Plusieurs années après son mariage avec l'empereur François-Joseph, l'impératrice Sissi doit affronter les tensions grandissantes entre l'Autriche et la Hongrie, où gronde le mécontentement des révolutionnaires. Décidée à apaiser les esprits, elle se rend elle-même en Hongrie où elle rencontre le comte Andrassy, dont l'admiration à son égard dépasse la simple diplomatie. De retour vers Vienne, une grave maladie manque de lui coûter la vie, contraignant l'impératrice à un long repos loin de la cour. Ce troisième et dernier volet de la trilogie referme le portrait romancé d'une souveraine tiraillée entre son devoir d'État et sa quête de liberté personnelle.
Sissi face à son destin conclut la trilogie initiée par Ernst Marischka en 1955, un cycle inspiré librement de la vie de l'impératrice Élisabeth d'Autriche, davantage pensé comme une œuvre romanesque et populaire que comme une reconstitution historique fidèle. Marischka, également scénariste et coproducteur du film, avait déjà porté le personnage de Sissi à l'écran sous une forme théâtrale et musicale dans une opérette viennoise des années 1930, dont il reprend ici certains motifs sentimentaux. Le triomphe commercial des deux premiers volets à travers l'Europe pousse naturellement les producteurs à financer une conclusion à la hauteur des attentes du public. Le film s'inscrit dans une tradition du cinéma populaire autrichien et allemand de l'après-guerre, friand de fresques historiques romancées offrant un exutoire esthétique et sentimental à un public encore marqué par les années de conflit. Romy Schneider, alors âgée d'à peine dix-neuf ans, incarne pour la troisième fois consécutive l'impératrice, un rôle qui la propulse au rang de star européenne mais dont elle cherchera ensuite à s'affranchir.
À sa sortie, le film est accueilli avec enthousiasme par un public europeén nostalgique de la grandeur impériale, la presse populaire saluant la beauté des décors, des costumes et la prestation de Romy Schneider, déjà considérée comme la véritable incarnation du personnage. Une partie de la critique plus exigeante reproche cependant à Marischka son traitement édulcoré de l'histoire et son classicisme formel, jugé daté par rapport aux évolutions du cinéma européen de l'époque. Le public plébiscite massivement le film dans toute l'Europe germanophone puis francophone, où la trilogie devient un phénomène culturel durable, régulièrement rediffusé à la télévision pendant les fêtes de fin d'année pendant plusieurs décennies. Le film a été sélectionné au Festival de Cannes, une reconnaissance qui a contribué à asseoir la réputation internationale de la saga au-delà de son statut de simple succès populaire.
Ernst Marischka, également auteur du scénario, s'inspire directement de l'opérette qu'il avait lui-même créée à Vienne dans les années 1930 avec son frère, retravaillant certains motifs romanesques pour les adapter au format cinématographique. La production, dotée de moyens considérables pour l'époque, a permis de reconstituer avec faste les intérieurs de la cour impériale ainsi que plusieurs scènes de chevauchée dans la campagne hongroise, tournées avec un soin particulier apporté aux mouvements de caméra. Romy Schneider, lassée de son image de Sissi, a refusé la proposition de Marischka de tourner un quatrième volet malgré une rémunération exceptionnellement élevée, souhaitant s'affranchir d'un rôle qui menaçait de l'enfermer durablement dans l'esprit du public. Sa mère, Magda Schneider, actrice déjà célèbre avant-guerre, interprète à l'écran la mère fictive de sa propre fille, une mise en abyme familiale qui a nourri la légende entourant le tournage de la trilogie.
Sissi face à son destin explore le tiraillement entre le devoir d'État et l'aspiration à la liberté individuelle, incarné par une impératrice tenue de composer avec les exigences diplomatiques de son rang. Le film aborde également la maladie et la fragilité du corps face à la pression exercée par la cour impériale, thème traité avec une pudeur caractéristique du genre. La tentation amoureuse représentée par le comte Andrassy introduit une tension romanesque entre fidélité conjugale et désir de liberté sentimentale. Le film célèbre enfin, à travers son héroïne, une certaine idée de la grâce et de la résilience féminine face à l'adversité.
Après avoir traversé une grave maladie qui a mis sa vie en danger, Sissi retrouve la santé grâce au soutien de sa mère et à un long séjour loin des obligations de la cour, avant de rentrer à Vienne aux côtés de François-Joseph, dont l'amour sincère la réconforte. Cette conclusion referme la trilogie sur une note d'apaisement conjugal, sans toutefois dissiper entièrement la mélancolie qui traverse le personnage depuis le début du récit. Le film choisit ainsi de clore son portrait romancé sur une image de résilience plutôt que sur une résolution purement historique des tensions politiques évoquées.
Le titre original, qui peut se traduire par "les années décisives d'une impératrice", souligne que ce troisième volet met l'accent sur les épreuves personnelles, politiques et physiques qui façonnent définitivement le destin de Sissi, entre affirmation de son rôle public et fragilité intime.
La trilogie Sissi continue d'être régulièrement rediffusée à la télévision européenne et redécouverte par de nouvelles générations via les plateformes de streaming, tandis que le personnage de l'impératrice a inspiré plusieurs adaptations littéraires et audiovisuelles récentes.
Sissi, Sissi impératrice, Ludwig, Le Bal, Marie-Antoinette.