Stella, 17 ans, souffre d'une maladie pulmonaire chronique qui la contraint à maintenir une distance de deux mètres avec tout être humain pour éviter toute contamination croisée. Sa vie, très médicalisée et encadrée, bascule le jour où elle rencontre Will, un autre patient atteint de la même maladie. Entre eux naît une romance impossible, que leur état de santé interdit concrètement — mais que leurs cœurs refusent d'abandonner.
Sous un autre jour (titre original : Five Feet Apart) est l'adaptation du roman éponyme de Rachael Lippincott, publié en 2019 simultanément à la sortie du film — une collaboration éditoriale peu commune qui illustre la façon dont les industries du livre et du cinéma cherchent à croiser leurs publics dans la catégorie young adult. L'histoire s'inspire de la réalité médicale de la mucoviscidose, maladie pulmonaire génétique pour laquelle il est effectivement recommandé aux malades de maintenir une distance minimale entre eux pour éviter les infections croisées aux bactéries spécifiques. Ce détail médical, aussi contraignant que romantiquement dramatique, est au cœur du concept du film : l'amour empêché par la biologie. Le réalisateur Neil Burger, qui avait signé Divergente, a été séduit par la dimension à la fois médicalement crédible et émotionnellement intense du projet. Le film a été produit par CBS Films avec une approche clairement orientée vers le public adolescent et les fans de romances dites "sick-lit" (littérature romantique centrée sur la maladie), un sous-genre en vogue depuis Nos étoiles contraires (2014).
Résumé des critiques professionnelles : La critique spécialisée a été partagée : si la prestation de Haley Lu Richardson a été unanimement saluée comme la principale force du film, le scénario et la réalisation ont été jugés trop proches des conventions du genre romantic-drama adolescent pour être réellement mémorables. Certains critiques ont estimé que le film n'exploitait pas suffisamment les potentialités philosophiques et médicales de son sujet.
Réception du public : Le film a en revanche rencontré un immense succès auprès du public adolescent et jeune adulte, réalisant un score remarquable au box-office pour son budget modeste, avec plus de 45 millions de dollars de recettes mondiales. Les spectateurs et spectatrices attirés par le genre "sick-lit" ont plébiscité le film, et il a généré une importante activité sur les réseaux sociaux, notamment autour des thèmes de la maladie chronique et de la résilience.
Récompenses obtenues : Haley Lu Richardson a reçu plusieurs nominations pour son rôle dans des cérémonies de récompenses dédiées au cinéma pour jeunes adultes. La chanson thème du film a également été nommée dans plusieurs catégories musicales.
Inspirations du réalisateur : Neil Burger s'est documenté auprès d'associations de patients atteints de mucoviscidose et a intégré dans la production des personnes directement concernées par la maladie pour s'assurer de la justesse et du respect de la représentation médicale. Cette démarche a été saluée par les communautés de patients, qui ont généralement apprécié la manière dont le film abordait leur quotidien.
Difficultés de production : L'un des défis du tournage a été de maintenir une tension dramatique et romantique entre les deux personnages principaux tout en respectant leur impossibilité physique de se toucher — contrainte narrative très rare dans le genre romantique, qui repose habituellement sur le contact physique comme moment culminant. Les acteurs ont dû travailler avec la chorégraphie précise de leur distance pour que chaque scène soit à la fois médicalement cohérente et émotionnellement intense.
Sous un autre jour aborde de front la thématique de la maladie chronique et de la manière dont elle façonne l'identité, les projets et les relations des personnes qui en souffrent. Le film questionne le droit au bonheur et à l'amour de ceux dont la santé est précaire, et la tension entre se protéger et accepter de vivre pleinement. La notion de contrôle — Stella gère sa maladie avec une rigueur obsessionnelle — est présentée comme à la fois une nécessité et une prison dont elle devra apprendre à s'extraire. L'amour romantique est ici un vecteur d'émancipation et de prise de risque, mais le film prend soin de ne jamais nier la réalité médicale au profit du sentimentalisme. La mort et l'impermanence sont des présences constantes, qui donnent à chaque moment partagé entre les personnages une intensité particulière.
La fin de Sous un autre jour est à la fois déchirante et porteuse d'espoir. Sans tout dévoiler, la relation entre Stella et Will est confrontée à une épreuve médicale qui remet tout en question et force les personnages — et le spectateur — à accepter les limites de ce que l'amour peut surmonter. Le film refuse le happy end classique sans pour autant sombrer dans le désespoir, optant pour une conclusion émotionnellement honnête qui reconnaît la cruauté de la maladie tout en célébrant la beauté des moments vécus.
Le titre original Five Feet Apart (Cinq pieds d'écart, soit environ 1,52 mètre) désigne la distance minimale que les malades de mucoviscidose doivent maintenir entre eux pour éviter les contaminations croisées. Mais c'est aussi une métaphore : ces "cinq pieds" représentent tout ce qui sépare les deux personnages malgré leur désir d'être ensemble. Stella, dans le film, décide de revendiquer un pied de plus — soit environ 30 centimètres — comme un acte de rébellion et d'appropriation de sa propre vie. Le titre français Sous un autre jour est moins littéral mais évoque l'idée d'une nouvelle perspective sur l'existence, d'une façon de voir la vie différemment après avoir rencontré l'autre.
Depuis sa sortie, Sous un autre jour est régulièrement cité comme l'un des films romantiques adolescents les plus touchants de sa génération, notamment dans les communautés en ligne dédiées aux "sick-lit". Il continue d'être découvert sur les plateformes de streaming et de susciter des discussions sur la représentation de la maladie au cinéma.