John et Jeremy sont médiateurs de divorce le jour, mais leur véritable passion consiste à s'incruster incognito dans les mariages de parfaits inconnus pour profiter du champagne, de l'ambiance festive et surtout des demoiselles d'honneur célibataires. Rodés à la perfection, ils appliquent depuis des années un véritable code de conduite censé leur garantir succès et discrétion, jusqu'à ce qu'ils décident de s'inviter au mariage le plus prestigieux de la saison, celui de la fille du secrétaire au Trésor. Invités par la famille elle-même à passer le week-end dans leur propriété, les deux compères vont devoir jongler avec leurs fausses identités tout en tombant, contre toute attente, réellement amoureux des deux sœurs de la mariée. Ce séjour chez les Cleary va bouleverser leurs certitudes et leur faire réviser en profondeur leurs propres règles du jeu amoureux.
Serial Noceurs n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original des scénaristes Steve Faber et Bob Fisher, qui ont vendu leur histoire à New Line Cinema en 2003 pour un montant à six chiffres. Le réalisateur David Dobkin a signé pour le film en 2004, y voyant l'occasion idéale de réunir à l'écran Owen Wilson et Vince Vaughn, deux acteurs avec lesquels il avait déjà travaillé séparément, respectivement sur Shanghai Kid 2 et Clay Pigeons. Les deux comédiens s'étaient d'ailleurs rencontrés bien avant le tournage, lors de la première de Shanghai Kid 2, où ils avaient improvisé ensemble un numéro digne d'Abbott et Costello qui avait convaincu Dobkin de vouloir un jour les réunir. Le service marketing de New Line Cinema s'était initialement inquiété du caractère peu sympathique de personnages dont l'unique objectif consistait à séduire des femmes lors de mariages, une réticence que Dobkin a levée en expliquant que ses héros aimaient sincèrement l'atmosphère des mariages, la nourriture gratuite, la musique et les danses, bien au-delà de leur seule quête de conquêtes. Le tournage a par ailleurs largement fait appel à l'improvisation, les scénaristes ayant volontairement laissé des espaces libres dans le script pour permettre à Wilson et Vaughn de développer leurs propres répliques.
La critique américaine a réservé un accueil globalement favorable au film, Joe Morgenstern du Wall Street Journal le qualifiant de meilleure comédie de l'année 2005, tandis qu'Entertainment Weekly saluait une comédie assumément grivoise et généreuse. Le magazine britannique Empire lui a attribué trois étoiles sur cinq, complimentant la alchimie naturelle entre Wilson et Vaughn, libérée des dynamiques habituelles entre comique et faire-valoir. Certains critiques plus réservés, comme Roger Ebert, ont néanmoins jugé que le réalisateur avait trop d'éléments à gérer simultanément, réduisant l'efficacité de certains passages du film. La presse française a également salué la première partie du film pour son énergie communicative, tout en trouvant le dénouement plus convenu et moins réussi que le reste du récit.
Le public a réservé un accueil triomphal au film dès sa sortie, rapportant plus de trente-trois millions de dollars dès son premier week-end d'exploitation aux États-Unis, se classant juste derrière Charlie et la Chocolaterie. Les spectateurs ont particulièrement plébiscité la alchimie comique entre Owen Wilson et Vince Vaughn, ainsi que les prestations remarquées de Christopher Walken et de la jeune Isla Fisher, alors peu connue du public américain.
Le film a été sélectionné vingt-deux fois dans diverses catégories entre 2005 et 2006, remportant onze récompenses au total, dont le prix de la révélation hollywoodienne pour Rachel McAdams et le prix MTV de la meilleure révélation féminine pour Isla Fisher. Serial Noceurs demeure aujourd'hui l'un des plus grands succès commerciaux personnels de la carrière d'Owen Wilson, ayant rapporté environ deux cent quatre-vingt-cinq millions de dollars dans le monde pour un budget initial de quarante millions.
David Dobkin a délibérément encouragé l'improvisation de ses deux acteurs principaux tout au long du tournage, Vince Vaughn improvisant notamment pendant plus de vingt-cinq secondes d'affilée lors d'une scène du film, un exploit resté dans les mémoires de l'équipe technique. Le rôle du secrétaire au Trésor, initialement envisagé pour un acteur plus ouvertement comique comme Burt Reynolds selon les souhaits du studio, a finalement été confié à Christopher Walken sur l'insistance du réalisateur, qui tenait absolument à travailler avec lui malgré les réticences de New Line Cinema. La scène du dîner de famille, considérée par l'acteur Keir O'Donnell comme la plus éprouvante à tourner, a nécessité de nombreuses prises tant l'équipe doutait de sa réception à l'écran. Pour filmer la scène du match de football improvisé en famille, David Dobkin, grand amateur de NFL, a choisi de reproduire le style de captation télévisuelle d'un vrai match professionnel afin de renforcer l'authenticité de la séquence. Nicolas Cage avait un temps été envisagé pour incarner Chazz Reinhold, rôle finalement confié à Will Ferrell, tandis que plus de deux cents actrices ont été auditionnées avant que Rachel McAdams ne soit choisie pour le rôle de Claire, le tout dernier à avoir été attribué sur le tournage.
Serial Noceurs explore la séduction facile et ses limites, à travers le parcours de deux hommes qui doivent réviser en profondeur leur conception du couple et de l'engagement en tombant réellement amoureux au cours de leur dernière incruste. Le film aborde aussi la dysfonction familiale sous couvert de respectabilité bourgeoise, la famille Cleary cachant sous des apparences policées des tensions et des névroses bien réelles. L'amitié masculine et sa possible remise en cause par l'arrivée de sentiments amoureux occupe également une place importante dans la dynamique entre John et Jeremy. Enfin, le film questionne avec légèreté l'authenticité des relations humaines, ses deux héros devant apprendre à abandonner leurs fausses identités pour espérer connaître un amour sincère.
Après avoir vu leurs mensonges éclater au grand jour et perdu, l'espace d'un instant, l'amour de Claire et l'amitié qui le liait à Jeremy, John finit par interrompre en pleine cérémonie le mariage de Claire avec un autre homme pour lui déclarer sa flamme sincère, dans une scène culminante typique du genre de la comédie romantique. Cette déclaration publique, aussi convenue qu'assumée par les scénaristes, permet à John de prouver que ses sentiments ont définitivement dépassé le stade du simple jeu de séduction qui caractérisait sa vie jusqu'alors. Le film se referme sur la réconciliation de tous les personnages principaux, Jeremy et John reprenant même leur activité d'incruste de mariages, mais cette fois-ci ensemble avec leurs compagnes respectives, bouclant ainsi la boucle de leur transformation personnelle.
Le titre original, Wedding Crashers, désigne littéralement les personnes qui s'incrustent sans invitation dans les mariages, une pratique récurrente aux États-Unis que le film érige en véritable art de vivre codifié par de nombreuses règles fictives popularisées par le long métrage. Le titre français, Serial Noceurs, joue sur l'expression de tueur en série pour évoquer avec humour le caractère systématique et répété de cette pratique chez les deux personnages principaux, incapables de résister à l'appel d'un nouveau mariage à infiltrer. Ce choix de traduction française insiste ainsi sur la dimension presque addictive de cette activité plutôt que sur son aspect purement opportuniste mis en avant par le titre original anglophone.
Sorti aux États-Unis le 15 juillet 2005 puis en France le 10 août de la même année, Serial Noceurs a rapidement rencontré un immense succès commercial, devenant l'un des plus grands succès personnels de la carrière d'Owen Wilson. Une suite au film a été régulièrement évoquée dans la presse spécialisée au fil des années suivantes, sans qu'aucun projet concret n'ait toutefois abouti à ce jour.
Les amateurs de cette comédie romantique et grivoise pourront se tourner vers Very Bad Trip de Todd Phillips, qui partage avec Serial Noceurs un même goût pour l'humour potache entre amis, ou vers Hitch, expert en séduction d'Andy Tennant, autre comédie romantique de la même époque centrée sur les techniques de séduction masculine.