Dimanche, 12 juillet 2026
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Roubaix Une Lumière

Roubaix Une Lumière

2019 France
Synopsis

À Roubaix, un soir de Noël, le commissaire Daoud, originaire de la ville, et Louis, un jeune policier fraîchement diplômé, doivent faire face au meurtre brutal d'une femme âgée. Les soupçons se portent rapidement sur ses deux voisines, Claude et Marie, jeunes femmes toxicomanes et démunies, unies par une relation amoureuse fragile. Au fil d'interrogatoires d'une intensité rare, Daoud tente de faire émerger la vérité tout en portant un regard empathique sur ces existences cabossées. Le film dresse ainsi le portrait d'une ville et de ses habitants, tiraillés entre misère sociale et humanité persistante.

Genèse du film

Roubaix, une lumière est le premier polar réalisé par Arnaud Desplechin, cinéaste jusque-là plutôt associé à des œuvres romanesques et autobiographiques. Le scénario s'inspire d'un fait divers réel survenu à Roubaix en mai 2002 : l'assassinat d'une femme âgée par deux jeunes femmes toxicomanes dans une courée du quartier du Pile, ainsi que des aveux stupéfiants de ces dernières filmés face caméra dans le documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Boucault, sorti en 2008. Desplechin explique s'être appuyé de très près sur ce documentaire, tant dans la description des événements et des personnages, envisagés comme des « collections de solitude », que dans certains dialogues, tout en transformant certains éléments et personnages de policiers. Le réalisateur cite également Le Faux Coupable d'Alfred Hitchcock comme une source d'inspiration importante, pour la manière dont ce dernier filme la brutalité d'un fait divers réel. En choisissant de tourner ce film dans sa ville natale, Desplechin a voulu offrir un regard intime et non misérabiliste sur les habitants de Roubaix.

Critiques et réception

La critique française a globalement salué ce polar social atypique, les Inrockuptibles évoquant un film qui « creuse dans les âmes humaines, ni trop bonnes ni trop mauvaises, menacées par un déterminisme social implacable ». Libération a souligné la pureté cinématographique de l'œuvre et la manière dont Desplechin réintègre le langage policier au cinéma social. La Croix a particulièrement salué les prestations de Léa Seydoux et Sara Forestier dans les scènes d'interrogatoire, jugées d'une intensité rare. Le public a été plus partagé, certains spectateurs saluant les performances d'acteurs, notamment celle de Roschdy Zem, tandis que d'autres ont reproché au film des ruptures de ton et un scénario qui laisse volontairement des zones d'ombre non résolues. La proximité du film avec le documentaire original a également suscité des débats, certains estimant que l'œuvre s'apparentait davantage à une reconstitution qu'à une fiction inspirée. Le film a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2019. Il a ensuite obtenu sept nominations aux César 2020, dont celle du meilleur film, et a remporté le César du meilleur acteur pour Roschdy Zem.

Anecdotes de tournage

Pour les besoins du tournage, un faux commissariat a été spécialement reconstitué à Roubaix, tandis que certaines scènes ont été tournées à l'hippodrome de Marcq-en-Barœul, à proximité de la ville. L'annonce du projet a suscité une certaine inquiétude chez la famille de la victime réelle du fait divers de 2002, dont l'histoire a servi de matériau de base au scénario.

Thèmes abordés

Roubaix, une lumière explore la misère sociale et la manière dont elle façonne des trajectoires de vie marquées par la solitude et la marginalité. Le film interroge également le rôle de la police et de la parole judiciaire, montrant comment les interrogatoires deviennent un espace de mise en mots et de vérité pour des personnages qui n'ont jamais eu voix au chapitre. La culpabilité, la pitié et la rédemption traversent tout le récit, porté par un regard profondément humaniste sur une ville industrielle en déclin.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Au terme d'interrogatoires éprouvants, Claude finit par avouer le meurtre, entraînant sa compagne Marie dans sa confession, dans une scène qui mêle soulagement et déchirement amoureux. Le commissaire Daoud, dont l'empathie a permis de faire émerger cette vérité, referme l'enquête sans triomphalisme, le film choisissant de ne pas juger ses personnages mais de souligner le déterminisme social qui les a menés jusqu'au crime.

Signification du titre

Le titre Roubaix, une lumière associe le nom de la ville natale du réalisateur à l'idée d'une lueur d'humanité qui subsiste malgré la misère et la violence décrites dans le film, incarnée notamment par le regard bienveillant que porte le commissaire Daoud sur les habitants qu'il interroge.

Films Similaires

Le film peut être rapproché du documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Boucault, dont il est directement inspiré, ainsi que du Faux Coupable d'Alfred Hitchcock, cité par Desplechin comme référence, ou encore de 120 battements par minute pour la présence à l'écran d'Antoine Reinartz.