Alilo, jeune Algérien candide, débarque à Paris pour récupérer une valise de marchandises pour le compte de son patron, mais perd rapidement l'adresse de son correspondant. Il est hébergé par son cousin Mok, jeune homme de la deuxième génération, parisien dans l'âme et aspirant rappeur, qui l'entraîne dans les milieux interlopes et les petits trafics de la capitale. Pendant cinq jours, une course-poursuite improbable s'engage pour retrouver la précieuse valise, entraînant les deux cousins dans des aventures aussi cocasses que révélatrices. Alilo découvre ainsi l'envers du décor de l'exil parisien, tandis que Mok redécouvre, à travers le regard neuf de son cousin, l'étouffant carcan de la société qu'il a fuie.
Salut cousin ! est un film original écrit, réalisé et dialogué par Merzak Allouache, cinéaste algérien qui avait tourné en 1993 dans une semi-clandestinité à Alger un film sur l'intégrisme religieux, récompensé au Festival de Cannes. Exilé à Paris dans les années 1990, Allouache a voulu, avec ce nouveau film, confronter avec légèreté et humour un jeune Algérien candide fraîchement débarqué à son cousin de la deuxième génération, rappeur dans le quartier de Barbès. Le réalisateur explique avoir ressenti quelque chose de presque magique durant ce tournage réalisé à Paris dans le dix-huitième arrondissement, porté par l'alchimie entre ses deux acteurs principaux et l'atmosphère particulière du quartier. Le film marque également les débuts au cinéma de Gad Elmaleh, alors jeune humoriste encore peu connu du grand public, dans le rôle de Mok.
La critique française a réservé un accueil chaleureux au film, saluant le duo attachant formé par Gad Elmaleh et Messaoud Hattou ainsi que la manière dont Allouache parvient à confronter avec humour deux visions différentes de l'identité algérienne, entre exil parisien et carcan social resté au pays. Plusieurs observateurs ont souligné la légèreté apparente du film, qui dissimule en réalité des enjeux plus graves sur l'immigration et le déracinement. Le public s'est montré plus discret face à ce film au budget modeste, qui n'a pas rencontré un large succès commercial en salles mais a construit au fil du temps une réputation solide auprès des cinéphiles, notamment pour avoir révélé Gad Elmaleh au cinéma. Salut cousin ! n'a pas été distingué par de récompense cinématographique majeure lors de sa sortie, mais son statut de film culte s'est renforcé avec la notoriété grandissante de Gad Elmaleh dans les années suivantes.
Merzak Allouache avait tourné trois ans plus tôt, dans une semi-clandestinité à Alger, un film sur la montée de l'intégrisme religieux, récompensé au Festival de Cannes, une expérience qui a nourri son regard sur l'exil et le retour en France pour ce nouveau projet. Le tournage s'est déroulé à Paris, dans le dix-huitième arrondissement, un quartier que le réalisateur décrit comme ayant apporté une dimension presque magique au film, entre l'atmosphère du lieu et la complicité de ses deux acteurs principaux. Salut cousin ! marque l'une des toutes premières apparitions au cinéma de Gad Elmaleh, alors jeune humoriste montant, dans le rôle de Mok, aux côtés de Messaoud Hattou dans celui d'Alilo.
Salut cousin ! explore le déracinement et la double identité vécus par les enfants de l'immigration algérienne en France, à travers le regard croisé de deux cousins que tout semble opposer. Le film interroge aussi la dureté de la vie parisienne pour les nouveaux arrivants, ainsi que le carcan social et familial dont Alilo découvre progressivement le poids en observant la vie de son cousin exilé.
Le titre Salut cousin ! renvoie directement au lien familial qui unit les deux personnages principaux, Mok et Alilo, cousins que la géographie et les trajectoires de vie ont profondément éloignés mais que ce séjour parisien va contraindre à se redécouvrir.
On peut rapprocher Salut cousin ! d'autres comédies dramatiques sur l'immigration et le choc des cultures, comme Le Thé au harem d'Archimède de Mehdi Charef, ainsi que des précédents films de Merzak Allouache sur la société algérienne contemporaine.