Kevin Wendell Crumb souffre d'un trouble dissociatif de l'identité : vingt-trois personnalités distinctes cohabitent en lui, et la plus dangereuse — la Bête — est sur le point d'émerger. Lorsqu'il enlève trois adolescentes, l'une d'elles, Casey, une jeune fille au passé traumatique, va devoir naviguer entre les différentes personnalités de Kevin pour survivre. *Split* est un thriller psychologique haletant qui révèle James McAvoy dans une performance stupéfiante et marque le retour triomphal de M. Night Shyamalan après plusieurs films décevants.
Genèse du film
Split est un projet entièrement original de M. Night Shyamalan, qui a écrit le scénario après avoir traversé une période difficile dans sa carrière, marquée par plusieurs films mal reçus (The Last Airbender, After Earth). Shyamalan a voulu revenir à l'essence de ce qui faisait son style — le thriller psychologique intimiste, à petit budget, centré sur une idée forte — après s'être égaré dans des productions à grand spectacle. L'idée d'un personnage atteint de trouble dissociatif de l'identité (TDI) l'obsédait depuis longtemps, fasciné par les cas réels documentés dans la littérature psychiatrique, notamment celui de Billy Milligan, dont les 24 personnalités avaient défrayé la chronique aux États-Unis dans les années 1970. Shyamalan a effectué des recherches approfondies sur le TDI avant de commencer l'écriture, et a travaillé avec des conseillers médicaux pour s'assurer de la vraisemblance de la représentation. La décision de financer le film lui-même, avec un budget modeste (environ 9 millions de dollars), lui a donné une liberté créative totale. Le casting de James McAvoy a été central dès l'écriture : Shyamalan voulait un acteur capable de jouer une multitude de personnages radicalement différents dans un même film, avec une crédibilité totale dans chacun. Le lien secret avec l'univers de Incassable (2000) — révélé dans la scène post-générique — était planifié depuis le début de l'écriture, inscrivant Split dans une trilogie non annoncée.
Résumé des critiques professionnelles : Split a été unanimement salué comme le retour en grâce de M. Night Shyamalan. La presse internationale a célébré la performance de James McAvoy comme l'une des plus époustouflantes de l'année, capable de passer d'une personnalité à l'autre en un regard. Le film a été loué pour sa tension constante, son économie de moyens et la profondeur psychologique de ses personnages. Certaines voix se sont élevées pour critiquer la représentation du trouble dissociatif de l'identité, jugée trop proche du mythe populaire que de la réalité clinique.
Réception du public : Le succès commercial a été spectaculaire : Split a rapporté plus de 278 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 9 millions, devenant l'un des films les plus rentables de l'année 2017. Le public a été conquis par la tension du film et la performance de McAvoy, et le bouche-à-oreille a été exceptionnel. La révélation finale — le lien avec Incassable — a provoqué un enthousiasme déliant dans les salles et sur les réseaux sociaux.
Récompenses obtenues : James McAvoy a reçu de nombreuses nominations dans les catégories Meilleur acteur des critiques américains et britanniques pour sa performance. M. Night Shyamalan a été nominé aux Saturn Awards dans la catégorie Meilleur réalisateur. Le film a remporté plusieurs prix dans des festivals de cinéma fantastique et de genre à travers le monde.
Inspirations du réalisateur : M. Night Shyamalan s'est documenté sur le cas réel de Billy Milligan, homme atteint de TDI dont les 24 personnalités avaient conduit à un procès retentissant dans les années 1970. Il s'est également appuyé sur des études psychiatriques récentes sur le TDI pour construire la psychologie de Kevin. La décision de connecter Split à l'univers de Incassable lui permettait de réaliser un rêve ancien : créer une trilogie de super-héros réaliste et psychologique, à rebours des blockbusters Marvel.
Difficultés de production : Avec un budget de 9 millions de dollars, Shyamalan devait faire preuve d'une grande rigueur. Le film a été tourné principalement dans des intérieurs, ce qui limitait les coûts mais imposait une inventivité visuelle constante. La préparation de James McAvoy pour ses nombreuses personnalités a demandé plusieurs mois de travail avec des coachs et des chercheurs spécialisés.
Anecdote sur une scène particulière : James McAvoy a raconté en interview que les transitions entre personnalités — parfois en plein milieu d'une scène — étaient parmi les défis les plus exigeants de sa carrière. Il utilisait des codes internes personnels pour basculer rapidement d'un état émotionnel à l'autre, et l'équipe technique devait s'adapter à ces changements instantanés. Certaines transitions ont été filmées en une seule prise continue.
Thèmes abordés
Split est un film qui dépasse largement le simple thriller pour explorer des territoires psychologiques complexes. Le trauma de l'enfance et ses effets durables sur l'identité adulte est le thème le plus profond du film, partagé par Kevin et Casey dont les flashbacks révèlent progressivement la violence des blessures passées. La multiplicité de l'identité — l'idée que nous sommes tous composés de plusieurs "moi" — est explorée sous sa forme la plus radicale à travers le TDI de Kevin. Le film interroge la frontière entre santé mentale et dangerosité, refusant de réduire Kevin à un simple monstre tout en ne niant pas la réalité de la menace qu'il représente. La résilience des victimes de trauma est un fil émotionnel fort, porté par le personnage de Casey. La prédation et la survie sont au cœur de la tension dramatique. Enfin, le film ouvre vers une réflexion sur les super-pouvoirs comme métaphore du trauma — une idée qui sera développée dans Glass (2019).
Explication de la fin
La fin de Split fonctionne à deux niveaux. Au niveau narratif immédiat, Casey survit en exposant ses cicatrices d'automutilation à la Bête — Kevin reconnaissant en elle une "pure" qui a souffert, et donc digne d'être épargnée. C'est une fin à la fois sombre et nuancée : Casey est sauvée, mais Kevin/la Bête est en fuite. Au niveau méta, la scène post-générique révèle que Split se passe dans le même univers qu'Incassable (2000), Bruce Willis reprenant son rôle de David Dunn pour quelques secondes. Cette révélation transforme rétrospectivement Split en deuxième épisode d'une trilogie et a provoqué un choc de joie dans le public, annonçant Glass (2019) comme conclusion.
Signification du titre
Le titre Split (en français : "divisé", "fendu") fait référence au trouble dissociatif de l'identité de Kevin — une personnalité "scindée" en de multiples entités distinctes. Il renvoie aussi à la fracture intérieure de Casey, dont l'identité a été "splitée" par les traumatismes de l'enfance. En un seul mot, le titre capture l'essence du film : la division, la fragmentation, la coexistence de contraires en un même être. C'est un titre économe et percutant, parfaitement cohérent avec le style de Shyamalan.
Actualités
Split a lancé la trilogie Unbreakable de M. Night Shyamalan, conclue avec Glass (2019). Anya Taylor-Joy, révélée par ce film, est depuis devenue l'une des actrices les plus en vue de sa génération, notamment grâce à Le Jeu de la Dame (2020). James McAvoy est régulièrement cité pour sa performance dans Split comme l'une des plus mémorables de la décennie 2010. M. Night Shyamalan a consolidé son retour en grâce avec Old (2021) et continue de développer des projets de genre ambitieux.
Films Similaires
Incassable (2000) de M. Night Shyamalan est le premier volet de la trilogie dont Split fait partie. Glass (2019) est la conclusion, réunissant les personnages des deux films. Psychose (1960) d'Alfred Hitchcock est la référence absolue du thriller centré sur une personnalité multiple. Sybil (1976) explore cliniquement le trouble dissociatif de l'identité avec une profondeur documentaire. Black Swan (2010) de Darren Aronofsky partage l'exploration de la dualité psychologique et de la dissociation.