Sunil, dit Sun, métis franco-indien d'une trentaine d'années, enchaîne les livraisons à Paris pour des employeurs peu scrupuleux. Le jour où ceux-ci décident de légaliser leurs activités et le mettent à la porte, il tente de monter sa propre société de coursiers pour ne pas perdre son gagne-pain. Son plan se complique avec l'arrivée impromptue de son cousin, joueur de sitar tout juste débarqué de Bombay et bien décidé à se produire à l'Olympia. Entre magouilles et mensonges, Sun doit désormais concilier la survie de son entreprise naissante avec une promesse de concert qu'il ne sait absolument pas comment tenir.
Sun est le premier long métrage coréalisé par Jonathan Desoindre, ancien journaliste indépendant et diplômé de philosophie à la Sorbonne, et Ella Kowalska, titulaire de masters en histoire du patrimoine et en droit. Le scénario, écrit par Desoindre avec Thomas Wallon, n'est pas tiré d'un livre ou d'un fait réel précis, mais puise dans l'observation du quotidien des livreurs à deux-roues parisiens et de la communauté indienne de la capitale, peu représentée à l'écran. Les deux réalisateurs expliquent chercher, à travers leurs projets, un équilibre entre réalisme social et fantaisie, dans une forme qu'ils qualifient eux-mêmes de « réalité augmentée », convaincus que chaque récit appelle une forme narrative singulière pour rendre notre époque perceptible au spectateur.
L'accueil critique a été partagé. Cineuropa a salué une comédie estivale « amusante et un peu folle », pleine de bonne humeur et abordant sans insister des thématiques contemporaines comme l'intégration, l'emploi précaire ou l'économie parallèle. D'autres critiques ont jugé le film sympathique mais inégal, pointant des maladresses de rythme propres à un premier long métrage. Le public s'est montré tout aussi partagé : certains spectateurs ont salué une comédie française rafraîchissante qui évite les clichés habituels sur les différences culturelles, quand d'autres ont trouvé le résultat plus poussif que réellement drôle malgré la sympathie dégagée par ses acteurs, notamment Tewfik Jallab. Aucune récompense n'a été recensée pour ce film sorti de manière confidentielle en juillet 2019.
Sun aborde avec légèreté des sujets sociaux contemporains comme la précarité de l'emploi, l'économie souterraine des plateformes de livraison et l'intégration des communautés immigrées en France. Le film met en scène le choc culturel générationnel entre deux cousins que tout oppose, l'un ancré dans la débrouille parisienne, l'autre porté par un rêve artistique presque naïf, tout en célébrant la solidarité improbable qui finit par les réunir.
Le titre Sun renvoie directement au surnom du personnage principal, Sunil Pratham, diminutif à la fois familier et lumineux qui évoque également, par homonymie avec le mot anglais désignant le soleil, l'énergie et l'optimisme débrouillard du personnage malgré les difficultés qu'il traverse.
On peut rapprocher Sun de la comédie italienne Bangla, qui aborde également le quotidien d'un jeune homme issu de l'immigration sud-asiatique en Europe, ou de comédies sociales françaises choralement construites comme Patients ou Chocolat.