un vieux menuisier esthonien, Ivo, accueille chez lui deux soldats blessés, l'un géorgien et l'autre abkhaze, ennemis jurés. Alors qu'ils se remettent de leurs blessures, une relation improbable va naître entre eux, malgré leurs différences et leur histoire commune de haine. Un drame humain poignant qui explore les thèmes de la réconciliation et de l'humanité en temps de guerre.
"Tangerines" est né de l'expérience personnelle de Zaza Urushadze, qui a grandi en Géorgie pendant les conflits ethniques des années 90. Inspiré par des histoires vraies de soldats ennemis qui ont trouvé un terrain d'entente malgré la guerre, le réalisateur a souhaité créer un film sur la possibilité de la réconciliation. Le scénario a été écrit en collaboration avec des vétérans des deux camps, pour garantir une représentation équilibrée et respectueuse des deux points de vue. Urushadze a également puisé dans la littérature et le cinéma de guerre pour donner une profondeur à son œuvre.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie, le film a été encensé pour son humanisme et son approche subtile d'un conflit complexe. Les critiques ont salué les performances des acteurs, notamment Lembit Ulfsak, dont l'interprétation du rôle d'Ivo a été jugée remarquable. Certains ont trouvé le rythme lent, mais ont reconnu la beauté des images et la profondeur des thèmes abordés. "Tangerines" a été salué comme un chef-d'œuvre du cinéma géorgien et estonien.
Réception du public : Le public a été profondément touché par ce film, qui aborde des thèmes universels comme la guerre, la haine et la réconciliation. Les spectateurs ont apprécié son côté poignant et son message d'espoir, bien que certains aient été déroutés par son manque d'action traditionnelle. Le film a été particulièrement apprécié dans les pays ayant connu des conflits similaires.
Récompenses obtenues : Le film a été nominé pour l'Oscar du Meilleur Film Étranger en 2015, une première pour l'Estonie. Il a également remporté de nombreux prix dans des festivals internationaux, dont le Grand Prix au Festival du Film de Varsovie. Ces distinctions ont contribué à faire connaître le film bien au-delà de ses frontières nationales.
Inspirations du réalisateur : Zaza Urushadze a été inspiré par des récits de soldats qui, malgré leurs différences, ont trouvé un moyen de coexister pacifiquement. Il a également étudié des films de guerre comme "Le Tambour" de Volker Schlöndorff ou "La Vie est belle" de Roberto Benigni, pour comprendre comment aborder des thèmes graves avec sensibilité. Le réalisateur a insisté pour que les acteurs passent du temps ensemble avant le tournage, afin de créer une vraie chimie à l'écran.
Difficultés de production : Le tournage a eu lieu dans un village reculé de Géorgie, où les conditions logistiques ont été difficiles. Les scènes de guerre ont nécessité une coordination précise entre les acteurs et les équipes techniques, notamment pour les effets spéciaux. De plus, le budget serré a obligé l'équipe à trouver des solutions créatives pour les décors et les costumes.
Anecdote sur une scène particulière : La scène où les deux soldats partagent un repas autour de la table d'Ivo a été tournée en une seule prise. Les acteurs ont improvisé une partie de leurs dialogues, ce qui a donné à cette scène une authenticité et une émotion particulières.
Casting initialement prévu : À l'origine, le rôle d'Ivo devait être joué par un acteur géorgien, mais Zaza Urushadze a finalement choisi Lembit Ulfsak pour son interprétation plus apaisante et paternelle.
Le film explore les thèmes de la guerre et de la réconciliation, en montrant comment des ennemis peuvent trouver un terrain d'entente malgré leurs différences. Il aborde également la question de l'humanité et de la compassion, en soulignant comment des actes simples de gentillesse peuvent briser les cycles de haine. Enfin, "Tangerines" interroge la notion de paix, en suggérant que la véritable réconciliation commence par des gestes individuels.
La fin du film, où les deux soldats se séparent en s'engageant à ne plus se faire la guerre, symbolise l'espoir de la réconciliation. Leur décision de tourner la page montre qu'ils ont compris la futilité de la haine et l'importance de la paix. Cette conclusion optimiste renforce le message du film : même dans les conflits les plus profonds, l'humanité peut triompher.
Le titre "Tangerines" (littéralement "Mandarines" en français) fait référence aux fruits que cultive Ivo dans son verger. Ces mandarines symbolisent la douceur et la lumière dans un monde autrement sombre et violent. Ce titre métaphorique met en avant l'espoir et la possibilité de la paix, même dans les situations les plus difficiles.
En 2022, le film a été sélectionné pour une projection spéciale lors du Festival du Film de Berlin, dans le cadre d'une rétrospective sur le cinéma estonien.
La Vie est belle (1997), Le Tambour (1979), No Man's Land (2001)