Thomas revient dans la ferme familiale après plusieurs années d'exil à l'étranger, rappelé par la maladie de sa mère. Sur place, il retrouve son père, un homme brisé et distant avec qui les ponts sont coupés depuis longtemps. Il découvre également Mona, la compagne lumineuse de son frère décédé, et le jeune fils de celle-ci. Alors que l'exploitation agricole familiale est au bord de la faillite, Thomas va devoir affronter les fantômes du passé pour tenter de se reconstruire une place parmi les siens.
Le film est librement adapté du roman L'Amour sans le capital de Serge Joncour. La réalisatrice Jessica Palud a souhaité filmer la confrontation brutale entre le monde agricole en crise profonde et le retour d'un enfant prodigue. Elle a voulu explorer les secrets de famille et les silences pesants qui caractérisent parfois les relations masculines au sein du monde rural.
La critique de cinéma a loué la délicatesse et la sensibilité de la réalisation qui avance par petites touches subtiles. L'interprétation du trio d'acteurs, notamment l'intensité dramatique de Niels Schneider et la fraîcheur d'Adèle Exarchopoulos, a été largement saluée. Les journalistes ont apprécié la justesse du regard porté sur la détresse du monde paysan contemporain. Le public a été ému par ce drame familial pudique, saluant la beauté mélancolique de la photographie et de la mise en scène. Les spectateurs ont souligné que le film parvient à éviter le pathos malgré la dureté des situations familiales exposées. Les commentaires en ligne mettent en avant l'émotion sincère qui se dégage du film. Le long-métrage a été distingué au Festival de Venise dans la section Orizzonti, où il a remporté le Prix du meilleur scénario.
Pour l'ambiance visuelle, la cinéaste s'est inspirée du réalisme social du cinéma de Kelly Reichardt, privilégiant les grands espaces silencieux de la campagne. Le tournage s'est déroulé dans une véritable exploitation agricole de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour ancrer l'histoire dans le réel. Les acteurs ont dû se familiariser avec les gestes du travail quotidien de la terre et des animaux pour paraître crédibles. Une anecdote de tournage rapporte que le jeune enfant du film a improvisé plusieurs répliques avec Adèle Exarchopoulos, apportant une grande fraîcheur naturelle au plateau. Le casting de Patrick Chesnais à contre-emploi dans un rôle de père paysan mutique a été salué comme un choix brillant.
Le récit explore les thèmes du deuil familial, de la crise du monde agricole, de la réconciliation filiale, des non-dits et de la reconstruction amoureuse.
La fin s'ouvre sur une note d'espoir fragile, montrant Thomas qui décide de ne pas fuir à nouveau, choisissant d'assumer son avenir auprès de Mona et de l'enfant.
Le titre exprime à la fois le retour physique du personnage sur sa terre natale et la nécessité psychologique de revenir sur ses traumatismes passés pour avancer.
Le film est régulièrement cité dans les débats culturels portant sur la condition des agriculteurs et la désertification des campagnes françaises.