Stéphanie, une femme d'affaires brillante de quarante ans, perd subitement son emploi et se retrouve confrontée à de graves difficultés financières qui l'obligent à quitter son logement. Faute d'alternative, elle est contrainte de retourner vivre chez sa mère Jacqueline dans son appartement de province. Bien qu'accueillie à bras ouverts, la cohabitation tourne rapidement au cauchemar en raison des vieilles habitudes maternelles étouffantes et de la climatisation réglée à l'excès. L'équilibre familial explose définitivement lors d'un dîner de fratrie où les vieux secrets et les rancœurs accumulées refont surface.
Cette comédie de mœurs française est née du constat sociologique réel du phénomène de la génération boomerang, ces adultes obligés de retourner vivre chez leurs parents suite à un accident de la vie. L'idée originelle est venue au réalisateur Eric Lavaine en discutant avec des amis ayant traversé cette situation délicate à la fois drôle et humiliante. L'inspiration est venue de la volonté de traiter les relations mère-fille sous l'angle de la comédie du quotidien, loin des drames psychologiques habituels. L'auteur a conçu le scénario pour explorer la régression psychologique inévitable qui s'opère lorsqu'un adulte franchit à nouveau le seuil de sa chambre d'enfant.
Les critiques professionnelles ont accueilli le film de manière plutôt positive, saluant l'efficacité comique des répliques et la justesse de cette chronique sociologique familiale. La presse a unanimement célébré le duo complice formé par Josiane Balasko et Alexandra Lamy, dont la dynamique naturelle porte littéralement le long-métrage. Du côté des spectateurs, le film a rencontré un immense succès populaire dans les salles obscures, franchissant la barre symbolique des deux millions d'entrées en France. Le public s'est facilement identifié aux névroses de cette famille ordinaire et aux petits travers agaçants de la vie quotidienne en communauté. Sans remporter de prix académiques prestigieux, le film s'est imposé comme l'un des grands succès commerciaux rentables de l'année cinématographique française.
Le réalisateur Eric Lavaine s'est inspiré du style des comédies chorales américaines pour orchestrer la scène du dîner familial, en soignant le rythme effréné des révélations et des coupures de parole. Le tournage s'est déroulé principalement dans des décors intérieurs chaleureux à Aix-en-Provence, l'équipe profitant de la lumière naturelle du Sud pour adoucir l'atmosphère du film. Une anecdote de plateau amusante révèle que Josiane Balasko a beaucoup improvisé sur les marottes de son personnage, notamment l'utilisation maladroite des nouvelles technologies et sa passion secrète pour le Scrabble. Pour le casting initialement prévu, le réalisateur avait écrit le rôle de la mère spécifiquement pour Josiane Balasko, estimant qu'elle seule possédait le mélange exact de tendresse et d'agacement nécessaire pour incarner Jacqueline.
Le long-métrage explore la crise économique des quadragénaires, la perte d'autonomie des adultes et la persistance des rôles de l'enfance au sein de la cellule familiale. Il traite également avec humour des secrets de polichinelle des parents vieillissants, de la jalousie fraternelle et de la solidarité familiale malgré les disputes.
Lors du dîner final chaotique, Stéphanie et ses frères découvrent avec stupeur que leur mère Jacqueline entretient en secret une liaison amoureuse passionnée avec leur voisin de palier depuis des mois. Cette révélation choc inverse la dynamique familiale : les enfants réalisent que leur mère a une vie intime indépendante et qu'elle n'est pas la vieille femme fragile qu'ils imaginaient. Cette prise de conscience salutaire permet à Stéphanie de dédramatiser sa propre situation, de retrouver sa fierté et de reprendre sa vie en main dans un esprit de respect mutuel partagé.
Le titre énonce de manière simple et directe la prémisse dramatique du film, évoquant immédiatement le retour forcé à la case départ pour un adulte et la collision frontale entre l'indépendance perdue et l'autorité maternelle.
Fort de son magnifique succès populaire en salles, le long-métrage a fait l'objet d'une suite intitulée Un tour chez ma fille sortie quelques années plus tard au cinéma, prolongeant la dynamique comique de cette famille.