Dans une Amérique totalitaire du futur proche, la télévision d'État diffuse un jeu mortel où des condamnés doivent survivre face à des chasseurs professionnels pour espérer leur grâce. Ben Richards, policier injustement accusé d'un massacre qu'il n'a pas commis, se retrouve propulsé malgré lui dans ce jeu télévisé sanglant. Rapidement, il devient l'attraction principale de l'émission, adulée par un public assoiffé de spectacle. Sa survie va se transformer en véritable révolte contre le système qui l'a piégé.
Le film est adapté du roman Running Man de Stephen King, publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, qui imaginait déjà une société de divertissement télévisé poussée à l'extrême. Le scénario transpose cette critique de la téléréalité naissante dans un futur dystopique proche, en l'adaptant aux codes du cinéma d'action des années 1980. Le projet est pensé dès le départ comme un vecteur pour Arnold Schwarzenegger, alors au sommet de sa popularité après le succès de Terminator et Predator. Le réalisateur Paul Michael Glaser, davantage connu comme acteur, reprend le projet après le départ du réalisateur initialement prévu. Le film anticipe avec une certaine ironie la fascination grandissante du public pour les jeux télévisés spectaculaires et la téléréalité.
À sa sortie, le film reçoit un accueil critique mitigé, certains observateurs saluant sa charge satirique contre la télévision spectacle tandis que d'autres jugent le scénario simpliste et l'humour trop appuyé. La performance de Richard Dawson en présentateur cynique et charismatique est en revanche largement remarquée. Plusieurs critiques soulignent la pertinence visionnaire de son propos sur la dérive du divertissement télévisé. Le public réserve un accueil correct au film sans en faire un immense succès commercial à sa sortie, la carrière du film se construisant surtout dans la durée. Il devient au fil des années un classique apprécié des amateurs de science-fiction d'action des années 1980. Le personnage de Ben Richards reste associé aux rôles emblématiques d'Arnold Schwarzenegger de cette période. Le film n'a pas obtenu de récompense notable lors de sa sortie.
Le réalisateur et l'équipe de scénaristes se sont directement appuyés sur le roman de Stephen King pour construire l'univers du film, tout en l'adaptant largement aux codes plus spectaculaires du cinéma d'action hollywoodien. Ils souhaitaient conserver la dimension satirique du texte original tout en offrant un divertissement grand public. La production a dû composer avec un tournage technique exigeant, notamment pour les nombreuses séquences d'action et les décors futuristes du plateau télévisé, construits spécialement pour le film. Le budget conséquent a permis des effets spéciaux ambitieux pour l'époque. Richard Dawson, choisi pour incarner le présentateur du jeu télévisé mortel, était lui-même un célèbre animateur de jeux télévisés aux États-Unis, ce qui a nourri l'ironie et le réalisme de son interprétation. Le rôle principal avait initialement été envisagé pour d'autres profils d'acteurs avant que le projet ne soit définitivement calibré pour Arnold Schwarzenegger, dont la stature physique correspondait parfaitement à l'esprit du personnage.
Le film dresse une critique satirique de la télévision spectacle et de la manipulation des masses par les médias de divertissement. Il questionne également les dérives d'un régime totalitaire capable de transformer la violence et la mort en pur produit de consommation. La résistance individuelle face à un système oppressif et médiatique traverse aussi tout le récit.
Ben Richards parvient à retourner le dispositif télévisuel contre ses créateurs, en diffusant en direct la vérité sur les manipulations du régime et en provoquant la chute du présentateur du jeu. Sa victoire finale marque le triomphe de l'individu sur la propagande médiatique, tout en dénonçant la facilité avec laquelle le public peut être manipulé par le spectacle. Le film se referme sur une note d'espoir, suggérant que la vérité peut encore renverser le système.
Le titre désigne littéralement le nom du jeu télévisé mortel au cœur du film, dans lequel les participants condamnés doivent courir pour leur survie face à des chasseurs professionnels.
On pourra rapprocher ce film de Battle Royale de Kinji Fukasaku, de Hunger Games de Gary Ross ou encore de Rollerball de Norman Jewison, qui partagent tous une critique de la violence spectacle télévisée.