Derice Bannock, jeune sprinteur jamaïcain, voit ses espoirs de qualification aux Jeux olympiques d'été anéantis après une chute provoquée accidentellement par un concurrent. Refusant d'abandonner son rêve olympique, il convainc Irving Blitzer, un ancien champion de bobsleigh américain déchu et exilé en Jamaïque, de former et d'entraîner la toute première équipe jamaïcaine de bobsleigh. Avec l'aide de son ami Sanka et de deux autres coéquipiers improbables, Derice s'envole pour Calgary où l'attendent le froid, la neige et le scepticisme des autres nations. Contre toute attente, cette bande de novices va conquérir le cœur du public olympique.
Rasta Rockett s'inspire librement de l'histoire vraie de la première équipe jamaïcaine de bobsleigh, qui a participé aux Jeux olympiques d'hiver de Calgary en 1988. Le scénario, écrit par Lynn Siefert, Tommy Swerdlow et Michael Goldberg à partir d'une histoire de Siefert et Michael Ritchie, était initialement envisagé comme un drame sportif plus sérieux avant de devenir la comédie familiale que l'on connaît. Plusieurs réalisateurs, dont Jeremiah Chechik et Brian Gibson, ont un temps été pressentis avant que Jon Turteltaub ne soit finalement choisi pour mettre en scène le film. Le réalisateur a intégré de véritables images d'archives de la chaîne ABC captées lors des Jeux de 1988 afin d'ancrer la fiction dans la réalité de cet exploit sportif. Le tournage a également donné lieu à un différend entre Turteltaub et le patron des studios Disney, Jeffrey Katzenberg, ce dernier exigeant que les acteurs adoucissent leur accent jamaïcain pour rester compréhensibles du public américain.
Le film a été accueilli favorablement par la critique américaine, saluant son humour, sa tonalité optimiste et les performances de son casting, en particulier celle de John Candy dans l'un de ses rôles les plus sincères. Les observateurs ont souligné la capacité du film à transformer une histoire vraie modeste en une comédie familiale universelle sur la persévérance et le dépassement de soi. Le public a réservé un accueil enthousiaste au film dès sa sortie en octobre 1993, celui-ci devenant à l'époque le plus gros succès en prises de vues réelles jamais produit par Walt Disney Pictures, avec près de 155 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 14 millions. Rasta Rockett n'a pas été distingué par de récompense cinématographique majeure, mais sa chanson thème, une reprise de I Can See Clearly Now par Jimmy Cliff, a rencontré un beau succès radiophonique, atteignant la 18e place du Billboard Hot 100 américain.
Le scénario a longtemps hésité entre plusieurs metteurs en scène avant que Jon Turteltaub ne soit officiellement engagé, Jeremiah Chechik et Brian Gibson ayant tous deux quitté le projet pour d'autres films. Jon Turteltaub s'est opposé au patron des studios Disney, Jeffrey Katzenberg, au sujet de l'authenticité des accents jamaïcains des acteurs, ce dernier craignant que le public américain ne comprenne pas leurs dialogues, un conflit que le réalisateur a fini par perdre. L'acteur principal, Leon, a suivi le scénario pendant plus de trois ans avant le début effectif du tournage, ayant signé pour le rôle alors que Brian Gibson était encore attaché à la réalisation. Le film a intégré de véritables images d'archives de la chaîne ABC filmées lors des Jeux olympiques de 1988 à Calgary, mêlées aux scènes tournées avec les acteurs pour renforcer l'authenticité du récit.
Rasta Rockett explore la persévérance et la capacité à réaliser ses rêves malgré les obstacles et le scepticisme ambiant, à travers le parcours improbable d'une équipe de bobsleigh venue d'un pays tropical. Le film aborde aussi la rédemption, incarnée par le personnage d'Irving Blitzer, ancien champion déchu qui retrouve un sens à sa vie en coachant cette bande de novices, ainsi que la solidarité et l'identité nationale jamaïcaine face aux préjugés internationaux.
Le titre français Rasta Rockett joue sur l'identité jamaïcaine de l'équipe et sur l'image festive associée au reggae, tandis que le titre original Cool Runnings, expression jamaïcaine signifiant bon voyage ou bonne route, renvoie au souhait de chance adressé traditionnellement à ceux qui partent en voyage.
La bande originale du film met à l'honneur la musique jamaïcaine, notamment à travers la reprise du titre I Can See Clearly Now interprétée par Jimmy Cliff, devenue indissociable du film et ayant connu un beau succès dans les hit-parades lors de sa sortie.
On peut rapprocher Rasta Rockett d'autres comédies sportives inspirées de faits réels mettant en scène des outsiders improbables, comme Les Faussaires du cœur ou Miracle, tous construits autour de la même veine inspirante de l'exploit sportif contre toute attente.