La jeune fille d'un diplomate chinois fraîchement installé à Los Angeles est kidnappée par un mystérieux seigneur du crime organisé. Ne faisant pas confiance au FBI local pour mener l'enquête, le consul Han fait appel à l'inspecteur Lee, un flic d'élite de Hong Kong et ami personnel de la famille. Pour éviter que la police asiatique ne vienne empiéter sur leur territoire, le FBI décide d'assigner à Lee un partenaire encombrant : James Carter, un détective de la police de Los Angeles arrogant, exubérant et totalement indiscipliné. Chargé officiellement de surveiller Lee et de l'éloigner de l'enquête, Carter va rapidement réaliser que son collègue chinois est loin d'être un bureaucrate ordinaire.
La genèse de ce projet hollywoodien repose sur une idée originale du scénariste Ross LaManna, désireux de renouveler le genre très populaire du buddy movie policier des années quatre-vingt. L'idée originelle était de confronter de manière frontale le cinéma d'arts martiaux de Hong Kong à la comédie verbale afro-américaine en associant deux stars montantes à l'écran. Le producteur Arthur Sarkissian a immédiatement vu le potentiel d'associer Jackie Chan, immense star en Asie cherchant à percer aux États-Unis, au jeune humoriste survolté Chris Tucker. Le réalisateur Brett Ratner a trouvé son inspiration en étudiant la filmographie asiatique de Jackie Chan pour adapter son style de combat acrobatique aux exigences des productions américaines. L'œuvre n'est inspirée d'aucun livre ou fait réel, s'inscrivant comme une pure création de studio destinée à bousculer les codes du film policier traditionnel. L'écriture du scénario a laissé une très grande liberté d'improvisation aux deux comédiens lors des répétitions pour capter une spontanéité comique authentique. Le script a été retravaillé plusieurs fois pour s'assurer que le choc culturel entre les deux cultures ne tombe jamais dans la caricature blessante mais reste bienveillant. Le succès fulgurant de ce projet a permis de lancer l'une des franchises les plus rentables du cinéma d'action contemporain.
Au moment de sa sortie officielle dans les salles à l'automne 1998, le long-métrage a reçu un accueil particulièrement enthousiaste de la part des critiques professionnelles américaines. La presse spécialisée a immédiatement salué l'alchimie miraculeuse et l'opposition de style radicale entre le mutisme physique de Jackie Chan et la logorrhée verbale de Chris Tucker. De nombreux journalistes ont applaudi la fraîcheur des scènes de combat, louant le fait que le film introduise un humour visuel novateur à Hollywood loin de la violence brute habituelle. La réception du public a été un immense raz-de-marée populaire au box-office mondial, les spectateurs étant conquis par la drôlerie et l'efficacité de ce duo improbable. Le film a rapporté plus de 244 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget initial modeste, propulsant instantanément Chris Tucker au rang de star internationale. Du côté des récompenses obtenues, l'œuvre s'est illustrée de fort belle manière en remportant plusieurs MTV Movie Awards, notamment celui du meilleur duo à l'écran, ainsi qu'un Blockbuster Entertainment Award pour la performance mémorable des deux acteurs.
Le tournage s'est déroulé principalement dans les quartiers emblématiques de Los Angeles, notamment dans le quartier chinois de Chinatown, offrant un cadre urbain vivant à l'intrigue. Une anecdote de tournage mémorable concerne les premières scènes de rencontre où Chris Tucker improvisait tellement de répliques que Jackie Chan, ne maîtrisant pas encore parfaitement l'anglais, pensait que son partenaire avait oublié son texte. Les difficultés de production résidaient dans l'adaptation du rythme de travail de Jackie Chan, habitué à prendre son temps à Hong Kong pour peaufiner chaque cascade, face aux cadences strictes des syndicats hollywoodiens. Une anecdote sur une scène particulière concerne la séquence d'action dans l'exposition d'art chinois où Jackie Chan doit se battre tout en protégeant de précieux vases antiques de la destruction. L'acteur a conçu lui-même toute la chorégraphie en utilisant les objets du décor avec une précision millimétrique, impressionnant grandement l'équipe technique américaine présente sur le plateau. Pour le casting initialement prévu, les producteurs avaient un temps envisagé de confier le rôle de Carter à l'acteur Martin Lawrence avant que Chris Tucker ne s'impose définitivement.
Le long-métrage explore en profondeur le thème de la communication et du choc des cultures, démontrant que le respect mutuel peut briser toutes les barrières linguistiques. L'œuvre aborde également la question des préjugés institutionnels, illustrée par le mépris initial du FBI envers les méthodes policières locales et internationales. Le concept de la famille et de la protection des innocents constitue l'axe central du récit, motivant les actions héroïques des deux protagonistes. De plus, le film traite de l'affirmation de soi et de l'émancipation professionnelle, les héros devant transgresser les ordres de leur hiérarchie pour faire éclater la vérité.
La fin du film se déroule lors d'un gala de charité chinois à Los Angeles où les héros découvrent que le cerveau du kidnapping n'est autre que Juntao, dissimulé sous les traits du respectable commandant britannique Griffin. S'ensuit une confrontation armée intense au cours de laquelle la jeune Soo Yung, équipée d'une veste d'explosifs, est sauvée in extremis par le détective Carter grâce à son sang-froid inattendu. L'inspecteur Lee poursuit Griffin jusque sur les poutres métalliques du plafond du bâtiment où les deux hommes s'affrontent suspendus au-dessus du vide. Griffin fait une chute mortelle en tentant de s'échapper avec la rançon tandis que Lee est sauvé d'une mort certaine par Carter qui amortit sa chute à l'aide d'un grand drapeau en tissu. La scène finale montre les deux partenaires désormais complices à l'aéroport, prenant ensemble l'avion pour Hong Kong afin de savourer des vacances bien méritées. Cette conclusion joyeuse scelle définitivement leur amitié et pose les bases de leur future collaboration professionnelle.
Le titre original ""Rush Hour"" fait référence à l'expression anglaise désignant l'heure de pointe dans les transports urbains, symbolisant l'urgence et la frénésie temporelle de l'enquête. C'est une métaphore de la vitesse à laquelle les deux policiers doivent agir au milieu du chaos de Los Angeles pour sauver la vie de la jeune otage avant qu'il ne soit trop tard.
Le long-métrage demeure une référence absolue du cinéma d'action des années quatre-vingt-dix, régulièrement salué pour avoir ouvert la voie à l'intégration réussie des stars asiatiques au sein de l'industrie hollywoodienne moderne.