À Paris, au cours du joli mois de mai, onze femmes d'horizons totalement différents voient leurs destins s'entrecroiser de manière inattendue. Qu'elles soient mères de famille débordées, femmes d'affaires redoutables, célibataires endurcies ou épouses en pleine crise existentielle, chacune traverse une tempête personnelle. Leurs désirs ordinaires, leurs secrets inavouables et leurs névroses quotidiennes éclatent au grand jour, bousculant les conventions établies. À travers une série de situations drôles, touchantes et parfois absurdes, cette comédie chorale dresse un portrait sans fard de la féminité moderne, où la solidarité et l'autodérision deviennent les meilleures armes pour survivre à la jungle urbaine.
L'idée originale est née d'un profond sentiment de frustration ressenti par l'actrice et réalisatrice Audrey Dana face au manque de rôles féminins complexes et variés dans le cinéma français contemporain. Elle a constaté que les femmes étaient trop souvent cantonnées à des rôles de faire-valoir ou de figures idéalisées dans les comédies grand public. Inspirée par ses propres expériences et par de longues discussions avec ses amies, elle a eu envie de réaliser un film choral écrit, réalisé et porté presque exclusivement par des femmes. Le but initial était de briser les tabous, de parler de sexualité, de sautes d'humeur et de contradictions psychologiques avec une liberté totale, une honnêteté brute et un humour résolument décomplexé.
La presse culturelle française s'est montrée très partagée lors de la sortie en salles de cette comédie chorale. Si certains critiques ont applaudi l'audace du ton, l'énergie communicative de la mise en scène et le plaisir manifeste de la troupe d'actrices, d'autres ont déploré une accumulation de clichés et un humour jugé parfois trop lourd ou vulgaire. Plusieurs articles ont regretté que le film confonde hystérie collective et émancipation féminine, tandis que les défenseurs de l'œuvre saluaient un vent de fraîcheur salutaire.
Le public a répondu présent de manière spectaculaire, transformant le film en un véritable succès populaire au box-office national avec plus d'un million d'entrées. Les spectatrices, en particulier, se sont massivement reconnues dans les situations décrites, appréciant la sincérité des thématiques abordées sans le filtre habituel du regard masculin. Les débats animés sur les réseaux sociaux ont entretenu une excellente dynamique tout au long de sa période d'exploitation commerciale.
Bien que boudé par les cérémonies de prix traditionnelles plus dramatiques, le film a obtenu une visibilité internationale notable en étant présenté dans plusieurs festivals de films francophones à travers le monde. Il a été nommé pour le prix du public dans plusieurs compétitions européennes de comédie. Sa plus belle récompense reste son statut de film de bande, souvent cité comme une référence moderne de la comédie féminine décomplexée en France.
La réalisatrice Audrey Dana a dirigé son équipe avec la volonté constante de créer un espace de liberté totale pour ses comédiennes, encourageant régulièrement l'improvisation pour capter des moments de pure complicité organique.
Le principal défi logistique de la production a été d'accorder les emplois du temps extrêmement chargés de onze des plus grandes actrices du cinéma français contemporain. Le tournage a dû s'organiser selon un véritable calendrier d'orfèvre pour permettre à chacune d'avoir son moment fort à l'écran sans bloquer l'ensemble de la distribution pendant des mois.
Une séquence mémorable montre le personnage d'Isabelle Adjani en pleine crise hormonale, une scène que l'icône du cinéma a acceptée de jouer avec une autodérision totale qui a bluffé toute l'équipe technique sur le plateau. Son audace a immédiatement donné le ton pour le reste de la troupe.
Pour réunir ce casting cinq étoiles, la réalisatrice est allée démarcher personnellement chaque actrice avec un scénario inachevé, leur promettant de co-écrire certaines facettes de leurs personnages respectifs afin que l'histoire colle au plus près de leurs sensibilités personnelles.
Le film aborde sans tabou la charge mentale des mères de famille, l'infidélité au sein du couple, l'homosexualité féminine et les bouleversements de la ménopause. Il explore la quête d'identité sexuelle et affective, tout en mettant en avant la puissance de la sororité et de l'amitié féminine comme remèdes indispensables face aux pressions sociétales imposées aux femmes.
L'épilogue réunit la quasi-totalité des personnages lors d'une grande fête libératrice sous la pluie parisienne, symbolisant une forme de baptême et de renouveau pour ces onze femmes. Après avoir traversé leurs crises respectives, elles acceptent enfin leurs imperfections, leurs désirs profonds et leurs vulnérabilités. La fin n'offre pas de résolutions magiques à tous leurs problèmes de couple ou professionnels, mais montre qu'elles sont désormais prêtes à s'assumer pleinement et solidement ensemble.
Le titre Sous les jupes des filles est une référence directe à la célèbre chanson éponyme de Alain Souchon sortie en 1993. Il évoque l'idée de soulever le voile des apparences pour découvrir la réalité intime, cachée et parfois tumultueuse de la vie des femmes, au-delà des sourires de façade et des rôles superficiels que la société leur attribue.
La bande originale du film bénéficie d'une attention toute particulière grâce à la participation de la chanteuse et musicienne Imany. Elle a composé l'intégralité des chansons du film, incluant le tube planétaire Don't Be So Shy, qui apporte une touche de mélancolie soul et d'énergie folk absolument essentielle au rythme et à l'identité émotionnelle du long-métrage.
Le film est régulièrement rediffusé à la télévision française lors des soirées de grande écoute, suscitant à chaque fois de vives réactions et un engouement intact de la part du public. Il est également devenu un sujet d'étude intéressant dans les analyses universitaires portant sur l'évolution de la représentation des femmes dans le cinéma grand public post-années 2010.
Ce film s'inscrit dans la tradition des grandes comédies chorales comme Tout ce qui brille pour son dynamisme et son ancrage parisien moderne. On peut également le rapprocher d'œuvres chorales américaines telles que Valentine's Day ou de comédies féministes et irrévérencieuses à la manière de Mes meilleures amies de Paul Feig.