Samantha Gray, célèbre championne de patinage artistique, épouse l'homme d'affaires londonien Alan Falconer sous le regard des journaux qui font de cette union un symbole de réussite sociale. Le jour même de la cérémonie, William Haskin, tout juste sorti de prison, se met à la traquer sans relâche, laissant derrière lui des couteaux ensanglantés à des endroits stratégiques de sa vie. Samantha finit par révéler à son entourage que Haskin fut autrefois l'amant de sa mère, avant de la tuer sauvagement des années plus tôt. Alors que les personnes de son entourage sont assassinées les unes après les autres, Samantha peine à convaincre qui que ce soit qu'elle n'est pas simplement en train de perdre la raison.
Schizo n'est tiré ni d'un roman ni d'un fait réel précis, mais s'inscrit dans la lignée des thrillers psychologiques britanniques que le réalisateur et producteur Pete Walker affectionnait particulièrement dans les années 1970, après des œuvres comme House of Whipcord ou Frightmare. Le scénario, écrit par David McGillivray avec qui Walker avait déjà collaboré sur ses films les plus marquants, cherchait à s'éloigner du ton gothique et outrancier de ses productions précédentes pour se rapprocher d'un suspense psychologique plus feutré, façon giallo à l'anglaise. Walker souhaitait notamment capturer l'atmosphère grise et austère de la Grande-Bretagne du milieu des années 1970 comme toile de fond de son intrigue, mêlant décors bourgeois cossus et quartiers populaires miséreux. Le film s'inscrit également dans la tradition du psycho-thriller directement héritée d'Alfred Hitchcock, avec son twist final reposant sur la question de la culpabilité réelle ou fantasmée de son héroïne.
À sa sortie, Schizo a été accueilli assez fraîchement par la critique britannique, plusieurs observateurs de l'époque estimant que le rebondissement final, pourtant censé être la clé de voûte du film, était deviné bien trop tôt par les spectateurs en raison du titre même de l'œuvre. Certains critiques ont également jugé le film trop long pour son intrigue relativement mince, tout en reconnaissant l'efficacité de plusieurs scènes chocs et la qualité de la photographie qui capture avec justesse l'atmosphère grise du Londres de l'époque. Malgré cet accueil mitigé lors de sa sortie initiale, Schizo est progressivement devenu un classique culte apprécié des amateurs de cinéma d'horreur britannique, en grande partie grâce à la performance de Lynne Frederick, dont la carrière et la vie personnelle tragique ont nourri par la suite une véritable fanbase autour de ses films de genre. Le public contemporain, en particulier sur les plateformes spécialisées, salue aujourd'hui la mise en scène soignée de Pete Walker et l'ambiance mi-figue mi-raisin qui caractérise ses meilleurs films.
Lynne Frederick connaissait Pete Walker depuis l'âge de quatorze ans, sa mère Iris ayant été une amie et collaboratrice du réalisateur, mais Schizo reste pourtant le seul film qu'ils aient tourné ensemble. En raison du budget très limité de la production, une grande partie de la garde-robe portée par Lynne Frederick à l'écran provenait directement de ses propres vêtements personnels, dont plusieurs tenues qu'elle avait déjà portées l'année précédente dans le film A Long Return. Le tournage s'est déroulé en extérieurs réels à Newcastle upon Tyne puis à Londres, notamment autour de l'ancien hôtel de ville de Hampstead qui sert de décor à la scène du mariage.
Schizo traite de la persécution et du harcèlement obsessionnel d'une femme par un homme du passé, dans une mise en scène qui interroge sans cesse la frontière entre paranoïa et menace bien réelle. Le film aborde également, de façon très datée pour l'époque, la question de la schizophrénie et du dédoublement de personnalité, utilisée davantage comme ressort dramatique que comme représentation clinique fidèle.
Le film révèle que Samantha souffre en réalité d'un dédoublement de personnalité et qu'elle est elle-même l'auteure des meurtres attribués à William Haskin, sa propre mémoire refoulant le meurtre originel de sa mère qu'elle avait commis enfant, un crime que Haskin avait alors pris sur lui pour la protéger avant de purger une lourde peine de prison à sa place.
Le titre Schizo annonce sans détour la clé de l'intrigue, à savoir le dédoublement de personnalité de l'héroïne, ce qui a d'ailleurs été reproché au film par une partie de la critique, jugeant que ce titre explicite rendait le twist final trop prévisible.
Frightmare, Profondo Rosso, Peeping Tom