Vincent Downs, un policier infiltré de Las Vegas, se retrouve au cœur d'un engrenage mortel après avoir intercepté une importante cargaison de drogue appartenant à un puissant chef de gang. En guise de représailles, les criminels enlèvent son fils adolescent et exigent une rançon immédiate au sein même d'un casino bondé. Pris au piège entre des collègues corrompus, des agents des affaires internes suspicieux et des truands impitoyables, Vincent entame une course contre la montre désespérée pour sauver son enfant. Au cours d'une seule nuit blanche, la tension monte d'un cran à chaque décision prise dans l'urgence.
Le projet est né de la volonté des studios hollywoodiens de transposer pour le public américain le thriller français acclamé Nuit blanche de Frédéric Jardin, sorti en 2011. Les producteurs ont été séduits par le concept en vase clos du film original, qui offre une tension dramatique immédiate et un rythme haletant particulièrement adapté aux codes du cinéma d'action contemporain. Le réalisateur d'origine suisse Baran bo Odar a été choisi pour sa capacité à instaurer une esthétique sombre et nerveuse, qu'il avait déjà démontrée dans ses précédents travaux en Europe. L'objectif était de garder l'essence du scénario initial tout en l'adaptant à la démesure et aux décors iconiques de la vie nocturne de Las Vegas.
La presse spécialisée s'est montrée relativement sévère à l'égard de ce long-métrage lors de sa sortie dans les salles obscures. Beaucoup de critiques ont souligné que le film souffrait de la comparaison avec l'œuvre originale française, jugée beaucoup plus brute et inventive dans sa mise en scène. Les journalistes ont pointé du doigt un scénario un peu trop prévisible et des scènes d'action qui manquent parfois d'originalité malgré la débauche d'énergie des acteurs. Quelques papiers ont tout de même sauvé l'ambiance visuelle nocturne et l'efficacité de la réalisation technique.
Du côté des spectateurs, les avis se sont avérés plus indulgents, le film remplissant honnêtement sa fonction de divertissement pop-corn sans temps mort. Le public amateur d'action a salué le rythme effréné de l'intrigue et l'interprétation physique de Jamie Foxx, toujours très crédible dans ce genre de rôle musclé. Sans devenir un immense phénomène de société, le film a trouvé son public sur les plateformes de vidéo à la demande, où son efficacité immédiate convient parfaitement aux amateurs de thrillers urbains.
Le film n'a remporté aucune récompense notable lors des grands festivals ou des cérémonies de prix de l'industrie cinématographique. Il a été conçu principalement comme un produit de divertissement commercial à destination du box-office mondial, plutôt que comme une œuvre à vocation artistique majeure. Sa plus grande réussite réside dans sa distribution internationale qui lui a permis de s'exporter efficacement sur de nombreux marchés étrangers.
Le metteur en scène a cherché à éviter le piège des cartes postales lumineuses de Las Vegas pour se concentrer sur l'envers du décor, utilisant des éclairages néon crus et des ombres prononcées.
Bien que l'intrigue se déroule intégralement à Las Vegas, une grande partie des scènes intérieures du casino a en réalité été tournée dans des studios situés à Atlanta pour des raisons évidentes d'économies fiscales. Recréer l'illusion d'un gigantesque complexe de jeu du Nevada a demandé un travail colossal aux équipes de décoration.
Au cours d'une répétition pour une scène de combat intense dans une cuisine de restaurant, Jamie Foxx a accidentellement frappé l'acteur de cascadeurs un peu trop fort au visage, provoquant une interruption momentanée du tournage. Heureusement, l'incident s'est réglé dans la bonne humeur et la prise finale conservée au montage est d'un réalisme saisissant.
Au départ, le studio lorgnait sur d'autres vedettes du cinéma d'action pour camper le rôle principal, mais l'implication immédiate de Jamie Foxx, également coproducteur exécutif du projet, a définitivement verrouillé le casting de ce flic sur la corde raide.
Le long-métrage traite principalement de la corruption systémique au sein des forces de l'ordre et de la frontière de plus en plus poreuse entre le bien et le mal. Il aborde également le thème de la rédemption paternelle, montrant jusqu'où un homme peut aller et quels sacrifices il est prêt à consentir pour protéger sa progéniture face à un danger de mort imminent.
La fin du film voit Vincent Downs réussir à éliminer ses principaux opposants et à sauver son fils après une ultime fusillade sanglante au cœur du casino. Cependant, l'épilogue introduit une note d'ouverture sombre : l'agente des affaires internes, jouée par Michelle Monaghan, réalise que les ramifications de la corruption s'étendent bien plus haut que prévu. Un dernier coup de fil suggère que de nouveaux réseaux criminels sont déjà prêts à prendre leur revanche, laissant la porte ouverte à une suite.
Le titre américain Sleepless se traduit littéralement par "Insomniaque" ou "Sans sommeil". Il fait directement référence à la structure temporelle de l'histoire qui se déroule sur une seule et unique nuit de haute tension, obligeant le personnage principal à rester éveillé et en alerte maximale pour survivre aux pièges tendus par ses adversaires.
Le film continue de circuler régulièrement sur les catalogues mondiaux de Netflix et Prime Video, s'offrant souvent une seconde jeunesse auprès des abonnés friands de thrillers d'action rapides. Les carrières respectives du réalisateur Baran bo Odar et de la scénariste Jantje Friese ont depuis explosé grâce au succès planétaire de leur série fantastique Dark.
Ce film s'inscrit dans la lignée directe de productions nerveuses comme Taken avec Liam Neeson pour sa thématique de sauvetage familial express. On peut également le rapprocher de Training Day pour son ambiance de flics corrompus naviguant en eaux troubles, ou évidemment du film original français Nuit blanche qui en est la matrice.