Chloe, dix-sept ans, souffre depuis sa naissance prématurée de multiples handicaps physiques nécessitant une surveillance médicale constante, que sa mère Diane, aussi aimante que surprotectrice, assure seule au quotidien depuis toujours. Alors que Chloe s'apprête à intégrer l'université et à goûter enfin à une forme d'indépendance, elle découvre par hasard, dans le réfrigérateur familial, une boîte de médicaments prescrite à son nom mais qu'elle n'a jamais entendu mentionner. Cette découverte anodine en apparence va la pousser à mener sa propre enquête sur les véritables raisons de son état de santé, révélant peu à peu des mensonges vertigineux dissimulés par sa mère depuis toujours.
Run est le second long métrage du réalisateur Aneesh Chaganty, qui avait précédemment marqué les esprits avec le thriller expérimental Recherche, entièrement raconté à travers des écrans d'ordinateur et de smartphone. Pour ce nouveau projet, le cinéaste a choisi de revenir à une mise en scène plus classique, tout en conservant son goût pour la construction méticuleuse du suspense psychologique. Le scénario, coécrit avec Sev Ohanian, son collaborateur de longue date, explore le syndrome de Münchhausen par procuration, un trouble psychiatrique rare dans lequel un parent, souvent une mère, provoque ou simule délibérément la maladie de son enfant pour attirer sur elle-même l'attention et la compassion habituellement réservées aux proches aidants. Le casting du rôle de Chloe a représenté un enjeu majeur pour la production, Aneesh Chaganty ayant tenu à confier ce rôle central à une véritable actrice en fauteuil roulant plutôt qu'à une interprète valide, un choix rare dans l'industrie qui a conduit à l'engagement de Kiera Allen, alors totalement inconnue du grand public, pour ce qui constitue son tout premier rôle au cinéma.
Run a été accueilli très favorablement par la critique, saluée comme un thriller psychologique remarquablement maîtrisé, capable de maintenir une tension constante à travers un dispositif de huis clos resserré autour de deux personnages seulement. Les critiques ont particulièrement mis en avant la performance de Sarah Paulson, jugée glaçante dans son incarnation d'une mère aimante devenue toxique, ainsi que la révélation que constitue la jeune Kiera Allen, capable de porter une grande partie du récit malgré son inexpérience au cinéma. Plusieurs observateurs ont salué la mise en scène précise d'Aneesh Chaganty, qui parvient à transformer les objets les plus anodins du quotidien domestique en instruments de terreur psychologique. Le public a réservé un accueil très favorable au film, disponible directement sur la plateforme Hulu aux États-Unis en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Les spectateurs ont particulièrement salué l'engagement authentique de la production en faveur d'une représentation réelle du handicap à l'écran, saluant le choix rare de confier le rôle principal à une actrice véritablement concernée par ce sujet plutôt qu'à une interprète valide. Run n'a pas été distingué par une récompense majeure lors de sa sortie, mais a confirmé le talent d'Aneesh Chaganty pour le thriller psychologique après le succès critique de son précédent film Recherche.
Aneesh Chaganty a tenu à confier le rôle central de Chloe à une véritable actrice en fauteuil roulant plutôt qu'à une interprète valide, un engagement rare dans l'industrie cinématographique qui a conduit au recrutement de Kiera Allen, alors totalement inconnue, pour ce qui constitue son tout premier rôle au cinéma après un parcours principalement théâtral. Le scénario s'est directement inspiré du syndrome de Münchhausen par procuration, un trouble psychiatrique rare dans lequel un parent simule ou provoque délibérément la maladie de son enfant pour capter l'attention et la compassion normalement destinées aux proches aidants, une pathologie que les scénaristes ont minutieusement documentée pour construire la crédibilité psychologique du personnage de Diane. Le tournage s'est déroulé principalement en décors intérieurs, dans une maison reconstituée en studio, permettant à l'équipe technique de contrôler précisément chaque élément du décor domestique transformé progressivement en piège psychologique pour le personnage de Chloe.
Run explore le syndrome de Münchhausen par procuration et les dérives de l'amour maternel poussé jusqu'à la manipulation et l'emprise totale sur l'existence d'un enfant. Le film interroge également la quête d'émancipation et d'indépendance adolescente, Chloe devant littéralement se battre pour reconquérir le contrôle de sa propre vie et de son propre corps face à une mère omniprésente. La confiance trahie occupe une place centrale dans le récit, le film jouant sur le basculement du regard porté sur Diane, d'abord perçue comme une mère dévouée avant de se révéler comme une figure profondément inquiétante. Le film aborde enfin, en filigrane, la représentation du handicap au cinéma, à travers le parcours d'une adolescente dont la véritable condition physique se révèle bien différente de ce qu'elle a toujours cru.
Chloe finit par découvrir que sa mère Diane, rongée par le syndrome de Münchhausen par procuration, lui a délibérément administré des médicaments dangereux depuis sa naissance pour simuler des handicaps qu'elle n'a jamais réellement eus, dans le seul but de capter éternellement son attention et sa dépendance. Après une confrontation physique et psychologique intense, Chloe parvient à s'échapper et à alerter les autorités, révélant au grand jour la vérité longtemps dissimulée par sa mère. Le film se conclut plusieurs années plus tard, Chloe étant devenue une jeune femme indépendante et épanouie, tandis que Diane, incarcérée, continue paradoxalement de simuler des pathologies pour capter l'attention du personnel pénitentiaire, suggérant que son trouble psychiatrique demeure fondamentalement inchangé malgré son incarcération.
Le titre Run, littéralement « cours » ou « fuis », renvoie directement à l'impératif de survie et d'émancipation qui traverse tout le film, Chloe devant littéralement apprendre à échapper physiquement à l'emprise de sa mère pour reconquérir son autonomie. Ce titre court et percutant reflète également l'urgence croissante de la tension dramatique installée par Aneesh Chaganty, transformant le quotidien familial en une véritable course contre la montre.
Run a confirmé le statut d'Aneesh Chaganty comme l'une des voix montantes du thriller psychologique contemporain, le réalisateur poursuivant depuis sa collaboration avec Sev Ohanian sur d'autres projets cinématographiques. Kiera Allen, révélée par ce premier rôle, a depuis poursuivi une carrière d'actrice engagée en faveur d'une représentation authentique du handicap au cinéma.
Recherche, précédent film d'Aneesh Chaganty entièrement raconté à travers des écrans numériques, permet de mesurer la continuité du savoir-faire du réalisateur en matière de construction de suspense psychologique. The Act, série télévisée également consacrée à une affaire réelle de syndrome de Münchhausen par procuration, partage avec Run cette même exploration glaçante des dérives de l'emprise maternelle. Misery de Rob Reiner, autre thriller centré sur un personnage séquestré par une figure féminine obsessionnelle, offre une résonance thématique forte avec le dispositif de huis clos développé par Aneesh Chaganty.