Slevin Kelevra, jeune homme malchanceux venu rendre visite à un ami à New York, se retrouve pris pour quelqu'un d'autre dès son arrivée dans l'appartement de ce dernier, mystérieusement absent. Kidnappé par les hommes de main de deux parrains rivaux, le Rabbin et le Boss, il se retrouve enrôlé de force dans leur guerre de gangs sans pouvoir prouver son innocence sur cette confusion d'identité. Pendant ce temps, un mystérieux tueur à gages surnommé Goodkat rôde également dans l'ombre, poursuivant ses propres objectifs énigmatiques. Ce qui ressemble d'abord à un simple malentendu va progressivement se révéler comme le rouage central d'un plan bien plus vaste et machiavélique que personne n'avait anticipé.
Lucky Number Slevin a été écrit par le scénariste Jason Smilovic, qui voulait construire un thriller à twists multiples dans la tradition des films de gangsters mêlant humour noir et rebondissements orchestrés avec une grande précision narrative. Le réalisateur écossais Paul McGuigan, déjà remarqué pour son sens du montage percutant et son style visuel affirmé, a été choisi pour porter à l'écran ce scénario dense et régulièrement salué comme l'un des meilleurs de sa génération encore non produits à Hollywood. Le titre du film fait référence à un jeu de mots élaboré autour du personnage principal, dont le vrai plan machiavélique ne se révèle qu'au terme d'un long jeu de manipulation et de vengeance. McGuigan voulait créer un équilibre subtil entre l'humour noir des dialogues, portés par un casting prestigieux, et la tension dramatique croissante d'un récit de vengeance particulièrement élaboré. Le tournage a rassemblé une distribution impressionnante de stars hollywoodiennes, contribuant à l'attrait commercial du projet malgré son scénario complexe et exigeant.
La critique s'est montrée globalement favorable envers ce thriller, saluant l'intelligence de sa construction narrative en forme de puzzle ainsi que les dialogues particulièrement ciselés portés par un casting de premier plan. Plusieurs observateurs ont souligné la performance de Josh Hartnett, capable de porter le film avec un mélange de charme désinvolte et de mystère grandissant. Certains critiques ont néanmoins pointé un rythme parfois inégal et une résolution finale jugée un peu trop mécanique après une mise en place aussi soignée.
Le public a réservé un accueil chaleureux à ce thriller original, appréciant particulièrement le twist final surprenant et le casting réunissant Bruce Willis, Morgan Freeman, Ben Kingsley et Lucy Liu autour du jeune Josh Hartnett. Le film a connu un succès commercial honorable, confirmant l'attrait du public pour les thrillers à structure narrative complexe et aux dialogues percutants. Lucky Number Slevin a progressivement acquis une solide réputation auprès des amateurs de cinéma de genre au fil des années suivant sa sortie.
Lucky Number Slevin n'a pas obtenu de récompense institutionnelle majeure lors de sa sortie, mais a néanmoins consolidé la réputation de Paul McGuigan comme réalisateur capable de gérer avec brio des récits complexes portés par une distribution prestigieuse.
Le scénariste Jason Smilovic voulait construire un thriller à twists multiples dans la tradition des films de gangsters mêlant humour noir et rebondissements narratifs savamment orchestrés, un scénario longtemps considéré comme l'un des meilleurs non produits d'Hollywood.
Rassembler une distribution aussi prestigieuse, comprenant Bruce Willis, Morgan Freeman, Ben Kingsley, Lucy Liu et Josh Hartnett, a représenté un défi logistique important pour coordonner les emplois du temps chargés de chacune de ces stars hollywoodiennes.
La révélation finale du plan machiavélique orchestré par Slevin depuis le début du film nécessite un second visionnage pour saisir pleinement tous les indices disséminés subtilement tout au long du récit par le réalisateur Paul McGuigan.
Lucky Number Slevin explore la vengeance méticuleusement planifiée, le personnage principal orchestrant depuis le début un plan complexe visant à venger la mort de ses proches. Le film interroge également la confusion d'identité comme moteur narratif central, Slevin étant pris pour quelqu'un d'autre dès son arrivée à New York. La rivalité entre gangs organisés, incarnée par l'affrontement entre le Rabbin et le Boss, occupe une place importante dans la structure du récit criminel. Le film aborde aussi la manipulation et le contrôle, chaque personnage semblant tirer les ficelles d'un jeu bien plus vaste que ce qu'il laisse initialement paraître. Enfin, l'œuvre questionne la loyauté et la trahison au sein des organisations criminelles, thème classique du genre revisité avec une construction narrative particulièrement sophistiquée.
Le film révèle que Slevin n'est autre que le fils de la victime d'un pari truqué ayant coûté la vie à sa famille des années auparavant, et que l'intégralité de sa présence à New York relevait d'un plan de vengeance minutieusement orchestré depuis le début. Avec la complicité du tueur à gages Goodkat, Slevin a manipulé l'ensemble des événements pour piéger simultanément les deux parrains rivaux responsables de la mort de ses proches. Le film se termine sur l'accomplissement total de cette vengeance, révélant que le personnage en apparence naïf et malchanceux était en réalité le véritable architecte de tout ce qui s'était produit. Cette conclusion en forme de révélation totale rétroactivement éclaire chaque scène précédente sous un jour nouveau, transformant la confusion apparente en une mécanique de vengeance parfaitement huilée.
Le titre Lucky Number Slevin, littéralement "le chiffre porte-bonheur de Slevin", fait référence à un pari sportif truqué évoqué à plusieurs reprises dans le récit, élément déclencheur de toute la tragédie familiale ayant motivé la vengeance du personnage principal. Ce titre, en apparence anodin, prend tout son sens rétroactivement une fois la révélation finale du plan de Slevin dévoilée au spectateur. Le titre français, plus simple, se contente de reprendre le prénom du personnage principal, perdant ainsi une partie du jeu de mots présent dans le titre original anglais.
Les amateurs de thrillers à twists multiples apprécieront Usual Suspects de Bryan Singer, référence incontournable du genre partageant cette même construction narrative trompeuse. Snatch de Guy Ritchie offre un autre exemple de récit choral criminel mêlant humour noir et rebondissements orchestrés. Sept de David Fincher partage cette même tension psychologique et cette résolution finale bouleversante. Memento de Christopher Nolan explore également une structure narrative complexe centrée sur la vengeance et la manipulation de la perception du spectateur.